République et canton de Genève

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PL 13728-A
Rapport de la commission des finances chargée d'étudier le projet de loi du Conseil d'Etat accordant une aide financière annuelle de 691 000 francs à l'association Genève-Plage pour les années 2025 à 2028
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session V des 1er et 2 octobre 2026.
Rapport de Mme Natacha Buffet-Desfayes (PLR)

Premier débat

La présidente. L'ordre du jour appelle à présent le PL 13728-A, que nous traitons en catégorie II, trente minutes. Le rapport est de Mme Natacha Buffet-Desfayes, à qui je cède le micro.

Mme Natacha Buffet-Desfayes (PLR), rapporteuse. Merci, Madame la présidente. Il s'agit ici du contrat de prestations de l'association Genève-Plage pour 2025 à 2028. Cette dernière exploite le site du même nom et va fêter ses cent ans d'existence dans quelques années. Elle compte à ce jour environ 80 collaborateurs maximum en été et réalise un bon chiffre d'affaires, de 3,5 millions. Ses tâches sont nombreuses, nous le savons, et consistent entre autres à entretenir les installations et à diversifier autant que possible ses activités pour correspondre aux besoins et aux envies de la population.

Nous avons eu l'occasion, durant les travaux de la commission, de nous attarder sur quelques points d'attention qui ressortaient par exemple du rapport de la Cour des comptes. Les défis sont multiples pour l'association Genève-Plage; elle doit notamment rénover la pataugeoire, qui ne répond plus aux normes, et installer des panneaux solaires. Elle fait aussi face à d'autres enjeux, qui sont principalement liés à la gestion financière du lieu: comme vous le savez, les charges sont en augmentation, à cause entre autres de la hausse des coûts de l'énergie et de l'introduction du salaire minimum qui doit être appliqué à tous les collaborateurs. Il y a également des questions évidentes liées aux recettes, qui sont dépendantes de la météo.

Les discussions de la commission ont par ailleurs porté sur des points divers, comme la relation avec les communes. Genève-Plage a la particularité d'être gérée par le canton alors que, d'habitude, ce sont les communes qui sont chargées des bassins des piscines publiques. Il n'y a pas de volonté, pour l'instant, de remettre Genève-Plage à Cologny. Nos travaux nous ont démontré que les communes de la rive gauche auraient besoin d'un bassin couvert, qui n'est pas réalisable - en tout cas pour l'heure - puisque la commission du patrimoine s'est opposée à une telle construction. Nous avons également parlé des surveillants de bassins, qui sont difficiles à trouver, en l'occurrence à cause de la formation qui leur est demandée et du nombre de personnes, qui augmente chaque année. Enfin, la gestion du restaurant et celle de la fumée passive aux abords des bassins ont été discutées.

La majorité de la commission a décidé, après avoir relevé tous ces points et les avoir examinés sérieusement, de continuer à accorder sa confiance à l'association Genève-Plage. Elle vous propose de voter ce contrat de prestations 2025-2028. Je vous remercie.

M. François Baertschi (MCG). Le groupe MCG s'oppose à la gestion de Genève-Plage pour plusieurs raisons, dont la principale est l'engagement massif de frontaliers permis G qui, depuis des années, sont employés par cette association. Cela pose un problème à un moment où de nombreux jeunes ne trouvent pas de travail et où cette catégorie de la population devrait être privilégiée. Le canton, qui subventionne cette infrastructure - laquelle, comme cela a été dit, devrait éventuellement être communale ou intercommunale, c'est une question à véritablement étudier -, a aussi une responsabilité en tant que bailleur de fonds dans l'engagement excessif de frontaliers permis G. 

Ce dernier pose un problème structurel dans le cas précis, mais il le pose de manière plus générale à l'ensemble de l'économie et de l'Etat. On constate une dérive inquiétante de non-engagement de résidents genevois. A croire que personne n'a les capacités de faire ce travail ! Je ne le pense pas. Quand on voit tous les jeunes qui sont en recherche d'emploi, qui sont en train de zoner ou qui doivent obtenir une formation et un soutien pour être intégrés dans le monde professionnel... Je crois que l'Etat ne peut pas se permettre de financer une structure qui ne va pas dans cette direction.

L'Etat n'est pas une multinationale, ni un centre de profit ! C'est avant tout une institution qui doit viser le bien public. Or, le bien public consiste certes à fournir cette infrastructure sportive à la population, mais aussi à offrir des emplois à une part importante des Genevois, qui est oubliée et négligée. Je suis sûr qu'il suffirait d'ouvrir ces postes à toute personne intéressée à venir travailler à Genève-Plage pour qu'il y ait des milliers - voire des dizaines de milliers, voire davantage - de personnes prêtes à les prendre et à acquérir toutes les compétences nécessaires pour exercer un travail au sein de cette association. C'est la raison principale pour laquelle le MCG a refusé et refusera encore ce projet de loi. Merci.

M. Laurent Seydoux (LJS). Mesdames et Messieurs les députés, Genève-Plage n'est pas seulement un parc de trois hectares situé au bord de notre lac et fréquenté par plus de 220 000 usagers chaque été. C'est le poumon populaire de notre canton et un des lieux de villégiature privilégiés des familles genevoises, des jeunes et de tous ceux qui n'ont pas le luxe de partir en vacances, et cela à un tarif d'entrée gelé depuis vingt-cinq ans.

Ce projet de loi nous demande de renouveler notre soutien financier à hauteur de 691 000 francs par an. C'est une aide indispensable, mais c'est surtout une subvention en baisse de 100 000 francs. Que l'on regarde la réalité en face. L'association effectue un travail de gestion rigoureux et exemplaire: en quinze ans, elle a doublé ses recettes d'exploitation; elle finance sur ses fonds propres la transition solaire et ses futurs aménagements; lors du dernier contrat, elle a même restitué 37 000 francs aux caisses de l'Etat. Reste la question de savoir si cette infrastructure de loisirs - la seule financée par le canton - ne devrait pas revenir à Cologny et aux communes avoisinantes, afin qu'elles y développent des activités aquatiques, notamment pour leurs écoles. Tel n'étant toutefois pas le sujet de ce texte, nous y reviendrons ultérieurement. 

Pour Libertés et Justice sociale, ce partenariat public-associatif incarne exactement ce que nous défendons: une liberté d'accès aux loisirs, de la justice sociale pour le pouvoir d'achat des familles, et une rigoureuse responsabilité financière. C'est pourquoi le groupe LJS votera avec enthousiasme et conviction ce projet de loi, et il vous encourage sportivement à faire de même. Merci, Madame la présidente.

La présidente. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. Vincent Subilia.

M. Vincent Subilia. Qui ne l'avait pas demandée et qui, par conséquent, ne la prendra pas ! (Rires.) 

La présidente. D'accord ! (La présidente rit.) Merci, Monsieur Subilia ! La parole échoit donc à M. Jacques Blondin.

M. Jacques Blondin (LC). Qui, lui, l'avait demandée ! Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs les députés, cette magnifique centenaire est à soutenir, et Le Centre est en parfait accord avec le rapport qui vient de vous être présenté. Si je prends la parole, c'est simplement pour revenir sur les remarques qui ont été faites par le MCG au sujet des gardiens de piscine.

Cette problématique a été thématisée lors des auditions. Je tiens à dire ici que les personnes qui dirigent cette institution en sont très conscientes mais que, après une large consultation de l'office cantonal de l'emploi, voire de l'Hospice général, on n'a pas été capable de trouver une seule personne qui s'intéresse à ces jobs. Une vraie question se pose alors, qui consiste à savoir qui de la poule ou de l'oeuf est arrivé le premier et pourquoi on ne parvient pas à trouver des solutions. Le fait est qu'il est faux de prétendre que des milliers de personnes se précipiteraient pour prendre ces postes.

En revanche, il est vrai de dire que la direction de cette institution cherche à engager des personnes sur place pour des emplois qui demandent certes une formation, mais qui sont tout à fait compatibles avec la population qui pourrait y postuler. Je suis désolé, Monsieur Baertschi - vous transmettrez, Madame la présidente -, mais je ne peux pas adhérer à vos propos. Il faudrait qu'on trouve des personnes à Genève, et l'Hospice général a un rôle important à jouer à cet égard, mais je crois qu'on l'a déjà évoqué quand on a parlé de réinsertion. Merci.

M. Thomas Wenger (S). Mesdames les députées, Messieurs les députés, Genève-Plage est une institution à Genève - ça a été dit -, au même titre par exemple que les bains des Pâquis pour ce qui concerne les lieux de baignade et de rencontre au bord de notre lac. La subvention consiste en un montant annuel de 691 000 francs. Par rapport à 2024, année où elle était de 791 000 francs, ce sont 100 000 francs de moins et donc un effort demandé à l'association pour gérer ce lieu.

Il faut dire aussi - ça n'a pas encore été fait - qu'une aide financière non monétaire est accordée par le canton, pour une valeur de 848 000 francs: il s'agit de la mise à disposition du site et des infrastructures. Le soutien est ainsi quand même considérable de la part de l'Etat de Genève, puisqu'il s'élève à environ 1,5 million.

Il est bon de rappeler que ce site réunit en quelques mois - au printemps et en été - environ 220 000 personnes, notamment des familles et des enfants. Comme on l'a mentionné, le prix n'a pas changé depuis vingt-cinq ans, ce qui en fait effectivement un lieu populaire pour les familles de l'ensemble du canton.

On attend par ailleurs quelques changements à Genève-Plage. Il y en a déjà eu avec le nouveau bar-restaurant, qui a l'air de bien fonctionner et qui, franchement, est très joli et très bien fait. A l'horizon 2030, plusieurs espaces devront être rénovés, notamment la pataugeoire déjà évoquée, les terrains de beach-volley et une nouvelle terrasse au bord du lac. De plus - ça va dans le sens de la transition énergétique et climatique -, des panneaux solaires seront installés.

La question des horaires a aussi été examinée. Un projet pilote d'extension de la période d'ouverture à fin septembre ou début octobre, si j'ai bien compris, a été mené pour les personnes qui aiment aller nager et profiter des infrastructures au bord du lac quand le temps est peut-être un peu moins bon. Les représentantes et les représentants de Genève-Plage nous ont expliqué que ça n'avait pas très bien fonctionné et que le fait de laisser ce site ouvert coûte très cher si la fréquentation est assez basse. Les socialistes appellent néanmoins à une période d'ouverture quelque peu élargie, en espérant qu'il y ait davantage de monde lors des mois qui ne sont pas estivaux.

En conclusion, le groupe socialiste soutient cette subvention à Genève-Plage. On l'a dit, c'est un lieu populaire, un lieu de rencontre intergénérationnel, multiculturel, qui réunit les familles et la population de l'ensemble du canton de Genève. Merci, Madame la présidente. (Applaudissements.)

Une voix. Bravo !

La présidente. Merci, Monsieur le député. La parole est à Mme Roch pour vingt secondes.

Mme Ana Roch (MCG). Merci, Madame la présidente, ce sera suffisant. Vous transmettrez à mon collègue M. Blondin que les gardiens de bassins ne sont pas les seuls concernés. Il y a aussi le restaurant, le nettoyage, les personnes qui rangent le matériel. Je vous assure, pour y être allée et avoir posé la question, qu'il n'y a pas un Genevois qui travaille au sein de cette association ! (Applaudissements.) 

La présidente. Merci, Madame la députée. Monsieur Subilia, vous avez demandé la parole cette fois-ci ?

M. Vincent Subilia (PLR). Oui, ce n'est pas une erreur ! Je ne résiste pas au plaisir qui est le mien de vous imposer une petite diatribe en réponse aux propos qui viennent d'être tenus et auxquels je suis sensible. Si, aux dires de la députée Roch, il n'y a pas de Genevois actif à la cafétéria de Genève-Plage, il faut peut-être se demander si les habitants de ce canton veulent véritablement exercer ce métier. C'est la question fondamentale s'agissant des frontaliers, qu'il faut remercier de venir nous appuyer et s'acquitter de tâches que, souvent - dans le monde de la santé comme de la restauration -, nous autres Genevois rechignons à faire. Je vous remercie de votre attention.

La présidente. Merci, Monsieur le député. J'informe le MCG qu'il n'a plus de temps de parole. (Remarque. Rires.) J'invite l'assemblée à se prononcer sur ce texte.

Mis aux voix, le projet de loi 13728 est adopté en premier débat par 76 oui contre 14 non et 2 abstentions.

Le projet de loi 13728 est adopté article par article en deuxième débat.

Mise aux voix, la loi 13728 est adoptée en troisième débat dans son ensemble par 78 oui contre 14 non et 1 abstention (vote nominal).

Loi 13728 Vote nominal