Séance du vendredi 4 septembre 2026 à 14h
3e législature - 4e année - 4e session - 20e séance

M 3079-B
Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur la motion de Joëlle Fiss, Vincent Subilia, Murat-Julian Alder, Francine de Planta, Darius Azarpey, Jean-Pierre Pasquier, Thierry Oppikofer, Philippe Meyer, Pascal Uehlinger, Fabienne Monbaron, Pierre Nicollier, Alexandre de Senarclens, Alexis Barbey : Placer Genève comme capitale de la gouvernance numérique
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session IV des 3 et 4 septembre 2026.

Débat

La présidente. Nous abordons à présent la M 3079-B (catégorie III). Madame Joëlle Fiss, vous avez la parole.

Mme Joëlle Fiss (PLR). Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs les députés, le PLR se réjouit que le Conseil d'Etat partage pleinement l'ambition de cette motion, à savoir faire de Genève l'un des grands centres mondiaux de la gouvernance numérique. Nous prenons acte de ce rapport du Conseil d'Etat, qui reconnaît nos atouts et qui identifie surtout une occasion décisive, à savoir le sommet international sur l'intelligence artificielle à Genève en 2027.

Je pense que la question est vraiment de savoir comment transformer cette occasion en un positionnement durable. D'abord, il faut qu'on arrive au sommet avec une stratégie ciblée: dans quels domaines Genève veut-elle devenir incontournable ? Nous devons choisir nos priorités et y investir notre capital politique. Dans cette course, dans cette compétition mondiale, les Etats-Unis imposent la puissance de leurs entreprises et la Chine un modèle de contrôle étatique. Entre les deux, Genève peut porter une troisième voie, proche de la vision européenne: une intelligence artificielle encadrée par le droit et la protection des données.

Voici la priorité de la Suisse, à mon sens: la technologie doit servir l'humanité et ne doit jamais s'y opposer. Ensuite, cette ambition doit réunir tout le monde - la Confédération, Genève, les organisations internationales, les hautes écoles, le CERN, l'écosystème de l'innovation, le secteur privé, les milieux économiques - autour d'une véritable feuille de route qui aille jusqu'en 2027, et ça commence maintenant !

Les sommets, vous le savez, ils viennent, ils s'en vont; je ne pense pas que le succès de cet événement va se mesurer au nombre de chefs d'Etat présents, mais plutôt sur la base de ce qui restera à Genève une fois le sommet passé, à savoir les projets créés, les normes proposées, les nouveaux emplois, les investissements et les nouvelles collaborations.

On m'a récemment fait part d'une analogie assez fascinante: à Solférino, Henry Dunant n'a pas attendu un accord international pour agir, il est parti du terrain, a mobilisé des citoyens, puis il a transformé cette expérience en institution. Pour l'intelligence artificielle, Genève peut suivre le même chemin: réunir les acteurs, expérimenter des solutions, puis en tirer des normes mondiales. Ainsi, une nouvelle fois, Genève pourra transformer une initiative locale en bien public universel !

M. François Baertschi (MCG). Encore une fois, on n'a pas compris quelle était la problématique et on se trouve dans la Genève du passé. Cette motion demandait que Genève devienne la capitale du numérique afin de lutter contre la désinformation. On est face à des logiques de pensée unique, à une vision qui serait celle d'une sorte de censure internationale. C'est tout le contraire de ce que devrait être Genève, à savoir une ville de paix, ouverte à tous, qui ne soit pas fermée à certains pays, qui ait un esprit d'ouverture sur le monde et sur toutes les idéologies; une Genève qui sache justement garder notre vision d'ouverture au monde, qui soit respectée autant par les Etats-Unis que par la Russie ou les pays du Sud.

Or cela, nous ne le sommes plus. On le voit suite à la politique catastrophique du Conseil d'Etat sous la houlette du conseiller fédéral Cassis, qui a mis à mal la neutralité de la Suisse et la crédibilité de notre pays au niveau international. Cela a un coût pour Genève, qui perd de sa crédibilité. On constate déjà que cette année, on a perdu un certain nombre d'emplois, ce n'est pas étonnant. On perd en effet notre crédibilité au niveau de la Genève internationale.

Notre gouvernement, notre Grand Conseil font fausse route, malheureusement. On le constate très bien dans le cadre de la votation sur la neutralité, qui est une initiative emplie de bon sens, à laquelle il faudrait voter oui avec conviction. Il vaudrait mieux arrêter avec les gamineries de notre Conseil fédéral et d'une majorité du Parlement fédéral et de la classe politique, qui n'a rien compris...

La présidente. Monsieur le député, s'il vous plaît, il est interdit de donner des mots d'ordre pour les votations.

M. François Baertschi. C'est un élément qui est en relation avec ce sur quoi nous votons aujourd'hui, Madame la présidente !

La présidente. Non, vous ne pouvez pas donner de recommandation sur les votations au cours des séances de ce Grand Conseil !

M. François Baertschi. Oui, bien sûr !

La présidente. Non, pas du tout !

M. François Baertschi. Vous n'avez pas à censurer... (Le micro de l'orateur est coupé.)

La présidente. Je vous censure ! (Commentaires. Applaudissements.) Il n'y a pas d'autre demande de parole sur ce texte.

Le Grand Conseil prend acte du rapport du Conseil d'Etat sur la motion 3079.