République et canton de Genève

Grand Conseil

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RD 1655
Commémoration du 500e anniversaire du Grand Conseil

La secrétaire générale adjointe. Mesdames et Messieurs, je vous invite à regagner vos places et vous prie de bien vouloir vous lever pour l'entrée du cortège.

(Le cortège se forme dans la cour de l'Hôtel de Ville, composé comme suit: deux tambours de la Compagnie de 1602, le sautier portant la masse, six membres de la Compagnie de 1602 - cinq membres du Conseil des Deux-Cents et un syndic -, deux huissiers du Grand Conseil du canton de Genève, la présidente du Grand Conseil du canton de Genève, la présidente du Grand Conseil du canton de Berne, le premier vice-président du Grand Conseil du canton de Fribourg, les membres du Bureau du Grand Conseil du canton de Genève, le président et la vice-présidente de la Compagnie de 1602.

Les deux tambours démarrent tandis que le cortège monte la rampe en direction de la salle des Pas-Perdus. Des porteurs de flambeaux sont positionnés le long du parcours. Dans la salle des Pas-Perdus, les deux tambours se placent devant la porte de la salle du Conseil d'Etat, puis cessent de jouer.

Dans la salle du Grand Conseil, quatre trompettistes de la Compagnie de 1602 commencent à jouer pour l'entrée du cortège. Les participants prennent place à l'endroit qui leur a été attribué. Les deux huissiers se tiennent debout de chaque côté de l'estrade.)

La présidente. Madame la présidente du Grand Conseil de Berne,

Monsieur le premier vice-président du Grand Conseil de Fribourg,

Monsieur le président du Conseil d'Etat,

Mesdames les conseillères d'Etat et Messieurs les conseillers d'Etat,

Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil,

C'est avec un grand plaisir que j'ouvre la cérémonie marquant la commémoration du cinquième centenaire de notre Grand Conseil, créé en 1526 sous le nom de Conseil des Deux-Cents. Je salue à la tribune les anciennes présidentes et anciens présidents du Grand Conseil qui ont annoncé leur présence: Mmes Christine Sayegh, Hélène Braun-Roth, Marie-Françoise de Tassigny et Anne Mahrer, MM. Antoine Barde, Gabriel Barrillier, Diego Esteban, Jean-Luc Forni, Renaud Gautier, François Lefort, Bernard Lescaze et Eric Leyvraz ainsi que Mme Maria Anna Hutter, ancien sautier.

Permettez-moi de souhaiter une cordiale bienvenue dans cette salle à nos deux alliés du XVIe siècle, les cantons de Berne et de Fribourg, qui ont non seulement affermi l'indépendance de Genève face aux velléités du duc de Savoie, mais également donné une impulsion à la création de notre parlement, qui est en effet inspiré de leur modèle.

Lorsqu'on parcourt l'histoire politique genevoise, on distingue une tendance profonde allant vers un renforcement de la démocratie. Nous avons certes souffert des coups d'arrêt, voire des régressions, mais qui ne remettent pas en cause cette évolution.

Les premiers pouvoirs civils sont obtenus de l'évêque Adhémar Fabri en 1387: quatre syndics sont élus et un Conseil général des citoyens est créé. Au cours des décennies qui suivent, les Genevois invoquent ces droits pour s'opposer aux tentatives d'annexion de la Savoie.

En 1519, une première alliance est conclue avec Fribourg, mais Genève doit y renoncer sous la pression des armes du duc Charles III, surnommé Charles le Bon. L'était-il vraiment pour Genève ? Le rapprochement avec Berne et Fribourg est entravé une dernière fois par ce même duc en 1525 au cours du Conseil des hallebardes où les citoyens genevois, assemblés en Conseil général et encerclés par les soldats du duc, doivent y renoncer. Sitôt l'armée du duc partie, la majorité est renversée et le traité de combourgeoisie conclu et ratifié.

Nos gouvernants d'alors ont su jouer de l'équilibre entre les puissances pour faire conserver à Genève son statut de république indépendante tandis que d'autres villes-Etats étaient absorbées ou annexées. D'abord, l'alliance avec Berne et Fribourg tient la Savoie en respect, puis le soutien du roi de France modère les ardeurs de Berne en direction de notre république après la disparition temporaire de la Savoie.

Durant les siècles suivants, les différents pouvoirs de notre cité interagissent, se confrontent ou s'affrontent pour déterminer les compétences de chacun: Petit Conseil, Conseil des Deux-Cents, Conseil général. Il faudra bien quelques exécutions de têtes qui dépassent, quelques révolutions - quelques gifles, aussi - pour en arriver aux institutions pacifiées que nous connaissons aujourd'hui.

Quels enseignements tirer de ce parcours ? D'une part, le choix de Berne et de Fribourg a été judicieux, puisqu'il n'a cessé de renforcer les liens entre Genève et les Confédérés jusqu'à l'adhésion pleine et entière de notre canton à la Confédération suisse en 1815; d'autre part, la défense de notre indépendance et de notre système démocratique demeure profondément enracinée dans nos institutions.

Cependant, il ne faut jamais se reposer sur ses lauriers. Nos institutions démocratiques pluriséculaires peuvent nous sembler aller de soi, comme si elles étaient immuables. Bien sûr, nous devons faire preuve de reconnaissance pour la stabilité politique que nous connaissons, sans oublier toutefois que celle-ci a connu des soubresauts à travers les âges, ainsi que cela est relaté dans la plaquette commémorative qui se trouve sur vos places.

Mais cette longévité ne constitue pas une garantie de permanence: les nouvelles technologies de l'information, un certain individualisme, l'esprit genevois critique ou simplement le désintérêt d'une partie de nos concitoyennes et concitoyens pour la chose publique peuvent remettre en question l'organisation politique qui est la nôtre. La critique est souvent facile et méconnaît le fait que nos institutions fonctionnent; elles fonctionnent même bien, mais à bas bruit. Nous devons donc nous montrer fiers de notre Grand Conseil, de sa riche histoire et de son rôle de garant de notre paix civile et de notre prospérité.

Au moment de conclure cette intervention, je ne peux que vous engager à conserver le petit présent qui a été déposé sur vos tables, à savoir un stylo commémoratif qui vous invite - qui nous invite - à écrire la prochaine page de la vie politique genevoise. Vive Genève, Berne et Fribourg ! Vive la Suisse ! (Applaudissements.)

Vous pouvez maintenant vous asseoir. J'ai le plaisir de passer la parole à Mme Edith Siegenthaler, présidente du Grand Conseil du canton de Berne.

Mme Edith Siegenthaler, présidente du Grand Conseil du canton de Berne.

Madame la présidente, chère Ana,

Monsieur le premier vice-président, cher Bernhard,

Mesdames et Messieurs les membres du Grand Conseil et du Conseil d'Etat,

C'est un grand plaisir et un honneur pour moi de venir vous transmettre aujourd'hui, dans cette magnifique salle du Grand Conseil de Genève, les salutations du Grand Conseil bernois.

Nous célébrons les cinq cents ans du traité de combourgeoisie entre Berne, Fribourg et Genève, conclu le 8 février 1526 pour vingt-cinq ans à l'origine. On a bien du mal à comprendre les tenants et aboutissants d'une telle alliance entre ces trois entités étatiques si l'on en juge par leurs frontières actuelles.

En effet, le canton de Berne est certes limitrophe avec celui de Fribourg, mais pourquoi avoir conclu un traité avec Genève ? En raison de la Réforme, peut-être ? Rappelons-nous que la Réforme bernoise ne s'impose qu'en 1528, celle de Genève pas avant 1536. A ce propos, Zwingli jouera un rôle essentiel dans la première et Calvin dans la seconde.

Si nous regardons cinq cents ans en arrière, force est de constater qu'il y a aujourd'hui un grand absent dans cette salle - je veux parler de nos voisines et voisins du canton de Vaud. Cette alliance contractée en 1526 a permis à Berne de conquérir les territoires vaudois et profondément modifié les rapports de force sur le plan politique au sein de l'ancienne Confédération.

Depuis - on l'a entendu -, les temps ont bien changé, fort heureusement. La Révolution française est passée par là, entraînant d'amples reconfigurations de l'ancienne Confédération. A l'heure actuelle, nous pouvons nous féliciter d'évoluer dans trois cantons - ceux de Genève, de Fribourg et de Berne - tous dotés d'une constitution moderne au sein d'un Etat fédéral moderne. Dans le cas de Berne, on pourrait même dire que ce sont trois cantons modernes qui ont vu le jour si nous pensons à la création de Vaud et du Jura.

A présent, que reste-t-il de cette alliance ? Ma réponse est la suivante: tout au long de cette période, Berne a renforcé son rôle de pont vers la Suisse romande, rôle qui est et demeure important à nos yeux. Nous sommes un canton bilingue; pour nous, il est crucial d'entretenir de bonnes relations tant avec la Suisse alémanique qu'avec la Suisse romande, de faire preuve de compréhension à l'égard des autres, d'échanger nos idées, de pratiquer l'art de la discussion, d'avoir conscience que nous pouvons être du même avis ou pas, de garder à l'esprit le devoir de respect et de soutien mutuels qui nous lie lorsque l'heure est grave.

C'est ce qui s'est produit au début de cette année, au moment du terrible incendie à Crans-Montana: nous avons fait preuve de solidarité, nous nous sommes aidés les uns les autres, pas seulement à l'échelle de nos trois cantons, mais de la Suisse tout entière ainsi que par-delà les frontières.

C'est cet esprit-là de solidarité et d'entraide que j'appelle de mes voeux pour l'avenir, notre avenir commun: montrons-nous unis et solidaires par-delà les frontières, qu'elles soient linguistiques ou autres. Vous souhaitez poursuivre ce chemin avec nous, commémorer aujourd'hui ces liens qui nous sont chers, et je vous en remercie chaleureusement. (Applaudissements.)

La présidente. Merci, Madame la présidente. A présent, j'ai le plaisir de céder la parole à M. Bernhard Altermatt, premier vice-président du Grand Conseil du canton de Fribourg.

M. Bernhard Altermatt, premier vice-président du Grand Conseil du canton de Fribourg.

Mesdames la présidente et la première vice-présidente,

Monsieur le deuxième vice-président,

Chères et chers députés,

Monsieur le sautier,

Sehr geehrte Frau Präsidentin des Grossen Rates,

Monsieur le président du Conseil d'Etat,

Mesdames et Messieurs les conseillères et conseillers d'Etat,

Mesdames et Messieurs en vos titres et fonctions,

C'est mû par un sincère sentiment de fraternité que je vous adresse mes remerciements pour votre invitation étendue au Grand Conseil du canton de Fribourg que j'ai l'honneur de représenter ce soir ici à Genève. Je vous transmets les chaleureuses salutations et félicitations des autorités de mon canton, lequel entretient des liens historiques pluriséculaires et une relation spéciale avec Genève, même si nous nous trouvons aux pôles opposés de l'espace suisse romand et que le Genève-Servette HC n'arrivera jamais à la cheville du HC Fribourg-Gottéron... (Rires. Huées.) ...und ebensowenig der SC Bern ! (Rires.) Mais trêve de plaisanterie - à la différence de vous, nous Fribourgeois courons toujours après le titre du championnat !

Cinq cents ans, un demi-millénaire, c'est à la fois beaucoup et peu. C'est beaucoup en regard de la durée de vie d'un homme ou d'une femme politique, ce qui doit nous inspirer un sentiment d'humilité au niveau individuel et de fierté sur le plan collectif. Mais ce n'est pas grand-chose dans une cité comme la mienne et encore moins dans la vôtre, dont les racines remontent à l'époque gallo-romaine.

Le hasard fait bien les choses: en 2022, nous avons célébré à Fribourg les cinq cents ans de l'Hôtel cantonal, qui héberge le Grand Conseil et qui a été intégralement rénové en amont de ce jubilé. La salle du Grand Conseil fribourgeois constitue la plus ancienne enceinte parlementaire de Suisse. Ce serait pour moi personnellement et pour notre Conseil un honneur de vous y accueillir à une occasion convenable en 2027. Il s'agit d'une invitation officielle... les secrétariats généraux en prennent note ! (Rires.)

Bastion du catholicisme suisse à partir de la Réforme - un moment de l'histoire suisse et européenne qui revêt une importance particulière à Genève -, Fribourg n'a pourtant jamais renoncé à entretenir les relations étroites qui le lient à la cité de Calvin depuis le XVIe siècle. Comme avec Berne et Soleure, Fribourg et Genève ont signé des traités de combourgeoisie, des alliances promettant soutien et assistance mutuels en cas de menace extérieure.

Dans l'Hôtel cantonal de Fribourg, un beau vitrail commémore la combourgeoisie de 1519, précurseure de celle de 1526 qui nous permet de célébrer les cinq cents ans de votre Grand Conseil en ce 12 février 2026. Bien plus tard, en 1814, l'activation de ces mêmes alliances permit un secours tant symbolique que réel à Genève, entre autres avec l'arrivée des troupes fribourgeoises au Port-Noir.

Cette mobilisation a préfiguré l'entrée de votre canton au sein de la Confédération suisse. Et c'est avec un plaisir continu que j'assiste chaque année à la célébration du 1er juin en compagnie d'amis genevois, notamment de Salévia, société universitaire d'anciens et d'étudiants actifs ici, à Genève.

L'historien contemporanéiste que je suis ne peut renoncer à souligner les dimensions transnationales des événements qui ont fait que votre canton est devenu suisse ou, pour inverser la perspective, qui ont fait que la Confédération suisse put accueillir Genève au début du XIXe siècle. Ce fut bel et bien le congrès de Vienne qui décida du rattachement de Genève à la Suisse; il le fit sur la base de critères qui tenaient de considérations tant d'histoire régionale que de politique internationale - aujourd'hui, on parlerait d'enjeux géopolitiques. L'histoire européenne a ainsi fait que l'intégralité des rives nord du lac de Genève sont devenues et resteront helvétiques.

Mesdames et Messieurs les députés, vous incarnez l'autorité politique suprême au sein de votre Etat cantonal, vous êtes élus démocratiquement par la population genevoise, mandatés pour légiférer et contrôler le gouvernement, vous avez pour mission d'accompagner le présent et de tracer l'avenir de la collectivité, de représenter les sensibilités les plus diverses, de sentir les préoccupations qui animent la société, puis de les traduire en mesures politiques et administratives.

Ce sont là des tâches que nous partageons dans tous les parlements cantonaux, ce sont des tâches que nous avons décidé, du moins en Suisse occidentale, de rassembler dans les domaines où cela est indispensable ou judicieux. Le Bureau interparlementaire de coordination (BIC) et la Convention sur la participation des parlements (CoParl, pour les initiés) sont l'expression de cette volonté de mise en commun des ressources et surtout de l'intelligence et des forces vives de nos Conseils.

Ich erlaube mir an dieser Stelle, kurz in die deutsche Sprache zu wechseln. Für uns als Freiburger genauso wie für unsere Berner Kolleginnen und Kollegen sind die Zweisprachigkeit und die sprachliche Vielfalt wichtige Teile der kantonalen Identität. Bern gehört zur zweisprachigen Westschweiz und hat im Südjura ausgedehnte französischsprachige Gebiete. Es wäre uns im Rahmen der interparlamentarischen Kooperation eine sehr grosse Freude und ein echtes Anliegen, auch im Sinne der Bernjurassier, wenn Ihr Kanton, sehr geehrte Frau Präsidentin des Grossen Rates, dereinst Teil der westschweizerischen Parlamentskooperation würde.

Mesdames et Messieurs, en tant que Fribourgeois de langue allemande, j'ai l'habitude de défendre les minorités linguistiques dans notre pays. Comme Fribourg et Berne avec leurs deux langues, Genève fait vivre le plurilinguisme helvétique.

Votre canton héberge la plus grande ville de Suisse romande, même si d'autres cités lémaniques tentent parfois de disputer à Genève ce statut de capitale romande pour de simples raisons de centralité géographique ! (Rires.)

Loin de moi l'idée de vouloir trancher dans cette saine concurrence entre villes et cantons voisins, et surtout pas dans le cadre solennel qui est le nôtre aujourd'hui. Nous sommes en effet réunis ici pour célébrer l'entente confédérale, pour commémorer l'histoire de l'organe politique suprême de l'Etat genevois que vous représentez et pour célébrer la démocratie vivante au sein de notre pays. Mais sachez une chose: der Genfersee, comme on l'appelle... (Rires. Applaudissements.) Der Genfersee, comme on l'appelle tout naturellement en allemand, sera toujours pour moi d'abord le lac de Genève, et seulement ensuite le lac Léman ! (Rires. Applaudissements.)

Longue vie à votre institution, que la collaboration entre nos cantons puisse continuer à prospérer ! Vivant, crescant, floreant Genava, Berna, Friburgum et Confoederatio Helvetica ! Je vous remercie de votre attention. (Applaudissements.)

Une voix. Bravo !

La présidente. Merci, Monsieur le premier vice-président. Mesdames et Messieurs, notre cérémonie de ce jour marque le début des célébrations du 500e anniversaire du Grand Conseil dont je vous présente les prochains rendez-vous.

Pour commencer, en cette fin de semaine, le pont du Mont-Blanc sera pavoisé avec le logo du 500e et le jet d'eau éclairé aux couleurs de Genève. En avril se tiendra un concours de pâtisseries sur le thème du «cinq cents feuilles»; vous pourrez déguster la pâtisserie lauréate lors du renouvellement du Bureau au mois de mai.

Le samedi 10 octobre prochain aura lieu une journée portes ouvertes à l'Hôtel de Ville dans le cadre de la semaine de la démocratie avec des séances fictives du parlement. Enfin, en novembre, un spectacle son et lumière sera organisé dans la cour de l'Hôtel de Ville pour permettre à la population de s'approprier cet anniversaire dans ce lieu emblématique de nos institutions.

Avant de conclure cette séance, je remercie M. Pierre Flückiger, archiviste cantonal, M. Bernard Lescaze, ancien président du Grand Conseil, et le secrétariat général du Grand Conseil pour la réalisation de la plaquette commémorative que vous avez trouvée sur vos places.

Plaquette commémorative

La présidente. Je remercie également pour leur présence les membres de la Compagnie de 1602, à savoir les porteurs de flambeaux, les tambours et les trompettes, les représentants du Conseil des Deux-Cents et les syndics ainsi que le président et la vice-présidente de la compagnie.

Après le chant de la première strophe du «Cé qu'è lainô», vous êtes conviés à un apéritif à la salle des Pas-Perdus. Je vous invite maintenant à vous lever pour entonner notre hymne, accompagnés par les trompettes de la Compagnie de 1602. (L'assemblée chante le «Cé qu'è lainô». Applaudissements.)