République et canton de Genève

Grand Conseil

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M 3193
Proposition de motion de Louise Trottet, Emilie Fernandez, Ana Roch, Sylvain Thévoz, Grégoire Carasso, Angèle-Marie Habiyakare, Nicole Valiquer Grecuccio, Jean-Marc Guinchard, Thierry Cerutti, Julien Nicolet-dit-Félix, Uzma Khamis Vannini, Jacques Blondin, Clarisse Di Rosa, Alia Chaker Mangeat, Léo Peterschmitt, Dilara Bayrak, Pierre Eckert, Thomas Wenger : Concorde espace culture
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session VIII des 22 et 23 janvier 2026.

Débat

La présidente. Nous terminons nos urgences avec la M 3193, traitée en catégorie II, trente minutes. Je donne la parole à son auteure, Mme Louise Trottet.

Mme Louise Trottet (Ve). Merci, Madame la présidente. Mesdames les députées, Messieurs les députés, une fois n'est pas coutume, on va parler de beauté; on va parler de culture, de cohésion sociale; on va parler de danse, de rap, de logement aussi, de formation, d'hôtellerie et de restauration. Ça paraît un peu farfelu, pourtant tout ça est lié. Tout ça ensemble, et bien plus d'ailleurs, c'est Concorde espace culture, censé ouvrir à Vernier en septembre de cette année. Le génie de ce projet est de mettre ensemble tous ces éléments qui répondent à des besoins différents de cette commune, mais avec une direction conjointe, une vision identique. Tout ça dans une ville qui n'est pas particulièrement dotée en équipements publics qui vendent du rêve - dans une ville qui, au vu de l'actualité récente, a bien besoin de rêves.

Pourquoi traite-t-on cet objet ce soir, hormis pour le plaisir d'en parler ? Eh bien tout simplement parce que ce projet pourrait ne pas ouvrir en septembre faute d'argent. Il ne s'agit pas de chercher des coupables, mais de tirer tous ensemble à la même corde et d'envoyer ce soir ce texte au Conseil d'Etat pour doter Concorde espace culture d'un financement qu'il mérite - il est question d'un projet d'envergure cantonale, avec un rayonnement qui ira bien au-delà. Il s'agit aussi de refuser l'amendement de la droite, qui propose de compenser ce subventionnement. La culture n'est déjà pas particulièrement bien dotée au niveau cantonal, et essayer encore de procéder à une compensation dans ce domaine ne nous paraît pas entièrement convaincant. Pour ces raisons, merci de voter cette motion sur le siège et de renvoyer ce texte au gouvernement. (Applaudissements.) 

Mme Nicole Valiquer Grecuccio (S). Le parti socialiste est évidemment convaincu que Concorde espace culture est une pièce maîtresse qui s'inscrit dans la loi pour la promotion de la culture et de la création artistique. Il est également persuadé que le CFC danse trouvera là un superbe espace qui permettra de faire rayonner la danse bien au-delà de la commune. Tout comme il est convaincu que les studios mis à la disposition de la danse ainsi que les salles de musique répondent à un besoin crucial des artistes, auxquels manquent des locaux de répétition et de création. Sans compter, bien évidemment, les pièces maîtresses que seront les logements pour étudiants et, bien sûr, la salle magnifique de Concorde. Nous sommes certains, au parti socialiste, que vous partagez cette même conviction que la culture est quelque chose d'essentiel. Vous l'avez en effet tous dit durant la période du covid.

Nous devons rendre hommage aux personnes qui se sont engagées dès le début pour ce projet; je pense notamment à M. Ronget, qui serait sûrement très fier de voir ce projet aujourd'hui abouti, et au conseiller administratif actuel, M. Staub. Ça montre qu'il n'est pas question de figures politiques membres d'un parti plutôt que d'un autre, mais de personnes qui se sont résolument engagées pour la culture, qui vont faire rayonner cet espace non seulement au niveau communal, mais aussi au niveau régional, et qui, surtout, vont insérer un équipement culturel majeur sur la rive droite. Voilà un très bel effet de ce magnifique projet.

Nous demandons au Conseil d'Etat d'intégrer ce projet dans ses futurs arbitrages. En effet, quand on lit le dernier projet de budget, on s'aperçoit que le gouvernement, dans ses arbitrages, avait décidé de renoncer à ce projet, estimant que Concorde pouvait s'organiser pour couvrir la période de septembre à décembre 2026. Pourtant, on le voit, Concorde a besoin du soutien du canton pour ouvrir comme il se doit en septembre 2026.

Avec conviction, nous demandons au Conseil d'Etat de s'engager pour ce projet majeur qui, encore une fois, sera porteur sur la rive droite. Nous n'allons pas voter l'amendement, car il ne s'agit pas de procéder à une compensation, mais de dire à l'Etat: engagez-vous sur l'ensemble du budget du canton pour ce projet afin de faire rayonner cette commune et la culture. Merci.

Mme Christina Meissner (LC). Mesdames et Messieurs les députés, le projet de Concorde espace culture ne date pas d'hier: en 2012, alors que je siégeais au Conseil municipal de Vernier, on en parlait déjà, sauf qu'il était question de construire une maison de la danse. A l'époque, le Conseil administratif de Vernier promettait que ce projet serait viable et que les financements étaient trouvés ou le seraient.

Entre-temps, la commune de Vernier a dû allonger des millions afin de payer l'étude, la construction de ce centre, dont le coût s'élève à près de 140 millions de francs, un premier cautionnement de 10 millions suivi d'un deuxième de 10 millions, aboutissant à un cautionnement solidaire de 67 millions aujourd'hui.

Les travaux se sont poursuivis et le centre ouvrira en septembre. Mais comment garantir son fonctionnement ? Il est évident qu'avec un tel coût, il faut élargir le spectre de ses activités afin d'assurer des revenus. Aussi, ce centre abritera des logements pour étudiants, un hôtel, un restaurant, etc. Néanmoins, avec 45 ETP et des auxiliaires qui devront être rémunérés, il est loin d'être certain que les revenus de ces activités et le subventionnement annuel de la commune de Vernier de 1,2 million suffiront. Pour une juste répartition des charges en matière culturelle, il est aussi clair qu'un subventionnement du canton est nécessaire, même si, je vous le rappelle, l'Etat a déjà fait un effort en cédant gratuitement certains terrains à travers la loi 13341.

Le Centre votera la motion, qui demande un subventionnement cantonal, mais dans sa version amendée, pour que les chiffres du soutien à la culture restent maîtrisés. A combien s'élèvera la subvention cantonale annuelle en 2026 et dans les années suivantes ? On a entendu des chiffres qui vont de 1,5 à 7 millions par an. On n'est pas dans l'épaisseur du trait ! Merci donc au Conseil d'Etat de nous informer ce soir de sorte que nous puissions nous engager de manière éclairée. (Brouhaha.) 

La présidente. Excusez-moi, Madame la députée. Est-ce que l'UDC peut faire un tout petit peu...

Une voix. J'ai rien dit ! (Commentaires. Rires.) 

La présidente. Si, si, si ! Merci ! Madame la députée, vous pouvez continuer.

Mme Christina Meissner. Merci, Madame la présidente. Je disais que pour que nous puissions voter ce soir cette motion, le conseiller d'Etat est invité à nous informer sur le véritable subventionnement de ce projet, c'est-à-dire non seulement pour 2026, mais aussi pour les années suivantes. On est loin, loin d'être certain que même avec ces appuis financiers, la faillite ne se profile pas et qu'au final on dépense beaucoup, beaucoup plus d'argent au niveau cantonal. Je vous remercie.

M. Jacques Béné (PLR). Je vais quand même dire merci à Mme Trottet et à ceux qui ont signé ce texte, parce qu'il permet effectivement de donner un avis clair sur ce qu'on attend du Conseil d'Etat: des arbitrages, mais pas des arbitrages comme celui qu'on nous propose aujourd'hui. A la sous-commission des finances, M. Apothéloz nous a en effet précisé qu'un arbitrage avait été décidé et qu'il n'y aurait rien pour Concorde en 2026. Certains députés ont toutefois entendu autre chose: ce serait plutôt un oubli. Alors je veux bien que dans le plan de financement, une subvention pour Concorde soit prévue pour 2027-2028, mais rien n'était envisagé pour 2026 dans le cadre de l'accord de 2022 ou 2023.

Ce que je tiens à rappeler, c'est qu'en fait, selon moi, l'ensemble des partis de ce Grand Conseil... D'ailleurs, la LPCCA a été votée à l'unanimité et la population a plébiscité l'initiative. Nous sommes donc tous en faveur de la culture.

Maintenant, il faut faire des choix. Des lignes génériques figurent dans le budget sur les arts vivants, sur la création. Chaque semaine ou presque, on a le point presse du Conseil d'Etat qui fait part de l'ensemble des subventions versées à discrétion soit du gouvernement soit du département. Pourtant, à mes yeux, il existe un vrai problème de communication au sujet de la culture et de ce qui est en train de se faire, parce qu'on n'arrête pas d'en rajouter: chaque année, le budget de la culture augmente, sans que l'on ait une vision véritablement claire.

Je n'ai plus entendu parler de l'organe de concertation. Est-ce qu'il a été sollicité pour ce projet ? Je ne sais pas. Je pense qu'aujourd'hui, on n'a pas les moyens de subventionner Concorde, mais on peut les trouver, et ce dans le budget du DCS. Voilà pourquoi l'amendement qui vous est proposé demande qu'il y ait une compensation et que le DCS trouve dans la politique publique D 01 «Culture» les moyens pour au moins faire démarrer Concorde. Il est vrai que c'est très inquiétant: s'il faut effectivement verser 7 millions par année à partir de 2027 ou 2028 alors que 1 million était prévu, on peut se faire du souci pour les budgets cantonaux compte tenu de ce que le Conseil d'Etat devra nous présenter comme mesures d'ici le mois de juin.

En conclusion, je vous invite à poursuivre ce partenariat public-privé et à voter l'amendement et la motion. Il est évident que si l'amendement n'est pas accepté, nous ne pourrons pas soutenir cette motion, non parce que nous sommes opposés à Concorde espace culture, mais parce que nous sommes favorables à la préservation des finances publiques. Je vous remercie.

M. Marc Saudan (LJS). Concorde espace culture fait partie d'un grand projet cantonal situé à Châtelaine, on l'a dit; c'en était même le fer de lance. Cet espace de culture était pensé comme une institution d'importance stratégique, et un accord préalable sur un financement partagé entre le secteur public - canton de Genève et commune de Vernier - et le secteur privé avait été conclu.

En ce qui concerne les montants, il est clair que pour 2026, étant donné que la saison n'est pas complète, le canton devra verser environ 2 millions afin que cet espace dédié à la danse puisse fonctionner et, surtout, prévoir la saison culturelle de l'année prochaine. Il est du reste déjà en contact avec plusieurs troupes en Europe et a déjà un joli programme à présenter à la population genevoise.

La direction de Concorde espace culture a contacté le département en avril dernier pour discuter de ce financement. Malheureusement, vos tâches ne vous ont pas permis, Monsieur le conseiller d'Etat, de vous rendre à cette réunion, et malgré sa relance, elle n'a jamais véritablement reçu de réponses du département. Je peux comprendre que la subvention pour 2026 soit tombée dans l'oubli et n'ait pas été prévue dans le budget que vous aviez élaboré, mais la valeur d'un homme politique consiste aussi à reconnaître les erreurs de ses services. Je pense qu'il est important, ce soir, de donner ce message et que vous puissiez dire que ce financement sera assuré. LJS soutient bien entendu l'amendement: ce subventionnement doit être compensé dans votre budget. Merci.

M. Christo Ivanov (UDC). Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, il convient de dire que le projet Concorde est très beau et très ambitieux. En effet, le plan financier repose sur le fait que l'hôtel et le restaurant puissent financer une grande partie de ce projet culturel. Néanmoins, compte tenu de la situation économique actuelle, cela est quand même optimiste.

Ce projet est mal parti; il semble que cela ne soit plus la concorde, mais plutôt la discorde, voire la miséricorde. Il y a eu un grand raté, paraît-il, au niveau du département qui a oublié de rajouter cette ligne dans les investissements du budget 2026, ce qui est absolument incroyable. Cela est inquiétant pour l'avenir de ce beau projet. Pour conclure, le groupe UDC soutiendra l'amendement qu'il a signé avec le groupe PLR et votera la motion amendée. Je vous remercie.

M. Yves Magnin (LC), député suppléant. Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, j'ai hésité à prendre la parole, parce que je suis, enfin j'étais, conseiller municipal à Vernier, vous le savez - je le suis peut-être, on verra ce qu'il va se passer. (Exclamations.) Tout est incertain.

Très sincèrement, je me trouvais dans une situation assez peu sympathique. (La présidente agite la cloche pour indiquer qu'il reste trente secondes de temps de parole.) Ce qui doit ressortir et être porté à votre attention, c'est que la FODAC, qui gère la totalité des immeubles de la Concorde et qui est en main de Vernier, a convenu avec la commune d'un cautionnement solidaire. La commune a donc garanti 67 millions d'emprunt.

La présidente. Monsieur le député, je suis navrée, mais vous êtes arrivé à la fin de votre temps de parole.

M. Yves Magnin. Je termine dans deux secondes. Or, si cet emprunt n'est pas honoré dans les délais, sans autre procédure, à la première réquisition, c'est Vernier qui payera 67 millions, soit la moitié de son budget annuel. Merci.

M. François Baertschi (MCG). Ce qui est inquiétant dans cette affaire, c'est que ce Conseil d'Etat fait beaucoup de promesses, en fait énormément, mais ne les tient pas. On en a la preuve ici, dans la mesure où il n'a pas les moyens de ses ambitions. C'est une réalité, et malheureusement cela cause des victimes, dans ce cas le centre de la Concorde, comme on dit, ce nouveau centre, de dimension cantonale, qui doit ouvrir. On nous a vendu du rêve, maintenant nous sommes face à la réalité, c'est-à-dire une équipe qui n'a pas les moyens d'ouvrir ce centre; nous, le Grand Conseil, devons venir en pompiers pour essayer, en quelque sorte, d'éteindre l'incendie budgétaire, ce qui n'a malheureusement pas été prévu.

A mes yeux, il faudrait que de manière globale, le Conseil d'Etat se ressaisisse, arrête de nous faire de très grandes promesses, soit beaucoup plus réaliste et pense d'abord à aller à l'essentiel. Quant à nous, le Grand Conseil, nous formons juste une autorité qui vote les budgets, qui contrôle, qui peut éventuellement envoyer des impulsions - et encore, elles ne sont pas toutes suivies -, qui peut rédiger des lois, bien évidemment.

Cependant, nous, le Grand Conseil, sommes bien embêtés, parce que nous voyons que nous sommes dans une impasse et que ce que nous allons faire, ce que nous allons voter risque de ne servir à rien, si ce n'est envoyer un signal qui consiste à dire au Conseil d'Etat: «Arrêtez de faire des promesses à tous les milieux, culturel, sportif et autres, si vous n'avez pas les moyens de les assumer.»

Nous voterons bien évidemment cette motion, parce qu'il est vrai qu'il y a eu un immense raté à ce sujet. Il y a les problèmes budgétaires, il y a le problème fiscal, je l'entends bien; malgré tout, il est vrai qu'un manque de responsabilité général est manifeste. Quel est le manque de responsabilité du gouvernement ? Voilà ce que nous devons déplorer ce soir, malheureusement. Merci, Madame la présidente.

M. Thierry Apothéloz, président du Conseil d'Etat. Je vais vous faire un aveu: j'aime bien cette motion. Je l'aime bien, parce qu'elle parle de la culture et de son besoin croissant au sein d'une société de plus en plus fragmentée. Or, la culture participe à ce que nous puissions vivre en communauté, avec des objectifs importants et intéressants. Je suis ravi d'entendre aussi, par l'entremise de cet objet, des déclarations d'amour à la culture. Néanmoins, cet objet vous confronte à des choix politiques budgétaires, puisque la culture ne peut pas vivre que d'elle-même: nous sommes également dépendants des budgets votés. Je vais y revenir.

Il est effectivement rare de voir dans notre canton une nouvelle institution culturelle comme Concorde. La dernière en date est le musée de la bande dessinée, dont le budget de fonctionnement n'est pas achevé: nous devrons encore travailler quelques années à cette fin.

Une autre raison pour laquelle j'aime bien ce texte, c'est qu'il confirme tout l'intérêt de cette nouvelle loi sur la promotion et la création artistique. Cette dernière permet justement au canton d'être un acteur dans le domaine culturel pour des institutions dites stratégiques, comme cela a été effectivement évoqué dans le cadre de l'Accord pour la politique culturelle de Genève de 2022 avec la mention du projet Concorde.

J'aime bien cette motion, parce qu'elle vous confronte à des choix politiques. Vous avez fait le choix de ne pas voter le projet de budget 2026 - nous fonctionnons donc pour l'instant en douzièmes provisoires. Aussi, nous travaillons à l'élaboration d'une deuxième version pour le mois de mars prochain, avec des intentions financières explicites, ou implicites de la part de certains membres de la commission des finances, qui consistent à présenter une deuxième version du projet de budget 2026 en dessous de la première version.

Si vous pensez un seul instant que parmi les priorités du Conseil d'Etat, s'agissant des éléments essentiels qu'il va devoir sauvegarder parmi les injonctions que vous avez données... Oui, je vais me battre pour que cet objet culturel puisse en faire partie. Le gouvernement, dans sa majorité, se prononcera en effet d'une part sur les crédits supplémentaires pour le fonctionnement en 2026 et d'autre part sur la deuxième version du projet de budget 2026. Or, c'est là que nous verrons si les déclarations d'amour à l'égard de la culture et en particulier à l'égard de Concorde se concrétiseront financièrement. A entendre les dernières personnes qui sont intervenues, j'ai quelques doutes, mais je me réjouis que ce débat puisse avoir lieu et que des choix politiques puissent être faits.

Je ne suis évidemment pas favorable à l'amendement contenant l'idée d'une compensation au sein du programme D 01 «Culture». D'abord parce que nous sommes en train de rattraper du retard dans le domaine du financement culturel, cela a été dit. D'autre part, si l'intention du Grand Conseil est de lancer ou de relancer une concurrence interculturelle parmi des institutions, ce n'est pas la volonté du Conseil d'Etat. Est-ce que le parlement va accepter de prendre un million à l'OSR, le million qu'il a lui-même accordé pour le budget 2025 ? Ou à l'Orchestre de chambre de Genève - il s'agit là de 2,6 millions ? Est-ce qu'il va accepter que ce choix budgétaire soit opéré ? La réponse sera évidemment non. Ou alors, est-ce que ça sera sur le dos des petites compagnies, de la culture émergente ? Le Conseil d'Etat doit se déterminer sur la façon dont il souhaite que cette institution voie le jour, qu'elle puisse proposer une programmation enthousiasmante dès ses débuts, ce d'autant que le projet a été pensé aussi pour favoriser des revenus supplémentaires avec la constitution d'une fondation, qui permet notamment d'avoir des logements et des espaces à louer.

Comme il le fait d'habitude avec les motions que le parlement lui envoie, le Conseil d'Etat étudiera avec beaucoup d'attention ce texte. Ce dernier sera abordé dans le cadre de la deuxième version du projet de budget 2026, mais également au courant de cette année; si la réponse du gouvernement est de ne pas suivre la proposition de votre Conseil, nous aurons à travailler d'une manière différente.

J'ajoute encore un mot, car j'ai entendu des erreurs à propos de ce dossier. La réponse du département a été donnée. Elle ne correspondait évidemment pas au souhait des fondateurs comme de la direction, je l'entends fort bien, mais dire que c'est un oubli du département, cela n'est pas juste. La demande a été écrite tardivement dans le processus budgétaire, à partir de là, il n'y a pas d'erreur de service. En effet, à un moment donné au cours du processus, le Conseil d'Etat dit qu'il n'est plus possible de continuer à demander des éléments supplémentaires. Tout ceci est travaillé avec le conseil de fondation et la mairie de Vernier.

J'entends donc bien que cette motion puisse donner un élan nécessaire au soutien légitime là aussi de votre Conseil et, je l'espère, du nôtre s'agissant de Concorde. Merci.

La présidente. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, nous allons maintenant nous prononcer sur l'amendement de M. Béné:

«3e invite (nouvelle)

- dans tous les cas, ce subventionnement devra faire l'objet d'une compensation financière au sein du département de la cohésion sociale, dans le cadre de la politique publique "D 01 Culture".»

Mis aux voix, cet amendement est adopté par 58 oui contre 31 non.

Mise aux voix, la motion 3193 ainsi amendée est adoptée et renvoyée au Conseil d'Etat par 73 oui et 17 abstentions (vote nominal).

Motion 3193 Vote nominal