République et canton de Genève
Grand Conseil
Séance du jeudi 1 octobre 2026 à 17h
3e législature - 4e année - 5e session - 23e séance
P 2260-A
Débat
La présidente. Nous abordons maintenant la P 2260-A, que nous traitons en catégorie II, trente minutes. (Brouhaha.) Manifestement, le silence n'est pas avec nous. (Commentaires.) Un peu de silence, s'il vous plaît ! Madame Meissner, rapporteuse de majorité, je vous cède la parole dans un instant. (Brouhaha.) S'il vous plaît ! Vous pouvez aller dans la salle des Pas-Perdus. (Commentaires.) On n'arrive pas à s'entendre ! S'il vous plaît ! Madame Meissner, c'est à vous.
Mme Christina Meissner (LC), rapporteuse de majorité. Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs les députés, la pétition qui nous occupe demande de pérenniser les enseignes Neon Parallax et Pinta Cura, de ne pas les démanteler ni de les détruire et de prendre en charge leur entretien régulier et leur restauration, comme c'est le cas lors de toute rénovation. Cependant, certaines réalisations ne peuvent pas être adaptées. Leur caractère éphémère fait par ailleurs partie intégrante du projet, qui existe depuis 2007. Des conventions sont signées pour chacune de ces réalisations. Les artistes et les propriétaires des immeubles sur lesquels elles ont été posées sont informés de leur caractère éphémère: ils ont approuvé ce principe en signant les conventions.
Cela étant, il faut souligner que la plupart des créations sont toujours en place, alors qu'elles ne devaient rester que dix ans. Or, toutes ou presque existent encore vingt ans plus tard. C'est dire que tout est fait pour les préserver, pour autant que les propriétaires, le fonds et les artistes le souhaitent et que le coût de leur maintien ne devienne pas déraisonnable. Tous les coûts inhérents à ces enseignes lumineuses sont divisés entre le canton et la Ville de Genève à travers leurs fonds d'art respectifs. En ce qui concerne la prise de décision, un indicateur a été mis en place: lorsque le coût de leur restauration dépasse celui de leur installation de plus de 50%, les créations sont démontées et remplacées par d'autres et par celles d'autres artistes, évidemment.
S'agissant des néons, les technologies ont évolué. Certaines oeuvres ne peuvent tout simplement plus être mises à niveau, car leur modification n'a pas été prévue à l'origine. Je rappelle que ces réalisations étaient censées être éphémères. (Remarque.) Oui, la tour Eiffel ! A ce sujet, je signale, Madame la présidente, que les boulons et rivets ont dû être remplacés pour qu'ils soient pérennes et non plus éphémères. Cela étant, en ce qui concerne les néons, ces réalisations ne sont pas détruites et la pérennisation est recherchée; dans la plupart des cas, elle est effective. Les artistes sont tenus au courant, et ces décisions sont encadrées par des juristes. Leur entretien est donc assuré. Pour toutes ces raisons, la majorité de la commission a voté pour le dépôt de ce texte et vous enjoint de faire de même.
La présidente. Vous passez sur le temps de votre groupe.
Mme Christina Meissner. Je signalerai encore une chose: au départ, la pétition demandait la préservation des oeuvres Neon Parallax à Plainpalais et Pinta Cura aux Grottes. Or, celle-ci relève uniquement de la Ville de Genève, et il faut préciser qu'elle a déjà disparu, paix à son âme. Nous ne traitons donc plus que les créations situées autour de la plaine de Plainpalais, qui sont au nombre de 17 sauf erreur. Merci beaucoup.
M. Sylvain Thévoz (S), rapporteur de première minorité. Nous vous invitons à renvoyer cette pétition au Conseil d'Etat. Elle a été signée par plus de deux mille personnes et largement soutenue par les mouvements culturels - festival Antigel, festival Animatou, BIG Biennale, Bongo Joe - et de nombreuses associations de quartier. Pourquoi ? Parce qu'il y a un attachement très fort à l'identité de la plaine de Plainpalais. Ce magnifique projet couronne toute la plaine de ses néons, qui sont devenus une marque de l'identité de Genève.
Ce n'était pas gagné d'avance. Bravo au Fonds municipal d'art contemporain, bravo au Fonds cantonal d'art contemporain d'avoir cru en ce projet, d'avoir développé quelque chose d'innovant pour Genève, qui fait désormais partie de son identité, comme c'est le cas de la tour Eiffel pour Paris ! Je rappelle que celle-ci était un projet non pérenne, c'est vrai: elle a été conçue pour une exposition universelle et devait demeurer vingt ans.
Aujourd'hui, on peine à comprendre pourquoi il faut enlever ces oeuvres à coups de marteau, alors qu'elles peuvent être rénovées et technologiquement adaptées. Simplement, cela engendre un coût de quelques dizaines de milliers de francs. Les arguments avancés par le Fonds cantonal d'art contemporain nous ont déçus. Le discours était, je dirais, très «fonctionnariste», alors qu'on parle de culture, un domaine où on ne peut pas se contenter d'une approche uniquement fonctionnelle: on a dit que c'était non pérenne, il faut donc que ce soit non pérenne et laisser la place à d'autres artistes. Mais écoutez, les toits, il y en a des dizaines de milliers à Genève ! N'allons pas retirer ce qui fait le succès de Genève ! Comme si on manquait de toits ou comme si, dans le budget cantonal, on manquait de quelques dizaines de milliers de francs pour rénover ces installations !
Pour nous, c'est une aberration, et pour les pétitionnaires... Les courriers envoyés aux artistes ont quelque chose d'extrêmement violent, car il y est écrit: «Votre oeuvre, qui est en place et que la population soutient, on va la détruire !» Il y a aussi quelque chose d'incohérent chez les partis de droite. Quand on touche à des statues, à l'identité de Genève, ils hurlent au wokisme et crient: «Surtout pas ! Il faut maintenir la statue d'un tel ou d'une telle !» Imaginez, si on s'apprêtait à détruire la statue du général Dufour en disant: «Ma foi, elle a fait son temps, car quand on l'a installée, elle n'était pas censée durer des dizaines d'années; enlevons-la», la majorité se dresserait - et avec raison - pour s'exclamer: «Non, il y a un attachement populaire, on la conserve !»
De grâce, renvoyons cette pétition au Conseil d'Etat - il n'est peut-être pas encore trop tard -, demandons aux fonctionnaires de la culture, avec tout notre respect à leur endroit, de faire montre d'un petit supplément d'âme et d'une petite compréhension pour les artistes, pour la population ! Ces créations sont plébiscitées, nous souhaitons les maintenir. Je me répète peut-être, mais exploitons les dizaines de milliers de toits, il y en a beaucoup, et avec les moyens à disposition, faisons plus plutôt que moins. Merci de votre compréhension.
Mme Céline Bartolomucci (Ve), rapporteuse de deuxième minorité. Mesdames et Messieurs les députés, à Genève, certaines oeuvres lumineuses font ou plutôt faisaient partie intégrante du paysage et de l'identité visuelle de la ville. Tel était le cas de Pinta Cura, installation monumentale située aux abords de la gare Cornavin, qui accueillait voyageuses et voyageurs à leur arrivée avec des dimensions impressionnantes: 17 mètres sur 24. Immédiatement identifiable et visible depuis les quais ainsi que depuis les axes majeurs aux alentours, cette réalisation constituait pour les Genevoises et Genevois une porte d'entrée artistique unique dans la ville.
De même, les enseignes lumineuses du projet Neon Parallax installées sur les toitures autour de la plaine de Plainpalais forment aujourd'hui un ensemble d'une quinzaine d'oeuvres conçues par des artistes suisses et internationaux. Ces créations originales détournent les codes de la publicité lumineuse si présente autour de la rade pour proposer une lecture artistique de l'espace urbain.
Certaines de ces réalisations étant exposées depuis près de vingt ans, elles font désormais partie intégrante du paysage et de l'identité visuelle de la ville et participent à la renommée internationale du canton, puisque le projet Neon Parallax a reçu le prix Visarte en 2017.
Les chiffres présentés en commission montrent que la préservation de ces oeuvres peut se faire pour un coût tout à fait raisonnable. Par exemple, le coût moyen d'une restauration est estimé à 25 000 francs alors qu'une nouvelle création représente près de 80 000 francs, ce qui comprend l'organisation du concours, la fabrication, les honoraires artistiques, etc. Depuis 2007, 47 interventions d'entretien ont été réalisées pour un coût de 53 000 francs, soit moins de 12 000 francs par année pour l'ensemble des quinze réalisations. Nous parlons donc de montants extrêmement modestes au regard de la valeur culturelle, patrimoniale et symbolique de ces installations.
Aujourd'hui, l'oeuvre Pinta Cura est démantelée, et la deuxième minorité regrette profondément que ces travaux aient été engagés avant même que le Grand Conseil ne se prononce sur cet objet et sur l'avenir de cette oeuvre. Il est par contre possible d'agir pour préserver les installations de Neon Parallax, présentes depuis près de vingt ans et appréciées de toutes et tous. Pour toutes ces raisons et par amour pour la beauté si diverse de Genève, la deuxième minorité de la commission vous invite à soutenir le renvoi de cette pétition au Conseil d'Etat. Je vous remercie. (Brouhaha.)
La présidente. Merci. Je prie les groupes LJS et le PLR... S'il vous plaît, si vous voulez parler, vous sortez ! Merci. La parole échoit à Mme Fiss.
Mme Joëlle Fiss (PLR). Merci beaucoup, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs les députés, ce texte nous demande de préserver des installations initialement conçues comme des oeuvres temporaires. Pourtant, certaines sont présentes depuis plus de vingt ans, et avec le temps, elles sont devenues des éléments familiers du paysage genevois.
En commission, le PLR avait soutenu le dépôt de cette pétition. Nous avions considéré que le caractère temporaire et évolutif faisait partie intégrante du projet: certaines créations devaient laisser leur place à de nouvelles et permettre à d'autres artistes de s'exprimer. Je tiens toutefois à le dire clairement et en toute transparence, lors de son caucus, le groupe PLR a réexaminé le dossier et décidé de changer de position.
Une oeuvre peut être pensée comme temporaire au départ, puis, avec le temps, acquérir une nouvelle valeur. C'est exactement ce qui s'est passé avec les néons de Plainpalais, installés sur les immeubles autour de la plaine. Ces réalisations ne représentent plus seulement des installations lumineuses: elles sont devenues des repères, une signature visuelle de Plainpalais et de Genève. Elles ont trouvé leur place dans le paysage et ont suscité une affection populaire vis-à-vis du paysage urbain.
Pour le PLR, la bonne approche ne consiste pas à tout conserver à tout prix, mais à faire preuve de bon sens: examiner au cas par cas, tenir compte de l'état de l'oeuvre, des coûts, de la sécurité, de l'avis des artistes et des propriétaires. Détruire systématiquement, parce qu'un projet était temporaire à l'origine, nous paraît aujourd'hui un peu trop rigide. Pour ces motifs, le PLR souhaite transmettre cette pétition au Conseil d'Etat afin qu'il envisage la préservation de ces oeuvres et trouve une solution dans ce but. Merci.
M. Marc Falquet (UDC). En commission, un député UDC a voté non, un autre pour: c'est au choix ! Je ne sais pas pourquoi vous, le PLR, avez changé d'idée. Vous avez lu les messages affichés par ces néons ? Franchement, ce ne sont pas des messages universels qui vont durer, dont tout le monde se souviendra. (Commentaires.) Le premier, c'est «DIMANCHE» ! Bon, d'accord ! (Rires.) Après, on peut citer «YES TO ALL» ! Est-ce que c'est un message ? «YES TO ALL», ce n'est pas un bon message ! Surtout pour les parents. Il y a aussi «L'ODRRE N'A PAS D'IPMROTNCAE» ! Est-ce que c'est un message ? Il plaît peut-être à certains, mais quand même, tout débute par l'ordre. J'en cite un autre: «expodrome» ! Je ne sais pas ce que ça signifie. Faites comme vous voulez, mais je ne trouve pas que ces messages transcendent le Mur des réformateurs !
L'UDC a laissé la liberté de vote. On peut les enlever, on peut les laisser si ça plaît aux gens. Par contre, on ne va pas illuminer toute la ville, car si on continue à en placer un peu partout, comme vous le suggérez, ça engendrera une pollution lumineuse. Pour nous, ce n'est pas un sujet primordial, chacun votera par conséquent ce qu'il voudra.
La présidente. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. Subilia.
M. Vincent Subilia (PLR). Oui, oui ! Ce n'est pas une inadvertance de ma part, je ne résiste pas au besoin compulsif de reprendre la parole. Nous pourrions afficher sur la plaine de Plainpalais un slogan qui serait: «Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis.» C'est comme «L'ODRRE N'A PAS D'IPMROTNCAE» ou «YES TO ALL» aux bilatérales, par exemple, qui ont été plébiscitées cet après-midi, pour faire un peu de politique fédérale.
Mesdames et Messieurs, vous l'aurez entendu, le PLR reconsidère sa position avec un enthousiasme non dissimulé, parce qu'il est d'avis que ces enseignes lumineuses, cette signature, qui représentent plus qu'une pollution aux yeux de certains, contribuent au rayonnement de Genève.
Il est rare, et c'est pour ça que je prends la parole, que nous nous alignions sur les positions défendues par la gauche, et en particulier par le député Thévoz. Celui-ci se rappellera, s'inscrivant ainsi dans la politique de compromis qui a fait la force de notre beau pays, que ces oeuvres sont souvent le fruit de mécènes. Ces derniers sont très investis pour notre cité et contribuent par ce biais à la rendre encore plus lumineuse; lorsqu'il sera question de bien traiter ces mécènes, y compris fiscalement, le député Thévoz s'en souviendra. (Rires.) Je vous remercie de votre attention.
M. Jacques Jeannerat (LJS). Le groupe LJS a aussi changé d'avis. Il soutient la préservation du patrimoine artistique emblématique. Je souligne cependant la question des éléments techniques, économies d'énergie et modernisation. On pourrait modifier ces annonces lumineuses en y installant des LED pour une plus grande sobriété. Reste la question du coût. C'est bien à travers une motion que nous pourrons demander au Conseil d'Etat de procéder à son estimation, et nous comptons sur le gouvernement pour nous apporter par ailleurs une réponse pertinente quant à l'énergie que ces installations peuvent consommer. Nous vous recommandons de renvoyer cette motion au Conseil d'Etat.
Une voix. Bravo !
La présidente. Vous vouliez dire la pétition. (Remarque.) Pas de problème. Je cède la parole au rapporteur de première minorité, qui parle sur le temps de son groupe.
M. Sylvain Thévoz (S), rapporteur de première minorité. Merci beaucoup, Madame la présidente. Je voulais remercier le PLR et LJS d'avoir changé d'avis - le MCG et l'UDC le feront peut-être. Il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis, c'est vrai - ce serait en effet une belle enseigne à mettre sur la plaine de Plainpalais.
A propos de fiscalité, le PLR pourrait du reste poursuivre l'effort... (Rires.) ...et sur ce point aussi changer d'avis: on sait par exemple que Genève n'a cessé d'attirer les grandes fortunes depuis les dix dernières années. Je risque de flirter un poil avec le hors sujet: le PLR nous dit que Genève est un enfer fiscal, que tout le monde part, que nous ne sommes plus attractifs. On peut demander à Mme Fontanet, qui est sortie quelques minutes, elle répondra peut-être après. Les centimillionnaires: +40% entre 2014 et 2024 ! (Commentaires.) Les personnes ayant plus de 50 millions de fortune: +40% ! Depuis à peu près quinze ans, et peut-être même plus, Genève exerce une attractivité incroyable sur les énormes fortunes. Les personnes ayant plus de 100 millions de fortune: elles étaient 114, elles sont plus de 170 dix ans plus tard ! Cela est continu. Merci donc au PLR, merci à LJS, merci au MCG et à tous les partis de droite de reconsidérer le dogme de l'enfer fiscal genevois, comme ils l'ont fait habilement à propos de cette petite pétition sur les néons.
Je profite des quelques secondes qu'il me reste. En contexte de crise sociale grave, au moment où les primes d'assurance-maladie s'envolent, où tous les Genevois que vous rencontrez dans la rue sont comme ça... (L'orateur place ses deux index sous le menton.) ...où certains n'arrivent plus à payer leurs primes ou leurs loyers qui continuent d'augmenter, pensez à ce que vous avez voté sur ce texte: il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis !
Maintenons une fiscalité correcte, voire relevons-la - c'est notre opinion - autant que nécessaire pour permettre aux Genevoises et Genevois de demeurer à Genève, de profiter de l'art et de la culture ainsi que d'une aide sociale, car la fortune est présente à Genève ! Elle continue d'affluer, de couler à flots. Simplement, il convient de la taxer correctement ! Vous me pardonnerez cette petite digression, mais elle est au coeur de l'enjeu, du petit enjeu de cette pétition, dans la mesure où l'on me dit qu'il n'y a plus d'argent, qu'il faut enlever les oeuvres d'art parce que 100 000 ou 150 000 francs, c'est trop, et qu'il faut procéder à des coupes dans le budget ! Merci beaucoup de votre attention. (Commentaires.)
La présidente. Merci, Monsieur le député. (Remarque.) Nous sommes déjà passés aux rapporteurs, donc je cède la parole à Mme Bartolomucci, qui intervient sur le temps de son groupe.
Mme Céline Bartolomucci (Ve), rapporteuse de deuxième minorité. Merci, Madame la présidente. Je n'ai pas autant d'expérience que M. Thévoz, j'ai par conséquent du mal à me lancer dans des envolées lyriques telles que celle-ci, que je soutiens, bien évidemment. Puisque nous vivons un épisode de communion, je remercie moi aussi le PLR d'appuyer cette pétition. Je tiens également à remercier M. le député Falquet pour son intérêt envers la lutte contre la pollution, et lui indique qu'une excellente motion contre la pollution des eaux figure à l'ordre du jour ! (Rires. Applaudissements.)
La présidente. Je vous remercie. La parole revient à la rapporteuse de majorité. Enfin ! (La présidente rit.) Elle attend depuis un moment ! Madame Meissner, c'est à vous.
Mme Christina Meissner (LC), rapporteuse de majorité. Merci, Madame la présidente. Je crois que tout le monde a faim, ce qui ne veut pas dire que nous n'aimons pas l'art. Je tenais simplement, chers collègues, à revenir sur quelques points que j'ai entendus.
D'abord, on dit qu'il faudrait absolument procéder à une estimation sur ces oeuvres d'art, savoir combien coûte une rénovation, etc.: mais c'est déjà fait ! Pour une fois que l'on peut saluer la gestion commune d'un projet, à 50-50 - c'est une proportion idéale ! - par la Ville de Genève et le canton, à travers leurs fonds respectifs d'art contemporain ! C'est magnifique, c'est déjà le cas !
Ensuite, je me tourne du côté du PLR. Ce dernier parle peut-être de destructions systématiques, mais non ! Il n'y a pas de destructions systématiques, il est question de deux oeuvres d'art sur l'ensemble. Peut-être le PLR oublie-t-il que ces oeuvres se trouvent sur des immeubles de propriétaires privés dont la plupart sont connus - les Rentes genevoises, Darier, etc. - et que des conventions sont signées avec chacun pour en préserver le caractère éphémère ! Vous voudriez imposer à des privés la préservation de ces créations, quel qu'en soit le coût, au détriment de la rénovation des immeubles, alors que ceux-ci sont eux-mêmes en rénovation en ce moment ? Ça m'interpelle !
Je vous enjoins de déposer cette pétition, comme l'ancienne majorité l'avait souhaité en commission. Cependant, si l'on veut que le Conseil d'Etat - qui a toujours beaucoup de temps pour répondre à notre Grand Conseil sur bien des choses même si des explications nous ont déjà été données en commission - réponde une fois de plus, eh bien ma foi, chacun fera comme il voudra. L'art restera; éphémère ou non, il a son intérêt, mais en quelque sorte, la valeur ne se compte pas forcément en francs. Merci.
M. Thierry Apothéloz, conseiller d'Etat. Mesdames les députées, Messieurs les députés, Mme Meissner a raison: le Conseil d'Etat vous donnera la même réponse qu'il a donnée lorsqu'il a été auditionné. L'échange qui s'est déroulé en commission a été particulièrement riche, parce qu'il démontrait une certaine méconnaissance sur ce sujet. Il ne s'agit pas d'un seul projet avec une seule réalisation, mais d'un tout, qui évolue en fonction du temps. Au fond, c'est comme si un musée décidait de décrocher une oeuvre après vingt ans, parce qu'elle ne serait plus suffisamment intéressante pour être maintenue dans un corpus artistique.
Il s'agit de proposer aux visiteurs et aux visiteuses de nouvelles créations, et c'est ce que nous faisons. Lorsque nous pouvons effectuer une réparation, nous le faisons avec nos propres budgets, que ce soit le fonds municipal ou le fonds cantonal. Lorsqu'il est possible d'augmenter le nombre d'oeuvres à Plainpalais, nous le faisons: nous avons inauguré il y a à peu près neuf mois deux nouvelles réalisations. Si j'interviens, c'est pour vous dire à quel point nous sommes attachés à ce projet global au sein de ce magnifique endroit, et que nous y sommes particulièrement attentifs.
Je termine en relevant les différentes interventions dans lesquelles vous nous avez montré votre attachement à l'art contemporain: c'est une excellente nouvelle ! Merci beaucoup.
La présidente. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Nous passons au vote sur ce texte, en commençant par le dépôt.
Mises aux voix, les conclusions de la majorité de la commission des pétitions (dépôt de la pétition 2260 sur le bureau du Grand Conseil à titre de renseignement) sont rejetées par 56 non contre 28 oui et 1 abstention.
Mises aux voix, les conclusions de la minorité de la commission des pétitions (renvoi de la pétition 2260 au Conseil d'Etat) sont adoptées par 58 oui contre 26 non et 1 abstention (vote nominal).