République et canton de Genève

Grand Conseil

M 1837
Proposition de motion de Mmes et MM. Frédéric Hohl, Gabriel Barrillier, Michel Ducret, Claudine Gachet, Patricia Läser, Jean-Marc Odier, Charles Selleger, Louis Serex : Pour des patrouilles de police visibles en ville

Débat

Le président. Mesdames et Messieurs, nous sommes au point 28 de notre ordre du jour: M 1837. Nous sommes en catégorie II, c'est-à-dire trois minutes par groupe. Monsieur Hohl, vous avez la parole.

M. Frédéric Hohl (R). Mesdames et Messieurs les députés, certes, depuis des mois, tous les partis parlent des problèmes de l'insécurité régnante aux Eaux-Vives et aux Pâquis. Mais ce n'est pas parce qu'on en parle depuis des mois qu'on doit arrêter de le faire ! Et l'on doit encore moins cesser de faire des propositions !

Mesdames et Messieurs, notre proposition est simple, elle peut même paraître simpliste: deux policiers et un chien qui se promènent au centre-ville. Mais je tiens à attirer votre attention sur ces fameux criminels de rue, qu'on appelle de temps en temps les «prédateurs de rue»: ils viennent très souvent de pays où l'on n'a pas peur de l'uniforme, où l'on n'a pas peur de la police, où l'on n'a pas peur des gardes, où l'on n'a pas peur des caméras, mais où l'on est en revanche assez effrayé par les chiens. Mesdames et Messieurs, je vous demande de renvoyer ce projet à la commission judiciaire pour qu'on puisse tous ensemble trouver une solution pragmatique qui permettra d'amener une mesure efficace pour notre population.

M. Roger Golay (MCG). Mesdames et Messieurs les députés, le groupe MCG soutiendra le renvoi de cette proposition de motion à la commission judiciaire. Il faut savoir que, dans la lancée, notre groupe a également déposé une proposition de motion intitulée: «Action antidealers à Genève, pour une brigade canine renforcée et omniprésente, c'est maintenant !» Effectivement, les chiens sont très dissuasifs, mais si la motion du groupe radical est relativement bonne, il lui manque quand même le surplus, c'est-à-dire que pour pouvoir assurer cette mission et obtenir des résultats intéressants, il faudra certainement une augmentation d'effectifs, en tout cas de cette brigade. Donc, comme je l'ai dit, nous soutiendrons cette motion, et si j'en crois son chef de groupe, le parti radical soutiendra également par la suite notre motion afin qu'elle soit renvoyée en commission et traitée de manière commune.

Mme Nathalie Fontanet (L). Le groupe libéral soutiendra bien évidemment cette proposition de motion, même si, à l'étude du texte, nous ne sommes pas tout à fait convaincus par l'idée de transformer nos policiers en «Madame 111», ou actuellement «18 11». Nous considérons que leur tâche n'est pas de renseigner le touriste, mais de vraiment mener à bien la mission de sécurité des citoyens. Cependant, nous acceptons bien évidemment de renvoyer cette motion pour étude à la commission judiciaire.

M. Jean-Claude Ducrot (PDC). Mesdames et Messieurs les députés, le groupe démocrate-chrétien renverra cette motion à la commission judiciaire. On parle de patrouilles de police, mais les études qui ont été faites jusqu'à maintenant montrent que lorsqu'on voit une voiture de police passer, c'est pendant quelques secondes. Or, ce qui est important, c'est d'avoir les moyens humains de patrouilles pédestres dans des quartiers où il y a des problèmes. (Rires.) Parce que c'est là que des patrouilles pédestres, celles qui rentrent en contact avec la population, sont les plus dissuasives. Je dirais même qu'il est important que les policiers «perdent du temps» dans les quartiers pour favoriser le dialogue et enregistrer un certain nombre de renseignements.

Par ailleurs, Mesdames et Messieurs les députés, votre parlement a voté la loi sur les polices municipales. Et là réside une pépinière de polices de proximité, qu'il faudra encourager, ainsi qu'une pépinière de renseignements qu'il faudra exploiter. Et c'est là, dans la concertation, avec un échange de renseignements sur les points de frictions dans les différents quartiers de nos communes et de notre ville, avec des patrouilles qui - rappelons-nous ! - devront les sillonner jour et nuit en fonction des éventuels délits qui se commettent à certains endroits, que l'on pourra développer une certaine stratégie. Par ailleurs, cette stratégie ne peut pas se développer n'importe comment: il est important que la police s'organise, qu'elle soit de plus en plus soucieuse de cette proximité, et c'est grâce à la collaboration avec les agents municipaux que l'on verra un peu plus de sécurité dans nos rues.

M. Antoine Bertschy (UDC). Effectivement, c'est encore une bonne idée qui concerne la sécurité. Nous en sommes à la sixième proposition de motion renvoyée à la commission judiciaire, et pour ceux qui ne l'auraient pas encore enregistré, je rappelle qu'au point 41 vous aurez l'excellente proposition de résolution rédigée par mon collègue Bertinat, qui demande la création d'une commission ad hoc sur la sécurité, ce qui nous faciliterait beaucoup le travail. Néanmoins, sur ce sujet, je remarque que même le parti radical s'aperçoit qu'il y a un problème avec l'immigration; pour autant, il faut quand même ouvrir les frontières; pour autant, Schengen, c'est magnifique; pour autant... Seulement, on crée des problèmes, que l'on doit ensuite gérer, alors qu'il suffisait de dire non à la libre circulation. (Exclamations.)

Monsieur le président, j'en ai terminé. Ah, non, je n'ai pas fini ! Je veux juste encore vous dire que nous sommes d'accord de renvoyer cette proposition de motion en commission. (Exclamations.)

Mme Loly Bolay (S). Monsieur le président, le groupe socialiste n'est pas opposé à ce que l'on renvoie cette proposition de motion à la commission judiciaire. Toutefois, je relève quand même que ce matin - c'est assez piquant - nous avons eu le débat sur le port du matricule. Eh bien, dans l'exposé des motifs de cette proposition de motion, on peut lire: «Par ailleurs, ces policiers pourraient également rendre service dans l'accueil des touristes; à ce titre, leur uniforme pourrait indiquer la langue parlée par chaque officier.» Or vous nous avez dit que cela posait problème de mettre le matricule sur les uniformes. Mais la langue, ce n'est pas un problème ! Nous ne sommes pas opposés, nous, à la langue. Mais enfin, franchement, très honnêtement, là, c'est un peu fort de café ! Quand vous dites que le port du matricule est difficile à introduire, mais que la langue - l'espagnol, l'anglais, le serbe, etc. - ce n'est pas un problème... Soyez cohérents !

On verra bien comment cela se fera en commission, et je me réjouis de voir comment cet uniforme affichera des couleurs avec les langues. Pour cela, nous sommes d'accord, et nous nous réjouissons d'entendre l'état-major de la police qui pourra nous dire tout le bien qu'il pense de cette motion.

M. Laurent Moutinot, conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, c'est encore une idée assez opérationnelle, dont il est légitime que nous parlions en commission judiciaire. Sachez que nous avons actuellement 14 chiens formés et 7 chiens en formation; l'idéal serait d'avoir une vingtaine de chiens formés, ce qui démontre que, même en termes canins, nous avons des problèmes de recrutement dans la police. (Rires.) J'attire aussi votre attention sur le fait que si, indiscutablement, les chiens peuvent être utiles et même indispensables dans un certain nombre de missions, leur formation prend du temps, et les chiens policiers ne se promènent pas tout seuls, puisqu'il faut forcément qu'ils soient accompagnés. Cela pour dire que, dans l'examen plus détaillé de cette motion, il faudra éviter de faire preuve de trop de créativité. Le commandant de la gendarmerie connaît l'importance des chiens, qu'il s'agisse de la recherche d'explosifs, de la recherche de stupéfiants, de la recherche de personnes ou d'autres tâches encore. Mais, une fois de plus, c'est un élément parmi d'autres.

Le président. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Nous allons donc voter sur le renvoi en commission de cette proposition de motion 1837.

Mis aux voix, le renvoi de la proposition de motion 1837 à la commission judiciaire et de la police est adopté par 57 oui et 3 abstentions.