République et canton de Genève

Grand Conseil

M 1157-A
20. Rapport de la commission de l'enseignement et de l'éducation chargée d'étudier la proposition de motion de MM. Hervé Dessimoz et John Dupraz sur «L'informatique partie intégrante de la culture générale de l'homme moderne». ( -) M1157
Mémorial 1997 : Développée, 10022. Renvoi en commission, 10027.
Rapport de Mme Nelly Guichard (DC), commission de l'enseignement et de l'éducation

En date du 18 décembre 1997, la motion 1157 a été renvoyée à la Commission de l'enseignement et de l'éducation, où elle a été traitée lors des séances des 19 et 26 janvier 2000 sous la présidence de Mme M.-F. de Tassigny.

Mme Martine Brunschwig Graf, conseillère d'Etat en charge du DIP et M. Bernard Gmür, directeur auprès de la Direction générale de l'enseignement primaire, ont assisté à la première séance. M. Raymond Morel, directeur du Centre pédagogique des technologies de l'information et de la communication (CPTIC), a suivi les travaux de la commission.

Travaux de la commission

Lors de la séance du 19 janvier, M. H. Dessimoz, député, nous a présenté la proposition de motion et il a expliqué aux membres de la commission les raisons qui ont motivé son dépôt.

Il est parti du principe que dans son métier, l'architecture, on est passé du tout à la main au tout informatique, imposant par là même ce nouvel outil à l'architecte, comme au dessinateur. Cela suppose une approche culturelle différente ainsi qu'une gestion des ressources humaines délicate, tant certaines personnes pourtant professionnellement très compétentes, s'avèrent incapables de gérer cet outil. Celui qui ne peut ou ne veut pas se familiariser avec l'informatique se trouve donc pratiquement bouté hors de la profession.

M. M. H. Dessimoz cite l'exposé des motifs pour rappeler qu'en 1981 déjà M. Gilles Petitpierre, dans une interpellation au Conseil fédéral intervenait et disait notamment : « ... Le Conseil fédéral estime-t-il que l'introduction de l'informatique à l'école peut se développer sans que des priorités soient définies ? »

« ...des organismes fédéraux, intercantonaux ou cantonaux, collaborent-ils avec les milieux de l'éducation et de la diffusion de la culture pour assurer la cohérence du développement de l'informatique dans la concertation ? »

M. Dessimoz rappelle que beaucoup de temps a passé depuis le dépôt de sa motion en septembre 1997. Il se réfère à un document datant de 1994 et émanant de la Conférence suisse des chefs de départements de l'instruction publique (CDIP). Et il constate que les postulats mentionnés dans ce document proposent de consacrer une heure sur l'année pour acquérir toutes les notions présentées dans ces postulats. Il trouve cela nettement insuffisant, ce qui a, entre autres, motivé le dépôt de sa motion.

Mme Brunschwig-Graf explique la vision du département en la matière : qu'il s'agisse d'informatique ou de technologies de l'information, le département a pour principe d'intégrer l'école primaire, le Cycle d'orientation, le collège et les écoles professionnelles dans la démarche. A l'école primaire, la stratégie développée vise à utiliser l'outil informatique pour enseigner une matière. Et cette démarche nécessite un matériel suffisant et adéquat. Par conséquent, il convient aussi que les députés s'en souviennent au moment du vote du prochain budget, par exemple, car on ne procède pas impunément à des coupes dans ce domaine.

Elle précise aussi qu'au Cycle d'orientation, une heure hebdomadaire est prévue en septième année afin que l'élève apprenne à maîtriser l'outil informatique. A la suite de quoi l'utilisation est développée, notamment pour la documentation, la recherche et la communication. C'est à travers certaines disciplines, les langues en particulier, que les élèves parviennent à utiliser l'ordinateur.

Elle ne pense pas que des élèves puissent sortir du Cycle d'orientation sans avoir vu et manié l'outil informatique.

Audition le 26 janvier 2000 de Mlle Caroline Dessimoz, élève de 9e au CO et de M. Thierry Dumoulin, licencié en sciences économiques, études effectuées à Caracas et aux Etats-Unis.

Tous deux ont pu témoigner de leur expérience en matière d'apprentissage de l'informatique.

Mlle C. Dessimoz confirme le fait que tous les élèves de 7e bénéficient d'une heure d'informatique dans toutes les sections. Le cours porte sur le traitement de texte sur Windows et sur Excel. Les élèves n'ont pas recours à Internet, sauf si leur professeur le souhaite, étant précisé que chaque élève dispose d'une messagerie. En 8e et 9e années, les élèves des sections latine, scientifique et moderne n'ont aucun cours d'informatique. Les élèves de sections générale ou pratique peuvent suivre un cours à option.

Elle précise qu'une nouvelle salle informatique a été créée au sein de son établissement. La salle n'étant ouverte qu'après les heures de cours donc en fin d'après-midi, les élèves ne peuvent pas s'y rendre pendant les pauses ou à midi. Elle regrette que l'ensemble des élèves n'ait pas la possibilité de suivre des cours également en 8e et en 9e années. Bien qu'Internet soit accessible dans son Cycle d'orientation, il n'est pratiquement jamais utilisé.

Pour répondre aux questions d'un député qui se demande comment les élèves s'y prennent pour utiliser l'outil informatique pour la recherche, la documentation et rendre par exemple des rapports, Mlle Dessimoz précise que les élèves ne peuvent en réalité pas vraiment utiliser le matériel informatique à l'école. Ceux qui disposent d'un ordinateur à la maison l'utilisent et les autres rédigent leurs travaux à la main.

M. M. T. Dumoulin est né à Sion. Ensuite, il a vécu au Venezuela et aux Etats-Unis. Il tient à souligner particulièrement l'importance que revêt l'informatique comme outil d'apprentissage et de travail. Et il craint qu'on n'en ait pas encore pris pleinement conscience à Genève.

Au collège, il recevait des devoirs et des exercices à faire sur Word. A la faveur des corrections, les professeurs montraient aux élèves la façon d'utiliser ce traitement de texte. Tous les cours étaient intégrés dans Word. Les élèves apprenaient la dactylographie et suivaient également des cours Internet, ainsi que la programmation, en option, ce qui s'est avéré très utile par la suite pour les études à l'université. Pour l'apprentissage de l'anglais, ils pouvaient bénéficier de la correction automatique de Word.

En arrivant à Genève, M. T. Dumoulin a suivi un stage dans deux grands établissements bancaires de la place. Il a pu voir alors la différence par rapport aux autres stagiaires qui avaient suivi leur scolarité dans le canton. Il était par exemple le seul à savoir utiliser Internet et pouvoir effectuer des recherches sur ce réseau, véritable bibliothèque mondiale.

Constatant une parfaite intégration de l'informatique dans le cursus scolaire de M. T. Dumoulin, une députée lui demande à quel âge cette « intégration » a commencé. Au Venezuela, cette immersion commence à l'âge de douze ans, mais aux Etats-Unis, elle intervient dès les plus petits degrés.

Pour répondre à d'autres questions, il précise qu'au Venezuela cette approche est la même pour tous les élèves, quel que soit le type d'école ou de section. Il ne s'agit pas d'un enseignement réservé à une élite ou aux écoles privées.

Les salles informatique restant ouvertes à midi et après les cours, même les jeunes qui ne disposent pas d'ordinateur à la maison peuvent recourir à cet outil. Une personne assure constamment une surveillance et peut également répondre aux questions des élèves.

Il ajoute que l'informatique est aussi importante que toute autre branche. Il s'agit d'une façon de penser, d'une logique que tous les élèves devraient pouvoir acquérir.

Discussion

En ce qui concerne le CO, les députés constatent qu'en 7e année, il y a un cours d'initiation à l'informatique. Mais, par la suite, jusqu'à ce jour, les élèves sont généralement coupés de la pratique, sauf s'ils disposent d'un ordinateur à la maison.

Comme l'a expliqué Mme M. Brunschwig-Graf et comme l'attestent les différents documents distribués aux commissaires, le département souhaite que l'informatique soit intégrée dans les cours des élèves au Cycle d'orientation bien sûr, mais aussi dès l'école primaire.

Les dernières directives datent de l'automne 1999. Leur application et donc les effets en sont encore difficilement vérifiables. En l'état, les députés ont constaté que les directives du département n'avaient pas encore été suivies d'effets de manière systématique.

En revanche, une large majorité des commissaires estime qu'il s'agit d'une nouvelle approche, d'un domaine qui doit être accessible à tous les élèves. Dans un souci d'égalité des chances, il importe que tous les enseignants et les différentes écoles aient une approche qui permette à chaque élève de se familiariser avec l'outil informatique, voire de le maîtriser au fil des ans.

Pour pallier à une très grande disparité et vu que de nombreux élèves ne disposent pas d'un ordinateur à la maison, il faudrait que les salles réservées à cet effet soient disponibles partout, et pas simplement dans les établissements où des enseignants trouvent la démarche utile, voire indispensable. Il va de soi qu'une personne doit pouvoir répondre aux questions des utilisateurs, car dans ce domaine, les questions surgissent au fur et à mesure de l'utilisation, du moins dans les débuts.

Par contre, il ressort clairement de la discussion que les députés ne soutiennent pas l'idée d'augmenter le nombre d'heures de cours à proprement parler, que ce soit au Cycle d'orientation ou au collège.

Conclusion

Les députés estiment que l'outil informatique fait partie de notre société, par conséquent, que tous les élèves doivent pouvoir y avoir accès. Dans l'esprit des membres de la commission, il ne s'agit pas d'ajouter des heures consacrées à l'informatique, mais de mieux l'intégrer dans le cursus de tous les élèves. Ils décident donc de conserver les deux dernières invites de la proposition de motion 1157. La 1re invite (initialement 2e inchangée ) serait:

à définir une politique claire en matière d'enseignement de l'informatique à tous les échelons de la scolarité ;

la seconde invite amendée :

à améliorer l'enseignement et l'utilisation de l'informatique, aussi bien pour préparer nos élèves à exploiter et à produire au mieux avec les moyens informatiques, que les informer des limites et des risques du recours systématique à l'informatique.

Vote

la motion amendée est acceptée par

Par conséquent, nous vous invitons, Mesdames et Messieurs les députés, à soutenir la motion telle qu'amendée par la Commission de l'enseignement et de l'éducation.

Secrétariat du Grand Conseil

Proposition de MM. Hervé Dessimozet John Dupraz

Dépôt: 5 septembre 1997

M 1157

proposition de motion

«L'informatique partie intégrante de la culture généralede l'homme moderne»

LE GRAND CONSEIL,

considérant:

- le succès grandissant des outils informatiques dans la production, qu'elle soit pour l'industrie ou qu'elle soit pour les services;

- l'omniprésence du réseau Internet comme système de communication à l'échelle mondiale et cela aussi bien dans les entreprises que dans les foyers;

- la part médiocre réservée à l'enseignement de l'informatique selon la grille horaire élève genevois de novembre 1996 (1 heure par semaine et seulement en première année de collège);

- la nécessité de donner à nos gymnasiens une meilleure culture informatique,

invite le Conseil d'Etat

- à considérer l'informatique comme une partie intégrante de la culture générale de l'homme moderne;

- à définir une politique claire en matière d'enseignement de l'informatique à tous les échelons de la scolarité;

- à augmenter le temps consacré à l'enseignement de l'informatique aussi bien pour préparer nos élèves à exploiter et à produire au mieux avec les moyens informatiques que les informer des limites et des risques du recours systématique à l'informatique.

Débat

Le président. Le titre de cette motion est tout à fait révélateur, surtout pour M. Dupraz qui n'a, je crois, toujours pas utilisé son portable ! (Rires.)

Mme Nelly Guichard (PDC), rapporteuse. Par souci de clarté, je souhaite que la motion initiale figure au Mémorial, ce qui n'est pas le cas dans le tiré à part que vous avez reçu.

Le président. Il en sera fait ainsi, Madame !

Mme Nelly Guichard, rapporteuse. Merci, Monsieur le président !

Je pense que cette motion vient à point appuyer celle qui a été présentée tout à l'heure par M. Brunier. Pourtant, je tiens à relever tout de même que certains collègues signataires de la motion 1343 ont eu quelque peine à accepter la motion de MM. Dupraz et Dessimoz, en tout cas l'esprit de celle-ci.

La commission de l'enseignement et de l'éducation en a rédigé une nouvelle mouture, qui, elle, a reçu le soutien d'une large majorité de la commission, car l'informatique fait aujourd'hui aussi partie de notre paysage scolaire, comme l'ont dit les motionnaires, même s'il s'agit de M. Dupraz !

Je vous prie donc de réserver un bon accueil à cette motion. 

M. John Dupraz (R). Il eût été préférable que M. Dessimoz réponde à ma place, car il est vrai que je ne suis pas un modèle en matière d'utilisation des outils informatiques...

Une voix. T'es pas le seul !

M. John Dupraz. C'est justement ce qui m'a incité à développer cette motion devant ce parlement, car, si j'avais eu le bonheur dans mon jeune âge - j'ai bientôt l'âge d'être grand-père et j'attends ce moment avec impatience - de bénéficier d'un enseignement informatique, il est évident que je saurais m'en servir.

Mesdames et Messieurs les députés, il faut bien constater que l'informatique fait aujourd'hui partie intégrante de notre vie, que ce soit dans les sociétés, dans l'économie, dans l'administration. Il faut donc familiariser les jeunes avec cet outil de travail. Il ne faut pas que l'informatique soit un enseignement au même titre que la géographie, mais il faut que ce soit un outil de travail permanent pour toutes les matières enseignées à l'école, dès le plus jeune âge possible, selon les moyens financiers à disposition de ce canton et des communes. Nous devons faire un effort dans ce sens, car l'informatique est devenu un moyen de communication très important pour les jeunes. Il est d'ailleurs révélateur que les membres de la commission ont été spécialement sensibilisés par l'audition de deux jeunes étudiants, au point de déposer cette motion dont je porte une partie de la paternité.

Je saisis cette occasion, Mesdames et Messieurs les députés, pour remercier Mme Nelly Guichard pour l'excellent rapport qu'elle présente à ce parlement, mais, aussi, pour m'étonner de l'abstention de cinq députés : deux socialistes, un Vert et deux libéraux... C'est d'autant plus étonnant qu'ils se targuent toujours d'être attentifs aux problèmes de l'enseignement, de ce qui est moderne et performant !

Moi qui suis un ignare dans ce domaine, je pensais en faisant cette proposition qu'elle serait plébiscitée avec enthousiasme. Or, de doctes personnes en matière d'enseignement se sont abstenues en commission... Les cornes à ces personnes, qui sont à mon avis tout à fait rétrogrades ! (Rires.) Car, Mesdames et Messieurs les députés, même moi qui ne connaît rien à l'informatique, j'estime qu'il est grand temps que chaque enfant, chaque élève dans nos écoles, puisse se servir d'un PC pour son plus grand bien en matière d'enseignement et pour son avenir professionnel. 

Le président. Merci pour cette profession de foi, Monsieur Dupraz !

Monsieur Courvoisier, je vous donne la parole.

M. Jean-François Courvoisier (S). La première chose qui me heurte dans cette motion est le mot «culture», qui ne convient pas du tout pour l'informatique. L'informatique est un moyen, comme le téléphone, comme la télévision ou l'imprimerie, mais elle n'a rien à voir avec la culture ! Je ne vais pas vous donner à nouveau une définition de la culture, car je l'ai déjà fait souvent !

Maintenant, si l'école a de plus en plus de choses à enseigner et qu'on lui demande de tout enseigner comme l'enseignement de l'informatique, cela se fera au détriment du reste.

Le président d'une importante chaîne d'hôtels m'a dit que d'ici quelques années l'informatique serait démodée... Je ne pense pas qu'il ait raison, mais je suis sûr qu'elle se développera tellement que ce que nous apprenons aujourd'hui sera totalement dépassé dans quelques années. Je ne vois donc pas l'utilité d'ajouter ce nouvel enseignement !

Par ailleurs, M. Dessimoz a amené des membres de sa famille qui souhaitaient supprimer des heures de français pour apprendre l'informatique aux élèves... Cela me semble absolument impensable !

On veut que l'école dispense de plus en plus d'enseignements : soit, mais Mme la présidente nous a dit qu'il n'est pas possible d'ajouter des heures hebdomadaires à la grille-horaire. On ne pourrait donc solutionner ce problème qu'en ajoutant une année scolaire à l'école obligatoire, ce qui coûterait cher et ce qui retarderait encore l'entrée des jeunes dans le circuit économique.

C'est pour cette raison que le groupe socialiste s'est opposé ou abstenu sur cette motion en commission. 

Mme Janine Hagmann (L). J'ai hélas quelques années de plus que vous, Monsieur Dupraz, et, pourtant, je me suis lancée avec passion dans l'informatique quand nous avons eu la chance de recevoir un ordinateur, alors que je n'avais jamais eu l'occasion d'en approcher auparavant.

Monsieur Dupraz, je me sers tous les jours de mon ordinateur. Je ne suis certainement pas une spécialiste, mais je me débrouille tout de même pas trop mal, alors que je n'ai jamais suivi de cours informatiques à l'école. L'informatique fait tellement partie de notre société qu'il est évident que c'est un outil scolaire indispensable. Les enfants se servent sans problème du téléphone, de la télévision, de jeux vidéo et manient l'informatique beaucoup plus facilement que nous. Tout cela fait partie de leur environnement naturel.

Nous nous sommes abstenus pour cette simple raison : pour nous, libéraux, l'informatique est une évidence. Elle fait partie de notre monde, mais il n'est pas nécessaire pour autant, Monsieur Dupraz, d'ajouter encore des heures d'enseignement ! Passez un peu dans les écoles, et vous verrez que toutes les écoles primaires sont dotées d'ordinateurs ! Les enfants s'amusent avec les ordinateurs et savent s'en servir et, au cycle, tous les enfants ont des cours d'informatique. Alors, cette motion a certes un côté plutôt chouette et sympa, mais, en fin de compte, elle a surtout un côté démagogique ! Car enfin - excusez-moi de vous le dire - à l'heure actuelle vous vous saisissez de tous les problèmes qui concernent l'enseignement, ce qui me fait doucement sourire ! Croyez-moi, nous sommes passés avant vous pour nous rendre compte qu'il fallait des ordinateurs dans les écoles ! 

M. John Dupraz (R). Je suis désolé de reprendre la parole, mais je crois, Madame Hagmann, que vous m'avez très mal compris ! Nous voulons justement que l'informatique soit un outil de travail à l'école et qu'il puisse servir de support à toutes les matières enseignées.

Vous dites que les enfants s'amusent avec les ordinateurs ! Alors si les libéraux ont les moyens de fournir des ordinateurs aux élèves pour qu'ils s'amusent à l'école, comme ancienne enseignante, Madame, je ne vous félicite pas !

Nous, nous estimons que c'est un outil de travail et qu'il doit être utilisé de façon générale dans l'enseignement comme nous, de notre temps, nous utilisions l'encrier et la plume pour travailler ! C'est cela que nous voulons !

Il me semble que vous avez vraiment mal compris, Madame, mais il est vrai que vous êtes une enseignante à la retraite, et que vous êtes comme moi d'un autre âge, ce qui fait que vous n'avez pas très bien compris ce problème ! (Rires et exclamations.) 

Mme Nelly Guichard (PDC), rapporteuse. Je voulais également aller dans le sens de M. Dupraz, qui, même s'il n'utilise pas l'informatique, a très bien compris la problématique.

Il ne me semble en effet pas nécessaire de faire une montagne avec ce sujet. Je peux dire la même chose à M. Courvoisier qu'à Mme Hagmann : il ne s'agit pas de rajouter un nombre incalculable d'heures - d'ailleurs Mme Brunschwig Graf nous l'a très bien expliqué en commission - il s'agit simplement de faire en sorte que cette problématique soit intégrée dans le cursus scolaire; que tous les élèves aient la possibilité, quel que soit leur quartier, quelle que soit leur école, de toucher à cet outil extrêmement utile à chacun, et bien sûr particulièrement aux enfants qui n'ont pas tous l'occasion d'avoir un ordinateur à la maison. Cet aspect est extrêmement important aussi, n'en déplaise à certains qui pensent que tout cela va de soi et que chacun à la maison peut disposer d'un ordinateur comme bon lui semble !

Je pense que ce n'est pas le cas, et c'est justement dans ce sens que cette motion arrive à point nommé. 

Mme Janine Hagmann (L). Je tenais à remercier M. Dupraz pour les compliments qu'il m'a adressés !

Par ailleurs, je crois que nous nous sommes vraiment mal compris. Si je me suis un peu fâchée, c'est parce que je constate que l'on veut prendre, une fois encore, une mesure superfétatoire. (L'oratrice est interpellée par M. Dupraz.) Mais si, Monsieur Dupraz, passez dans les écoles, et vous constaterez que toutes sont dotées d'ordinateurs ! 

Mme Martine Brunschwig Graf. A chaque session, je me demande quel est le sujet qui va provoquer l'hilarité ou des bagarres inconsidérées. J'étais loin de me douter que ce serait la motion sur l'informatique, mais je constate que, vu l'heure, c'est plutôt la fatigue qui est à l'origine de ces discussions que le sujet lui-même !

Je pense pouvoir réconcilier tout le monde en vous disant qu'il est parfaitement possible d'accepter cette motion telle qu'elle a été amendée. Le débat a longtemps porté sur des éléments qui pouvaient prêter à confusion et l'un des motionnaires a pensé qu'il était nécessaire de dispenser de l'enseignement informatique en terme d'heures à l'école. La commission a manifestement évolué depuis, suite aux auditions et aux discussions. Je considère donc que les invites telles qu'elles sont rédigées peuvent parfaitement vous satisfaire.

J'ajoute, Mesdames et Messieurs les députés, que vous avez eu la bonté de voter un projet de loi il y a peu de temps de cela qui s'appelle : apprendre à communiquer. Ce projet était un concept pour l'enseignement de l'informatique et l'équipement informatique de nos écoles. Il y était expliqué en long, en large et en travers quelle était la politique du département. Par ailleurs un projet de loi complémentaire vous sera soumis, ce qui permettra à celles et ceux qui avaient oublié les principaux éléments d'y retrouver les éléments centraux et les compléments indispensables. Nous allons donc ainsi au-devant de vos préoccupations, et, pour le reste, comme pour la motion précédente, je me réjouis déjà de voir que vous maintiendrez intacts les crédits d'investissements informatiques qui vous seront soumis avec le budget.  

Mise aux voix, cette motion est adoptée.

Elle est ainsi conçue :

 

La séance est levée à 23 h.