République et canton de Genève

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PL 13007-A
Rapport de la commission des travaux chargée d'étudier le projet de loi du Conseil d'Etat ouvrant un crédit d'étude de 11 700 000 francs, en vue de la construction de la patinoire du Trèfle-Blanc à Lancy
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session VI des 9 et 10 décembre 2021.
Rapport de majorité de M. Stéphane Florey (UDC)
Rapport de première minorité de Mme Adrienne Sordet (Ve)
Rapport de deuxième minorité de M. Rémy Pagani (EAG)

Premier débat

Le président. Nous poursuivons notre programme des urgences avec le PL 13007-A... (Brouhaha. Le président marque un temps d'arrêt en attendant que le silence se rétablisse.) J'entends beaucoup de bruit autour de M. Desfayes ! Le débat est classé en catégorie II, trente minutes. Sans plus attendre, je donne la parole à M. Stéphane Florey.

M. Stéphane Florey (UDC), rapporteur de majorité. Merci, Monsieur le président. Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, après plus de dix ans d'attente et des changements de programme, de lieux et d'investisseurs, il est enfin temps d'aller de l'avant dans le dossier de la patinoire du Trèfle-Blanc en votant ce soir la première étape, à savoir un crédit d'étude de 11 700 000 francs. Celui-ci est nécessaire afin d'identifier les besoins qui mèneront à la construction de cette nouvelle infrastructure au travers d'un crédit d'investissement qui, je l'espère, sera déposé rapidement.

Cette patinoire est vitale pour que notre équipe cantonale reste en première ligue. (Commentaires.) A ce propos, je rappelle qu'aujourd'hui, et ce... (Brouhaha.)

Le président. Un instant, s'il vous plaît ! (Le président marque un temps d'arrêt en attendant que le silence se rétablisse.) Vous pouvez continuer, Monsieur. (Commentaires.)

M. Stéphane Florey. A ce propos, je rappelle qu'aujourd'hui, et ce depuis de trop nombreuses années, le maintien du club en première ligue se fait par dérogation, sur la base d'un engagement du canton à réaliser une nouvelle patinoire. Cette exception ne va pas tenir encore dix ans, la ligue nationale commençant sérieusement à s'impatienter.

L'actuelle patinoire des Vernets est vétuste et ne répond plus aux normes; elle est donc totalement obsolète, y compris sur le plan énergétique si cher aux opposants. Ce projet est important pour la relève, pour former les jeunes dans des conditions acceptables, ce qui n'est pas le cas maintenant. Relevons par ailleurs que la Ville de Lancy est partie prenante dans l'opération, puisqu'elle s'est engagée à louer des heures d'utilisation aux écoles, ce qui permettra de rendre la pratique du patinage accessible aux élèves.

Il a été question de déterminer s'il fallait une ou deux glaces, en synthétique ou pas. La réponse est sans équivoque: la création de deux surfaces est impérative pour la bonne organisation et l'exploitation des nouveaux équipements, surtout au vu du manque chronique d'heures d'entraînement à l'heure actuelle. Si les patinoires synthétiques existent, elles sont avant tout exploitées lors d'installations éphémères et restent interdites pour les matchs officiels. Il ne serait pas logique d'avoir une glace synthétique pour s'y entraîner et une vraie glace pour les matchs.

En conclusion, étant donné que le nombre de surfaces de glace est insuffisant pour la pratique sportive à Genève, qu'il s'agit d'un projet mesuré correspondant à un besoin de la population, que le maintien du Genève-Servette Hockey Club en ligue nationale est primordial pour sa survie, que notre canton doit se doter enfin d'une patinoire digne de ce nom, la majorité vous invite, Mesdames et Messieurs les députés, à suivre ses conclusions et à voter le projet de loi 13007. Je vous remercie d'avance.

Mme Adrienne Sordet (Ve), rapporteuse de première minorité. Mesdames les députées, Messieurs les députés, si, sur le papier, le projet semble irréprochable et nécessaire, deux problèmes majeurs se profilent toutefois. Il y a d'abord la question du coût d'exploitation, à laquelle aucune des personnes auditionnées n'a su répondre. L'entier des frais n'est pas couvert et, dans ces conditions, c'est encore une fois l'Etat qui devra passer à la caisse; notre parti craint de voir l'histoire se reproduire avec un Stade de Genève bis. Dans un contexte où le parlement peine à voter des budgets pour la fonction publique, la santé, la mobilité ou encore la protection de l'environnement, charger la barque nous paraît plus que contre-intuitif.

Ensuite, il est important de préciser quelque chose: nous ne sommes ni contre le sport ni contre le hockey, c'est plutôt la forme de l'ouvrage en soi qui nous met mal à l'aise. Celui-ci est énergivore, prévoit peu de matériaux recyclés, comprend 24 000 mètres carrés de surfaces d'activité ainsi qu'un P+R alors même que Genève croule sous les bureaux, que les commerçants et commerçantes ont du mal à s'en sortir suite à la pandémie et que le Conseil d'Etat lui-même entend réduire de 40% le transport individuel motorisé d'ici 2030. Certes, nous n'avons rien contre les P+R, je vous rassure, mais il nous semblerait plus opportun d'en construire un au bout de la ligne de tram prévue à Saint-Julien, par exemple. Bref, à l'heure où l'urgence climatique est déclarée, où le plan climat cantonal préconise la sobriété énergétique, on nous propose une infrastructure démesurée, digne de l'époque d'avant, celle du gigantisme, loin de la réalité actuelle et des attentes de la population.

Pourtant, sport et environnement sont compatibles, et des pistes de solutions existent: composer avec l'existant, c'est-à-dire mettre aux normes la patinoire des Vernets, morceler les surfaces de glace à destination du public, comme cela se fait dans de nombreuses communes à l'aide de patinoires saisonnières qui, à moyen terme, pourraient être en synthétique, réaliser des glaces synthétiques à l'instar de beaucoup d'autres pays, consulter les usagers et usagères pour répondre aux besoins réels, concevoir une patinoire neutre en carbone. Voilà où le groupe des Verts attend le gouvernement.

Bien que nous en soyons au stade du crédit d'étude, le projet définitif semble déjà bien ficelé. Nous pensons qu'il est indécent d'utiliser les deniers publics pour une telle opération alors qu'il faudrait précisément concentrer tous les efforts dans la transition écologique et sociale. Des équipements sportifs en adéquation avec les exigences sociales et environnementales, c'est possible, mais ce n'est pas ce qui est prévu ici. C'est pourquoi la première minorité vous recommande de ne pas entrer en matière sur ce projet de loi. Je vous remercie. (Applaudissements.)

M. Rémy Pagani (EAG), rapporteur de deuxième minorité. Je ne sais pas si c'est un hasard, mais tout à l'heure, on a voté 1,5 million... Enfin, la majorité de ce parlement a voté 1,5 million pour le stade de la Praille après vingt ans de trou financier, Mesdames et Messieurs, et pourtant on en a investi, des millions, dans cette structure ! Certains à droite ont au moins eu l'honnêteté de rappeler tout ce qui a été consenti par la collectivité - et qui va l'être encore. Et là, on revient à la charge, la majorité s'offre une nouvelle danseuse !

M. Florey a raconté des balivernes tout à l'heure. Quand on veut noyer son chien, on dit qu'il a la gale... (Commentaires.) En l'occurrence...

Des voix. La rage !

M. Rémy Pagani. La rage, oui, la rage ! Allons-y pour la rage ! Toujours est-il que M. Florey a oublié de préciser que la Ville de Genève a procédé à de nombreux investissements pour faire en sorte que le club fonctionne à la patinoire des Vernets, qu'il équilibre ses comptes, notamment en lui offrant la gratuité de la location. En effet, le GSHC est incapable de s'acquitter de tels montants, et ce depuis des années; avec le projet proposé, il lui sera encore plus impossible de payer, car il s'agit d'un petit club.

Quant à dire que la ligue nationale va lui retirer son autorisation de concourir...! Pour faire marcher le business, il faut que notre équipe cantonale continue à jouer. Je le sais, croyez-moi, je suis un fan de hockey. Ces quinze dernières années, je n'ai pas manqué d'être régulièrement pressurisé, la ligue menaçait de supprimer son droit d'exercer au Genève-Servette Hockey Club, mais c'est faux.

Cela étant, il faut tout de même rappeler certains éléments, Mesdames et Messieurs, des choses très simples: en été, cette nouvelle patinoire consommera une énergie titanesque, car il faudra refroidir la glace tandis qu'en hiver, on devra non seulement maintenir la surface en état, mais également chauffer les bâtiments. C'est un véritable gouffre énergétique qui va être créé alors qu'on demande par ailleurs à la population, ce qui est légitime et nécessaire par rapport au climat - et on va continuer à le lui demander ces trente prochaines années - des efforts considérables pour limiter les dégagements de CO2. C'est complètement incohérent ! On ne peut pas laisser croire que cette infrastructure sera écologique, c'est impossible, si ce n'est en utilisant de la glace synthétique comme celle qu'on trouve aux Bastions. En effet, il n'y a pas de raison que les sportifs ne puissent pas s'adonner à leur activité sur du synthétique.

Ensuite, il y a un autre problème: on a prié la Fondation des parkings de construire un gigantesque parking sous cette patinoire qui coûtera à la collectivité, tenez-vous bien: 70 000 francs... la place ! Nous avons mis le directeur de cette institution sur un siège éjectable, il est parti, parce qu'il avait caché à notre collectivité que les places du port... Enfin, de la plage... (Remarque.) Comment ?

Une voix. De Genève-Plage !

M. Rémy Pagani. De Genève-Plage, merci ! ...que les places de Genève-Plage coûtaient 70 000 francs l'unité. Et là, on repart pour un tour, on va mettre la Fondation des parkings dans une situation exécrable, car ce parking ne sera pas rentable et plombera le fonctionnement de la fondation, c'est certain.

Donc voilà, continuons - continuez, la majorité ! - à foncer tête baissée, à penser qu'on aura toujours de l'argent, que tout va très bien, Madame la marquise ! Continuons tous ensemble à bien rigoler jusqu'au jour où il faudra réellement que des gens relèvent les défis que nous aurons occasionnés, défassent les conditions inextricables dans lesquelles nous les aurons placés - eux et elles, parce qu'il faut être politiquement correct.

C'est la raison pour laquelle, Mesdames et Messieurs, de même que pour le Stade de Genève un peu plus tôt, nous ne participerons pas à la création de cette nouvelle danseuse, le projet est complètement incohérent. Je vous remercie de votre attention.

Une voix. C'est toi qui es incohérent !

M. François Lefort (Ve). Quelques mots pour soutenir le rapport de minorité Vert. De quoi parlons-nous ? D'une patinoire de 8500 places et d'une glace secondaire, donc de deux surfaces. Avec les équipements techniques et administratifs, cela représente 29 000 mètres carrés. Le présent crédit d'étude de 11,7 millions ne concerne que cette partie, pour un coût final de 150 millions.

En plus, il est prévu de créer 24 000 mètres carrés de surfaces d'activité en DDP, projet non compris dans le crédit d'étude, mais nécessaire pour que la rente des DDP estimée à 3 millions couvre les frais de fonctionnement annuel des patinoires. Il y aura encore un P+R de 1200 places qui n'est pas non plus inclus dans le projet de loi et qui sera financé par la Fondation des parkings. Les deux ouvrages que je viens de citer ajoutent 137 millions à la note, laquelle grimpe à 287 millions.

Tout cela ressemble à un bon montage financier, comme l'était le Stade de Genève à l'époque, mais on connaît l'issue de cette affaire ainsi que son coût pour la collectivité publique. Cela ressemble à un bon montage financier, mais nous resterons prudents, car les Verts échaudés craignent les bons montages sur le papier, surtout pour un total de 287 millions de francs. Vous le voyez, c'est beaucoup plus qu'une infrastructure sportive qui nous est proposée ici, et c'est surtout beaucoup plus cher.

En Europe, le prix moyen d'une patinoire répondant aux normes internationales des ligues de hockey est de 8 millions d'euros. La ville de Nîmes a même réussi à faire la sienne pour 6 millions d'euros avec des tribunes réduites et a développé son projet en coordination avec la Fédération française de hockey. En Suisse, de nouvelles patinoires sont construites selon des critères... (Remarque.) Monsieur de Sainte Marie, merci d'appuyer sur votre bouton si vous souhaitez intervenir ! En Suisse, de nouvelles patinoires sont construites... (Remarque.) Monsieur le président !

Le président. En effet, cessez d'interrompre M. Lefort, s'il vous plaît. (Remarque.) Et je remercie tout le monde dans cette salle de bien vouloir porter le masque ! Monsieur le député, poursuivez.

M. François Lefort. Merci. En Suisse, de nouvelles patinoires sont construites selon des critères exigeants de développement durable et sur la base de concepts énergétiques neutres en carbone, concepts qui ne nous ont pas été présentés par le Conseil d'Etat.

Alors ce crédit d'étude va passer la rampe grâce à l'union sacrée des supporters de la première heure - et surtout de ceux, beaucoup plus nombreux, de la dernière heure -, sous l'influence bénéfique des élections cantonales qui approchent. Il va passer la rampe, mais la minorité que nous représentons souhaite tout de même délivrer quelques messages pour que cet argent ne soit pas jeté par les fenêtres.

Premièrement, s'il faut construire une patinoire, alors faisons-le de façon écologique et durable. C'est possible, des outils se développent depuis plus de dix ans, il existe un savoir-faire suisse et européen en la matière. Il s'agira de trouver, avec les prestataires concernés, la meilleure solution pour une structure la moins coûteuse possible en énergie. Aboutir à une patinoire neutre en carbone constitue la seule façon de participer à l'objectif cantonal de réduction de 60% des émissions de gaz à effet de serre. (Le président agite la cloche pour indiquer qu'il reste trente secondes de temps de parole.)

Deuxièmement, pour réussir une telle installation, le projet doit se déployer en intégrant dès le début les utilisateurs principaux, à savoir le Genève-Servette et bien sûr la Ligue nationale de hockey. Troisièmement, les espaces devront être utilisés à d'autres fins que pour le patinage...

Le président. Merci...

M. François Lefort. ...et cet aspect ne doit pas se limiter à une proposition séductrice pour rendre l'opération plus appétissante.

Le président. Il vous faut conclure.

M. François Lefort. Je conclus ! Le dernier message concerne les aspects énergétiques globaux. La LRT a certes confié au Conseil d'Etat la mission de réaliser une nouvelle patinoire, mais il restera deux glaces aux Vernets...

Le président. C'est terminé.

M. François Lefort. ...qui sont obsolètes pour le hockey...

Le président. Merci, Monsieur le député...

M. François Lefort. ...et qui devront donc passer en synthétique !

Une voix. Bravo ! (Applaudissements.)

Mme Nicole Valiquer Grecuccio (S). En préambule, je dirai que le groupe socialiste a appris deux choses ce soir: il a découvert l'existence de la patinoire de Nîmes, qui s'appelle Pissevin... (Brouhaha.)

Le président. Un instant, Madame la députée ! Je remercie M. de Sainte Marie et M. Lefort de régler leur différend à la salle des Pas-Perdus afin que Mme Valiquer Grecuccio puisse s'exprimer en paix. Poursuivez, Madame.

Mme Nicole Valiquer Grecuccio. Oh, merci, Monsieur le président ! Nous avons donc découvert l'existence de la patinoire de Nîmes, ville connue pour son haut degré de chaleur en été - cette patinoire s'appelle Pissevin -, ainsi que l'expression «s'offrir une danseuse». Eh bien pour rester sur le thème de la danseuse, les socialistes espèrent que le groupe de M. Pagani accueillera avec bienveillance une Maison de la danse !

Cela étant dit, revenons au crédit d'étude pour la réalisation de la patinoire du Trèfle-Blanc, que le parti socialiste soutient avec conviction. Comme indiqué précédemment, cette infrastructure permettra d'héberger les activités du Genève-Servette Hockey Club et de la relève, ce qui signifie une politique sportive en faveur des jeunes.

Nous aimerions souligner d'autres aspects. Le plan directeur cantonal - qui, je vous le rappelle, a été adopté par ce Grand Conseil - prévoit de tels équipements publics. Par ailleurs, les installations sportives tout comme culturelles constituent des éléments de structuration de notre territoire, et la patinoire qui nous est proposée ici permettra de faire le lien entre différents quartiers, notamment entre Lancy-Sud et La Chapelle. Nous avons déjà relevé à quel point il est essentiel d'accompagner les projets d'urbanisation d'infrastructures de proximité, d'équipements sportifs et culturels. En l'occurrence, nous avons l'occasion de réaliser un morceau de ville grâce à une installation sportive.

Nous insistons également sur l'importance de développer une communication autour de l'opération. Le groupe socialiste regrette que le pôle football n'ait pas été concrétisé, nous devons vraiment établir... (Le président agite la cloche pour indiquer qu'il reste trente secondes de temps de parole.) ...une communication claire et ouverte tout au long du processus. J'espère que notre vote de ce soir s'accompagnera d'un discours sur le bien-fondé des projets et que nous éviterons les esprits chagrins qui se manifestent dans notre canton...

Le président. Merci...

Mme Nicole Valiquer Grecuccio. ...dès que certains d'entre eux se terminent. Je conclurai en notant que la ville de Sierre s'est dotée rapidement d'un projet de patinoire pour...

Le président. Merci...

Mme Nicole Valiquer Grecuccio. ...vitaliser sa région, et j'espère que Genève saura s'engager de même en faveur du sport. Merci. (Applaudissements.)

M. Christo Ivanov (UDC). Mesdames et Messieurs les députés, Genève attend une nouvelle patinoire depuis dix ans. Mon préopinant Rémy Pagani l'a signalé avec raison, il faut reconnaître les choses: l'installation des Vernets n'est plus aux normes. Il y a un problème de vétusté, il y a un problème lié à la glace, il y a un problème d'ammoniac, et il conviendra d'opérer des travaux conséquents. Chaque année, disons-le, la Ville de Genève investit des millions de francs pour maintenir cette infrastructure. Il faudra remplacer l'ammoniac de la surface, et certainement que dans le futur, de nouveaux produits apparaîtront pour résoudre ce grave écueil - je rejoins les Verts là-dessus.

S'agissant du Trèfle-Blanc, il faudra trouver des solutions sur le plan environnemental, comme c'est le cas d'ailleurs au Stade de Genève. A cet égard, on peut féliciter la Fondation du Stade de Genève d'avoir conclu un partenariat avec les Services industriels afin d'installer des panneaux photovoltaïques sur le toit. Aujourd'hui, on fait du froid avec du chaud, et il s'agira d'utiliser cette énergie bienvenue pour combler une partie des déficits énergétiques du futur ouvrage.

J'ai entendu parler du coût d'exploitation, mais c'est mettre la charrue avant les boeufs ! Commençons déjà par voter le crédit d'étude qui permettra de définir, par un concours d'architecture, ce qui se passera et quels seront les besoins. On pourrait par exemple intégrer au projet l'Arena, qui devra tôt ou tard déménager de l'aéroport, ce qui offrirait une plus grande rentabilité à la patinoire. Celle-ci est nécessaire pour le Genève-Servette Hockey Club, pour son mouvement junior, c'est-à-dire Genève Futur Hockey, pour son équipe de filles, mais également pour d'autres sports comme le curling. Les menaces de retrait de la licence sont bien réelles, puisque le GSHC envisageait de jouer soit à Morges, soit à Lausanne.

Pour toutes ces raisons, le groupe UDC votera ce projet de loi des deux mains. J'ai dit, Monsieur le président, merci.

Une voix. Dès demain ?

Le président. Merci, Monsieur le député. Le vote aura lieu ce soir.

Une voix. Des deux mains ! (Commentaires.)

Le président. Ah, d'accord, j'avais mal compris. La parole, si vous voulez bien la lui laisser, Mesdames et Messieurs, revient maintenant à M. Olivier Cerutti.

M. Olivier Cerutti (PDC). Merci, Monsieur le président. Mesdames et Messieurs, chères et chers collègues, la patinoire du Trèfle-Blanc est un magnifique et audacieux projet pour la jeunesse et le sport dans notre canton. Construire une infrastructure de 8500 places est nécessaire pour que notre équipe puisse jouer à un niveau digne de la ligue nationale, comme l'a relevé tout à l'heure notre ami rapporteur de majorité. Le lieu est situé dans la commune de Lancy, sur un noeud de transports publics, il s'agit d'un emplacement idéal.

Nous avons auditionné la Ville de Lancy qui s'est montrée très favorable au projet. Pourquoi, Mesdames et Messieurs ? Parce que ce type d'installation favorise la cohésion sociale, et la cohésion sociale dans une commune comme Lancy, qui construit énormément, qui accueille de nombreux habitants, est importante. C'est l'endroit parfait pour faire le lien entre sport, jeunesse et ambition. En effet, Mesdames et Messieurs, l'ambition se développe aussi à travers le sport.

J'aimerais rappeler à M. Pagani et à M. Lefort que nous nous trouvons encore au stade du crédit d'étude, qu'un certain nombre de points pour lesquels ils exigent des réponses sont en cours de définition. Je pense que nous serons tous soucieux de réaliser une patinoire qui réponde aux besoins du XXIe siècle et non une structure passéiste, une patinoire qui convienne à l'ensemble de la jeunesse et des milieux sportifs de notre canton.

Le groupe PDC votera ce projet de loi, car le hockey mérite un soutien au niveau non seulement de la formation, mais également de sa première équipe. Ainsi que cela a été signalé, l'installation actuelle n'est plus conforme aux exigences de la ligue nationale de hockey. Un jour ou l'autre, nous ne pourrons plus jouer aux Vernets, Mesdames et Messieurs, c'est une réalité. Voilà pourquoi nous devons accepter ce crédit, pour régler toutes les questions qui sont encore en suspens. Cela permettra à notre club d'évoluer parmi les premières équipes du pays, peut-être même avec une cinquième, voire une sixième ligne, et nous battrons Berne la prochaine fois ! Merci.

Une voix. Bravo !

M. Serge Hiltpold (PLR). Tout d'abord, je souligne la satisfaction du groupe PLR de voir enfin, douze ans plus tard, le dépôt d'un crédit d'étude - et pas encore d'un crédit de construction. Il s'agit simplement de répondre à un engagement qui a été pris par la Ville de Genève, le canton et le GSHC. On ne peut pas vraiment dire qu'on a foncé tête baissée, comme le prétend le rapporteur de deuxième minorité.

Je prends le contrepied du rapport de première minorité des Verts s'agissant des coûts de construction: je trouve piquant que ce groupe se permette des considérations financières alors que ses membres soutiennent une économie circulaire ainsi que le salaire minimum, et critique le prix en citant l'exemple d'une patinoire à 8 millions d'euros. Il faut revoir un peu votre copie, passer de la parole aux actes, du moins s'agissant de la rémunération des entreprises et des collaborateurs, il y a une autocritique assez certaine à faire.

Le PLR regrette un élément essentiel, c'est la manie qu'a Genève de ne pas concrétiser les partenariats public-privé comme ceux-ci se pratiquent à Berne, à Ambrì et dans les autres villes de Suisse. Je pense qu'il y a une réflexion à mener, car avec un tout petit peu plus d'ouverture d'esprit, on pourrait faire diminuer les coûts de construction et d'exploitation.

A ce stade du crédit d'étude, on l'a vu en commission, des aspects importants doivent encore être consolidés, notamment les attentes de l'équipe, le cahier des charges de la procédure de concours. Le club aura besoin d'opérationnel, de rentabilité, de fonctionnement, cela permettra de générer des recettes qui, je l'espère, nous l'espérons tous, seront porteuses.

En conclusion, je souhaiterais qu'on prenne en compte aussi le facteur d'intégration de l'individu par le sport, parce qu'on nous bassine à longueur d'année qu'il faut inclure tout le monde dans notre société, mais chaque fois qu'il est question de sport, vous êtes contre alors qu'il s'agit d'un vecteur social important qui enseigne les notions de responsabilité, de solidarité, d'engagement, de dépassement de soi, d'humilité. Les échecs et les victoires sont partagés avec le public, on le constate lors de tous les événements sportifs, on arrive à rassembler, quel que soit le sport ou le canton. J'aimerais donc qu'on valorise également cette filière qui est importante et qui mérite notre soutien. Merci, Monsieur le président. (Applaudissements.)

M. Christian Flury (MCG). Mesdames et Messieurs les députés, chers collègues, oui, au Trèfle-Blanc, il est prévu de construire un «park and ride» de mille places. Prix de revient à l'unité: 65 000 à 70 000 francs. Mais il s'agit du coût actuel pour créer un stationnement en ouvrage; c'est le même tarif aux Gazomètres, c'est le prix en usage sur notre territoire.

A ce sujet, la Fondation des parkings n'est que le bras armé du canton pour la réalisation du projet, parce que ce sont les services de l'Etat qui déterminent la surface, qui décident combien de places construire et à quel endroit. La même approche a été adoptée pour la vélostation de Lancy, bâtie sous les ordres de l'Etat; elle est remplie à moins de 10% et crée un déficit colossal tous les mois. Voilà.

Pour en revenir au sujet qui nous occupe avec ce projet de loi, le hockey sur glace est un sport bénéficiant d'une forte adhésion de la population, et il convient de doter enfin le Genève-Servette Hockey Club d'une structure digne de son rang et de nos ambitions. L'objectif cantonal, l'objectif du peuple genevois est que le GSHC brille au firmament du hockey suisse, mais pour cela, il nous faut un temple adapté aux conditions actuelles de la discipline.

Le Mouvement Citoyens Genevois vous invite à soutenir ce crédit d'étude et à ne pas suivre certains partis qui enverraient bien les jeunes et les hockeyeurs s'entraîner au nord du cercle polaire. Je vous remercie. (Rires. Applaudissements.)

Le président. Merci, Monsieur le député. Je rends la parole à M. Rémy Pagani pour une minute et neuf secondes.

M. Rémy Pagani (EAG), rapporteur de deuxième minorité. Oui, merci, Monsieur le président. Je trouve un peu spécial qu'on nous reproche de ne pas soutenir le sport. En ce qui me concerne, je suis un enfant de la Jonction, j'ai fait du patin toute mon enfance, y compris du hockey, et je défends notre club, mais il faut rester réaliste, Mesdames et Messieurs. En votant ces 11 millions, on s'engage à en dépenser 300 ! 300 millions pour combien de spectateurs ? 6500, dont je suis, mais j'entends, gardons les pieds sur terre !

On a évoqué l'engouement de la population pour le hockey; ce n'est pas vrai, c'est l'engouement de certains de nos compatriotes, un engouement tout à fait légitime, mais on parle de 6500 spectateurs en moyenne... Enfin non, pas en moyenne, ça doit bien être le maximum que j'aie vu à la patinoire des Vernets. Vaut-il la peine de dépenser 300 millions pour cela, Mesdames et Messieurs ? C'est la question à laquelle vous vous apprêtez à répondre oui, vous allez vous payer une danseuse pour vous faire plaisir. Je vous remercie de votre attention. (Commentaires.) Oui, ce n'est pas la première, c'est vrai. C'est vrai !

Le président. Merci bien. Je donne la parole à M. Patrick Dimier pour une minute vingt-huit.

M. Patrick Dimier (MCG). Merci, Monsieur le président. Je n'aurai besoin que de trente secondes pour dire que notre parlement est exceptionnel: il suffit d'observer la table des rapporteurs pour constater que nous sommes toujours dans la lutte des glaces ! (Exclamations. Rires.)

Le président. Je me vois contraint de vous emboîter le pas: savez-vous quelle est la différence entre le latin et le patin ?

Une voix. Oh non !

Le président. Le latin est une langue morte. (Rires. Applaudissements.) Merci, vous êtes trop bons.

Une voix. Excellent !

Une autre voix. Bravo, président !

Le président. Monsieur Subilia, vous disposez précisément de vingt secondes pour formuler une phrase.

M. Vincent Subilia (PLR). Elles me suffiront pour constater que ce nouveau parlement est le lieu de joutes verbales sympathiques, donc je donnerai un dernier coup de puck pour signaler que c'est bien la première fois qu'on voit M. Pagani se soucier des deniers publics, mais nous lui en sommes reconnaissants. (Rires.)

Le président. Merci...

M. Vincent Subilia. J'insiste par ailleurs sur le fait qu'on ne se trouverait pas dans cette situation si les partenariats public-privé présentés ces dernières années n'avaient pas été écartés...

Le président. C'est terminé, Monsieur le député.

M. Vincent Subilia. Vous l'aurez compris, le PLR soutiendra ce projet de loi. (Commentaires.)

Le président. Je vous remercie. La parole retourne à M. Stéphane Florey pour vingt et une secondes.

M. Stéphane Florey (UDC), rapporteur de majorité. Merci, Monsieur le président. Bon, je n'ai pas beaucoup de temps, mais je tenais à m'excuser pour la confusion: le Servette est bien en national league et pas en première ligue.

Des voix. Ah !

M. Stéphane Florey. Mes excuses au club ! Enfin, je conclurai en disant qu'il faut vraiment considérer cette infrastructure comme un ensemble, comme le ciment d'un nouveau quartier. Alors oui, il y aura...

Le président. Merci...

M. Stéphane Florey. ...un P+R et des commerces, mais ce n'est pas de ça qu'il est question aujourd'hui.

Le président. Monsieur, c'est terminé.

M. Stéphane Florey. Il s'agit bel et bien de la patinoire, et je vous invite à soutenir ce projet.

M. Thierry Apothéloz, conseiller d'Etat. Mesdames les députées, Messieurs les députés, nous vivons ce soir un moment important. Vous vous apprêtez à valider une étape cruciale dans la concrétisation de cette nouvelle patinoire dont le canton de Genève a besoin. La volonté du Conseil d'Etat de cette législature a été claire dès le départ: il était nécessaire de se doter d'une infrastructure permettant enfin à notre équipe phare d'évoluer dans son parcours de façon sécurisée.

Certains éléments de la situation actuelle ont été rappelés, mais il faut surtout souligner que la relève sportive sera - est déjà - au rendez-vous, et je vous remercie dès lors de votre soutien. Nous nous devons en effet de lui offrir les équipements adéquats. Notre club sera logé dans une belle patinoire toute neuve, ce qui lui permettra d'envisager un avenir durable dans le cadre de l'élite. La fédération suisse l'a non seulement dit et redit, elle l'a également écrit et réécrit: il faut au GSHC une structure digne de ce nom, répondant aux normes de la ligue nationale.

Cela n'annihile pas l'ensemble des efforts consentis par la Ville de Genève pour la patinoire des Vernets, il s'agit simplement de faire en sorte que nous disposions enfin d'installations complètes, car elles sont indispensables. Les fans se réjouiront qu'il y ait non pas 6500 places, Monsieur Pagani, mais bien 8500 places, ainsi que le prévoit le projet.

Mesdames et Messieurs, la première pierre que vous avez posée dans ce dossier a été la loi sur la répartition des tâches entre les communes et le canton, notamment son train sur le sport, loi qui attribue très clairement à l'Etat la compétence de prendre en charge la future patinoire du Trèfle-Blanc.

J'aimerais rassurer le groupe des Verts en réponse aux messages que M. le député Lefort a tenu à faire passer dans cette enceinte. Le Conseil d'Etat respecte tout à fait les valeurs que vous portez; cela étant, nous avons déjà répondu à une grande partie de vos questions. D'abord, nous partageons votre souci, et je l'ai signalé d'emblée, de proposer une patinoire exemplaire en matière environnementale. Lors du concours d'architecture, nous aurons l'occasion de fixer les critères essentiels à sa réalisation.

Ensuite, l'emplacement a été bien pensé, puisque deux réseaux de chauffage à distance se trouvent à proximité du site. Nous pourrons ainsi tirer profit des installations en place pour la gare du Léman Express, récupérer l'énergie, en fabriquer une nouvelle, ce qui permettra à la patinoire de fonctionner. La chaleur générée pour la production de la glace sera employée pour chauffer le bâtiment ou sera renvoyée dans le chauffage à distance qui, je le répète, se situe à côté.

Il s'agit d'une condition essentielle pour la Ville de Lancy, qui voit dans cet ouvrage non seulement une opportunité pour les enfants d'utiliser les glaces, mais également de créer un lien entre les différents quartiers de la commune. C'est la raison pour laquelle celle-ci est impliquée, volontaire, prête à contribuer à la réussite de l'entreprise.

J'ajouterai un autre élément important quant à la remarque des Verts sur le fait d'impliquer les utilisateurs. Le GSHC est déjà membre invité du groupe de pilotage, de sorte que nous pouvons continuer à dialoguer avec lui pour tenir compte de ses besoins. La Ville de Lancy l'a toujours été, la Ville de Genève également, et nous apprenons beaucoup de cet échange permanent avec les différents partenaires, cela nous aide à faire avancer notre projet.

Nous avons abouti au présent crédit d'étude que je souhaite voir cette assemblée adopter avec enthousiasme. Il est nécessaire pour notre jeunesse, pour le club, pour permettre au canton d'offrir une infrastructure dynamique, qui évoluera avec le temps et suivant les besoins. En ce sens, nous sommes particulièrement soucieux de satisfaire les attentes.

Pour conclure, permettez-moi de remercier les équipes du département des infrastructures qui, d'un point de vue technique, nous ont énormément soutenus dans l'élaboration du projet de loi, de même que les services du département de la cohésion sociale et la commission des travaux, laquelle a eu à coeur d'auditionner les personnes concernées pour parvenir à la décision qui vous a été exposée par les différents rapporteurs. Mesdames les députées, Messieurs les députés, le Conseil d'Etat vous remercie de réserver un bon accueil à cet objet. (Applaudissements.)

Le président. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Je soumets le texte aux votes de l'assemblée.

Mis aux voix, le projet de loi 13007 est adopté en premier débat par 66 oui contre 21 non et 3 abstentions.

Le projet de loi 13007 est adopté article par article en deuxième débat.

Mise aux voix, la loi 13007 est adoptée en troisième débat dans son ensemble par 68 oui contre 20 non et 5 abstentions (vote nominal).

Loi 13007 Vote nominal