Séance du jeudi 3 septembre 2026 à 20h30
3e législature - 4e année - 4e session - 19e séance

M 3243
Proposition de motion de François Erard, Jean-Marc Guinchard, Thierry Arn, Patricia Bidaux, Jacques Blondin, Alia Chaker Mangeat, Sébastien Desfayes, Souheil Sayegh, Christina Meissner, Yves Magnin, Anne Carron, Philippe Meyer pour une capacité aérienne régionale permanente de lutte contre les incendies de forêt
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session IV des 3 et 4 septembre 2026.

Débat

La présidente. Nous passons à l'urgence suivante, classée en catégorie II, trente minutes. Je cède la parole au premier signataire du texte, M. Erard, pour trois minutes.

M. François Erard (LC). Merci, Madame la présidente. Chers collègues, vous l'aurez toutes et tous observé, le changement climatique modifie fortement les conditions dans lesquelles les collectivités publiques doivent prévenir et combattre les incendies de forêt. Alors que ce risque concernait normalement surtout les régions de climat méditerranéen - on se souvient des incendies dans le sud de la France ou dans certains cantons alpins comme le Tessin, les Grisons, le Valais -, il pourrait s'étendre aujourd'hui à de nouveaux territoires, dont la région genevoise.

Les récents feux observés en Europe montrent que le risque se déplace vers des régions autrefois moins exposées. A titre d'exemple, l'incendie de la forêt de Fontainebleau, cette année, qui a détruit plus de deux mille hectares et mobilisé d'importants moyens aériens et terrestres, illustre l'ampleur que peuvent désormais prendre de tels événements.

Même si les forêts genevoises représentent une surface relativement modeste - environ trois mille hectares -, leur proximité avec les habitations, les infrastructures et les axes de communication augmente très fortement les conséquences potentielles d'un incendie.

L'objectif de ce texte est de ne pas limiter la réflexion au territoire genevois. Des moyens aériens installés dans la région pourraient intervenir sur une grande partie du bassin lémanique, du Grand Genève, inclure notamment le canton de Vaud, le Valais, l'arc jurassien et la France voisine. Cette dimension régionale est essentielle pour permettre une mutualisation des coûts de l'opération.

Vous l'aurez compris, la proposition de motion ne demande pas l'achat immédiat de bombardiers d'eau par le seul canton de Genève, il n'y a pas lieu que le Conseil d'Etat passe prochainement une commande; elle propose plutôt de lancer une étude approfondie afin d'évaluer la faisabilité d'une capacité aérienne régionale permanente et mutualisée. Cette analyse devra examiner les capacités existantes, les possibilités d'utiliser le lac Léman pour l'écopage, les coûts, l'organisation et les partenariats envisageables avec les autres cantons, la Confédération et les autorités françaises le cas échéant.

Un texte similaire a été déposé ou va l'être au Grand Conseil vaudois. L'objectif est de construire une réponse régionale à un risque qui dépasse largement les frontières administratives. Une capacité aérienne commune permettrait de renforcer les moyens au sol, de réduire la dépendance aux ressources extérieures, parfois indisponibles, et d'assurer une intervention rapide sur l'ensemble du bassin lémanique. Il appartient désormais au Conseil d'Etat et à ses partenaires d'en évaluer concrètement la faisabilité afin de passer d'une logique de dépendance à une véritable capacité régionale de protection contre les incendies de forêt. Le Centre vous invite dès lors à réserver un bon accueil à cette proposition de motion. Je vous remercie.

Mme Angèle-Marie Habiyakare (Ve). Mesdames et Messieurs les députés, la M 3243 demande au Conseil d'Etat d'engager une réflexion régionale en vue d'acquérir à terme une capacité aérienne mutualisée de lutte contre les incendies de forêt, y compris un éventuel bombardier d'eau.

Mais ce texte se trompe de priorité. La prévention, ce n'est pas de savoir comment agir une fois qu'un feu s'est déclaré, c'est d'éviter qu'il ne se déclare ou qu'il ne se propage. Or, sur ce point, la motion ne demande qu'un inventaire de l'existant, aucune de ses cinq invites ne propose la moindre mesure de renforcement de la prévention.

Regardons les chiffres. La France a déjà déboursé cet été près d'un demi-milliard d'euros pour combattre les feux de forêt déjà déclarés, sans parler des dégâts matériels, des habitations détruites et de la biodiversité disparue avec les flammes. Ce montant doit nous alerter, non nous rassurer: c'est le prix d'années de sous-investissement dans la prévention. De plus, selon l'Office fédéral de l'environnement, environ 90% des incendies de forêt en Suisse sont d'origine humaine. Autrement dit, l'immense majorité de ces sinistres est évitable, à condition d'agir en amont sur les comportements.

Le texte ne dit rien non plus sur la formation de notre personnel d'intervention à la lutte contre les feux de forêt. Il ne parle pas plus de la mise à jour permanente à assurer de nos connaissances des nouveaux risques, ou de l'information à la population quant aux comportements permettant d'éviter les départs de feu. Ce sont pourtant ces trois volets qui déterminent si un incendie reste maîtrisable ou non.

J'ajoute que les conditions aquatiques genevoises ne sont pas propices à l'usage d'un canadair, par exemple. Cet été le montre: dans les régions qui disposent déjà de cette capacité aérienne, elle n'a ni empêché ni réellement limité les incendies survenus.

Les effets du changement climatique se manifestent déjà clairement. Il faut agir maintenant, mais en misant sur la prévention et l'atténuation des risques. C'est pourquoi nous ne voterons pas ce texte sur le siège, mais demandons un renvoi à la CACRI pour sa dimension de coordination régionale. Si ce renvoi n'est pas accepté, nous déposerons un amendement qui prend en compte les dimensions que j'ai évoquées, notamment en matière de prévention. Je vous remercie. (Applaudissements.)

La présidente. Merci, Madame la députée. Nous procéderons au vote sur le renvoi en commission à l'issue du débat. La parole est à M. Philippe Meyer.

M. Philippe Meyer (PLR), député suppléant. Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs, chers collègues, le PLR soutient l'objectif de cette proposition de motion et remercie nos amis du Centre de l'avoir déposée. Personne ne peut aujourd'hui ignorer l'évolution du risque d'incendie de forêt. Ce qui paraissait autrefois un problème réservé au sud de l'Europe pourrait aussi concerner désormais notre région.

Pour autant, quand on parle de créer une capacité aérienne régionale permanente, il nous semble indispensable de prendre le temps d'examiner sérieusement quelle est la solution la plus efficace, la plus rapide, la plus pertinente pour Genève et la Suisse romande.

En lisant ce texte, on pense naturellement au bombardier d'eau, mes préopinants l'ont mentionné; mais la question mérite peut-être de se voir posée plus largement: avons-nous besoin d'un avion, d'un hélicoptère, d'une flotte mutualisée, d'un système hybride ou même d'outils de détection précoce permettant d'éviter que les incendies ne deviennent suffisamment importants pour nécessiter de lourds moyens aériens ?

Dans plusieurs régions du monde, notamment en Chine, des systèmes de surveillance par drones équipés de caméras thermiques permettent de détecter des départs de feu en quelques minutes. D'autres pays investissent dans des réseaux de capteurs, dans l'intelligence artificielle ou dans des moyens aériens légers capables d'intervenir très rapidement, avant que la situation ne dégénère. Car le meilleur incendie est souvent celui qu'on éteint avant qu'il n'apparaisse sur les réseaux sociaux.

Plus sérieusement, notre région dispose d'une géographie particulière. Nous avons le lac de Genève, Monsieur le premier signataire - pas le lac Léman -, nous avons des zones forestières relativement limitées, une proximité immédiate avec la France, des moyens héliportés civils déjà présents et des accords transfrontaliers qui doivent être développés. Il serait donc prématuré de conclure aujourd'hui que la réponse doit forcément être un bombardier d'eau stationné dans la région.

Le PLR estime qu'avant de parler d'acquisition ou de financement, nous devons disposer d'une analyse rigoureuse des besoins, des risques, des délais d'intervention et des différentes technologies disponibles. C'est précisément le rôle d'un travail de commission. Nous proposons donc le renvoi de cette proposition de motion en commission afin d'entendre des spécialistes de la sécurité civile voire des sapeurs-pompiers, des exploitants d'hélicoptères, des experts forestiers, toute une panoplie de personnes qu'il serait intéressant de consulter. Nous pensons notamment au commandant Schumacher, qui pourrait nous faire un retour sur l'expérience qu'il a vécue en Gironde. En matière de lutte contre les incendies, mieux vaut en effet investir dans la solution la plus efficace que dans la plus spectaculaire.

Le PLR est donc favorable à l'objectif de ce texte et soutiendra son renvoi en commission afin de déterminer de manière pragmatique et fondée sur les faits quel est le moyen aérien le plus adapté à notre région. Je vous remercie, Madame la présidente.

M. Sylvain Thévoz (S). Pour le parti socialiste, cette proposition de motion tombe un peu à plat après des décennies d'inaction climatique, après des votes de ce parlement à dominance de droite qui a d'abord nié le réchauffement, a tout fait pour vider la loi climat de sa substance et continue de le faire aujourd'hui, évite d'investir, de donner des moyens pour lutter contre le réchauffement climatique, contre ses causes. En juillet 2026, la bouche en coeur, le PDC - Le Centre, pardon - découvre que oui, il y a un réchauffement climatique, que l'Europe brûle, que bientôt peut-être des forêts vont brûler en Suisse, et propose d'acheter un canadair ! (Remarque.)

Voilà la réponse de la droite à l'urgence climatique, voilà la réponse sociale qu'elle propose alors que l'on constate - vous l'avez vu aujourd'hui - plusieurs centaines de morts supplémentaires cet été à cause de ce réchauffement climatique qui constitue une attaque directe contre nos conditions d'existence, de vie, en particulier pour les personnes les plus âgées, les plus vulnérables, et que ce parlement est incapable de voter une loi pour contraindre quelque promoteur que ce soit à isoler les maisons, à les rendre plus habitables pour les classes les plus précarisées, les personnes les plus vulnérables.

De ça, il n'a rien à fiche, ce qu'il veut, c'est un jouet, un avion, peut-être deux, qui vont coûter le lard du chat et qui ne serviront à peu près à rien - la Confédération l'a dit: premièrement, les canadairs ne servent à rien... (Remarque.) ...dans les zones montagneuses, ils n'ont pas l'espace pour s'approvisionner en eau. (Remarque.)

Deuxièmement, les Canadiens eux-mêmes l'assurent, et on ferait bien de s'en inspirer: «En gros, le système suisse est parfait; vous êtes bien équipés, vous avez les jouets qu'il faut, les hélicoptères, la protection civile. Ce n'est pas là le problème, vous vous trompez en disant qu'il vous faut des avions et du matériel en plus. Le matériel, vous l'avez.» M. Schumacher a les avions dernier cri... pardon, les camions ! (L'orateur rit.) ...et le matériel nécessaire. Ce n'est pas une question de matériel, il ne s'agit pas de savoir si on est équipé face aux feux de forêt. La Confédération va dire non. C'est une question de coopération avec l'Union européenne, et pour l'instant, la Suisse n'étant pas un Etat membre, il faut encore négocier pour qu'on puisse mutualiser ces moyens.

Enfin, le véritable enjeu est la lutte contre la précarité. Vous nous proposez aussi des coupes, des baisses d'impôts, vous demandez à tous les départements - on le verra dans le budget 2027 - de taper dans les enveloppes pour le social, d'écumer les budgets de toute proposition écologique qui permet de développer une certaine durabilité. (La présidente agite la cloche pour indiquer qu'il reste trente secondes de temps de parole.) Ensuite, vous ferez des choix politiques pour des avions en plus, des camions en plus, pour doubler les ressources sur ces corps sanitaires.

Eh bien non, ce n'est pas la solution, vous êtes complètement à côté, Mesdames et Messieurs. Il faut renvoyer cette proposition de motion au Centre, qu'il puisse encore la méditer peut-être, mais en tout cas pas la développer, l'appuyer, passer des heures en commission...

La présidente. Merci, Monsieur le député.

M. Sylvain Thévoz. ...comme on a entendu M. Meyer et le PLR y inciter - je finis -, à auditionner...

La présidente. Merci !

M. Sylvain Thévoz. ...des dizaines de personnes pour résoudre un problème mal posé. Merci. (Applaudissements.)

M. Christian Steiner (MCG). Quant à la polémique sur l'achat d'un canadair, j'aimerais tout d'abord informer cette assemblée que l'entreprise n'en produit plus, qu'il n'y en a plus à vendre... (Rires. L'orateur rit. Remarque.) ...et que le modèle suivant est à l'étude: à 100 millions pièce, il y a peu de volontaires. Effectivement, le canadair est la fausse bonne idée. J'ai eu l'opportunité d'en voir en action d'en haut alors que je survolais un incendie de forêt avec un monomoteur: ce serait très, très mal adapté à la Suisse et ce ne serait de toute façon pas nécessaire. On a des forêts en général assez bien entretenues, et autrement, pour un usage variable en Suisse en dehors des incendies qu'on n'espère pas, la solution est l'hélicoptère. A ce sujet, il faut préciser que la partie de la flotte aérienne espagnole la plus efficace, c'est-à-dire une dizaine d'hélicoptères russes Kamov 32, n'a pas pu être utilisée pendant les incendies de cet été en raison de l'embargo russe, ce qui a largement diminué les possibilités de lutte.

Même si les invites ne sont pas tout à fait adéquates, le MCG soutient le fond et votera le renvoi en commission.

La présidente. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. François Erard sur le temps de son groupe.

M. François Erard (LC). Merci, Madame la présidente. J'aimerais répondre à mon collègue Sylvain Thévoz - vous transmettrez. Tout d'abord, sa réaction ne m'étonne pas: il déteste tous les véhicules utilisant un moteur. L'avion en est un, ça ne m'étonne pas du tout qu'il soit vent debout contre cette proposition de motion.

Ensuite, je préciserai qu'elle ne parle pas de canadair: cet avion a souvent été cité ici, mais on ne l'évoque pas, on parle de bombardiers d'eau. Il peut s'agir d'hélicoptères ou de canadairs, mais ce n'est pas de cet avion précisément qu'on parle.

Pour terminer sur l'intervention de mon collègue Thévoz, il me semble que si on avait voulu demander à la France cette année de nous prêter des avions pour éteindre un incendie en Suisse, ç'aurait été très difficile... (Remarque.) ...étant donné tous les problèmes qu'il y a eu dans les Landes, la forêt de Fontainebleau, etc.

Je pense donc que cette motion a toute sa raison d'être, mais il ne faut pas se tromper de cible quand on en parle. Je vous remercie.

Une voix. Bravo !

M. Stéphane Florey (UDC). Cette proposition de motion est intéressante, elle va dans le bon sens. La lutte contre les incendies de forêt est un phénomène assez nouveau en Suisse, plus particulièrement à Genève. Mais là où le texte pèche, c'est qu'il faut justement axer les choses sur les besoins réels, et malheureusement, on ne va pas pouvoir échapper, en l'état, à une étude un peu plus approfondie en commission.

Il faut savoir que le groupement SIS vient de lancer - c'est tout à fait récent - tout un programme de formation pour les pompiers, notamment volontaires, sur les feux de forêt. C'est absolument nouveau. Le cycle va prendre plusieurs années. Tout est à mettre en place. Jusqu'à présent, on attaquait ces feux un peu à l'aveugle, à part les professionnels, qui, évidemment, sont formés à bien d'autres situations; mais en ce qui concerne les volontaires, c'est totalement inédit. De nouveaux moyens se mettent donc en place.

Parler d'avions aujourd'hui est en effet plus que prématuré. Vu la morphologie de la Suisse, on devrait plutôt évoquer des hélicoptères: si vous êtes en montagne, suivant où vous devez aller prendre de l'eau, ce sera un peu compliqué avec un avion. Donc vraiment, il faut cibler les bons moyens.

Quant aux budgets, il faudrait quand même peut-être regarder combien ça pourra nous coûter: si on fait toute une étude et qu'on lance des projets pour finalement se dire que c'est trop cher et risquer un vote négatif, on n'aura rien gagné au final.

Réussir à cibler les besoins nécessite des auditions, notamment du groupement SIS, on l'a dit, voire éventuellement celles d'autres cantons, afin de connaître leur expérience. On sait que le Valais notamment est beaucoup plus avancé sur ces questions que le canton de Genève. Par ailleurs, des collaborations existent déjà entre le groupement SIS et les autres cantons.

Il faut donc vraiment renvoyer le texte en commission et l'étudier le mieux possible pour cibler les réels besoins et ne pas procéder à des achats qui pourraient s'avérer inutiles par la suite. Je vous remercie.

La présidente. Merci, Monsieur le député. Monsieur Dugerdil, vous avez cinq secondes. (Rires. Remarque.) Vous renoncez, très bien. La parole est à Mme la conseillère d'Etat Carole-Anne Kast.

Mme Carole-Anne Kast, conseillère d'Etat. Merci, Madame la présidente, et merci, Mesdames et Messieurs les députés, pour cet objet et les interventions qui s'y rapportent. Si le sujet n'était pas aussi grave, j'aurais envie de vous dire: je vous en prie, ne vous enflammez pas !

Nous sommes saisis d'une proposition de motion, non d'un projet de loi, d'une demande d'acquisition de matériel ou d'autre chose de fortement engageant. Ce texte nous demande une étude et un rapport à votre intention - c'est à cela que servent les motions: étudier un sujet et rendre un rapport à votre Grand Conseil.

Je vais vous donner quelques éléments par oral, à l'instar de mes préopinants, qui ont tous livré leur science. Je ne prétends pas avoir des connaissances sur la question: je suis allée demander aux spécialistes, notamment au groupement SIS, comment nous pouvions être prêts sur ces questions.

Le SIS a identifié le risque lié aux feux de végétation il y a déjà six ans. L'élaboration d'une doctrine et d'un plan de mise en oeuvre a débuté par une analyse des risques et des propositions de réponses opérationnelles - identification des besoins en formation, en matériel - au moyen d'une rencontre avec les équivalents vaudois, neuchâtelois, fribourgeois, valaisans, d'un partage des réflexions et des filières de formation, et d'un travail sur une éventuelle mutualisation de matériel, notamment aérien.

Ces travaux ont débuté par un partenariat avec les cantons de Vaud et de Neuchâtel, et aussi avec la France, puisque des formations de spécialistes en extinction des feux de forêt y existent: ces trois groupements de défense, de secours et d'incendie suivent des cours dans les filières spécialisées en France et seront complètement formés, jusqu'à un très haut niveau hiérarchique, à la fin de l'été 2027.

Dans ce cadre, un travail a aussi été effectué sur l'éventuelle mutualisation de moyens aériens, notamment aéroportés. Comme certains l'ont dit, le canadair, le bombardier d'eau, n'est pas l'outil adéquat pour la morphologie de la Suisse romande, ou de la Suisse tout court d'ailleurs. Pour lutter contre les feux de forêt, nous travaillons avec les compagnies de Romandie, et ce n'est pas l'outil adapté: on privilégie plutôt des moyens héliportés mutualisés, notamment avec l'armée.

Des conventions existent déjà entre le GSIS et les compagnies de sapeurs-pompiers de l'Ain et de la Haute-Savoie: là aussi existent des possibilités de mutualisation et de renfort, comme ont pu en apporter en Gironde cet été les personnes formées du GSIS et en Corse l'armée suisse au moyen des hélicoptères.

Ce petit tour d'horizon de ce que serait la réponse du Conseil d'Etat si vous votiez cette motion a pour but de vous dire que nos professionnels sont bien préparés et qu'ils n'ont pas besoin d'heures en commission pour vous présenter un rapport de qualité.

Dès lors, je vous invite, si le thème vous intéresse, à voter cet objet sur le siège, avec ou sans l'amendement, puisque finalement les deux vont dans le même sens, c'est-à-dire obtenir la présentation d'un rapport détaillé sur l'action des professionnels; vous pourrez ensuite éventuellement envoyer ce texte en commission pour approfondir le sujet. Je vous demande donc soit de voter cette motion sur le siège pour que l'administration et les spécialistes puissent vous présenter un rapport de qualité, soit de la refuser en faisant simplement confiance à ces mêmes professionnels quant à leurs capacités de préparation et de réponse aux événements dramatiques que sont les feux de forêt. Merci, Madame la présidente.

La présidente. Merci, Madame la conseillère d'Etat. Nous votons sur la demande de renvoi à la CACRI.

Mis aux voix, le renvoi de la proposition de motion 3243 à la commission des affaires communales, régionales et internationales est adopté par 59 oui contre 19 non et 2 abstentions.