République et canton de Genève
Grand Conseil
Séance du vendredi 21 novembre 2025 à 14h
3e législature - 3e année - 6e session - 33e séance
P 2237-A
Débat
La présidente. Nous passons à la seconde pétition, la P 2237-A. Je cède la parole au rapporteur, M. Sirolli.
M. Geoffray Sirolli (PLR), rapporteur. Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs, malgré le titre explicite, permettez-moi tout de même de rappeler avec simplicité ce que demande - et ce que ne demande pas - cette pétition. Elle ne réclame ni plus de contrôles, ni de meilleures conditions, ni une évolution des pratiques de l'élevage bovin. Elle demande que Swiss Expo, l'une des principales expositions agricoles suisses et l'une des seules genevoises, se tienne sans bovins. Autrement dit: un concours bovin sans vaches, une foire agricole sans animaux, une vitrine de l'élevage sans élevage.
En tant qu'agriculteur, je veux le dire avec fermeté: cette pétition ne cherche pas à améliorer la réalité agricole. Elle cherche à la gommer. Elle ne propose pas d'encadrer, elle propose d'interdire. Elle ne veut pas corriger ce qui existe, elle veut tout simplement effacer ce qui la dérange. Et, au fond, ce n'est pas Swiss Expo que cette pétition combat. Ce qu'elle refuse, c'est l'existence d'une agriculture vivante, concrète et incarnée. Ce qu'elle ne supporte pas, ce ne sont pas des abus, mais le principe même de l'élevage.
Durant quatre séances, outre les pétitionnaires, nous avons entendu les spécialistes vétérinaires, le directeur de Swiss Expo et le vétérinaire cantonal. Il a été rappelé que cette manifestation est réglementée, surveillée, encadrée par les autorités. Les contrôles existent, les rapports sont exigés et les normes fédérales s'appliquent. Lorsque quelque chose pose question, cela se traite dans le cadre du droit existant, avec des corrections et parfois des sanctions, bref, de la manière dont le droit devrait fonctionner.
Les auteurs de la pétition - et plusieurs de leurs soutiens - ne demandent toutefois pas de renforcement des contrôles: ce qu'ils demandent, c'est simplement de tout supprimer. Leur problème, ce ne sont pas les abus, mais l'existence même de cette exposition. Ce n'est pas une position de régulation, mais une position idéologique que nous avons là, une vision dogmatique, qui ne supporte pas l'élevage dès lors qu'il implique une réalité vivante, concrète et humaine - et donc imparfaite -, une vision théorique, construite à distance, qui voudrait nous expliquer ce que sont l'animal, le bien-être animal et même l'agriculture, mais sans agriculteurs, sans éleveurs et sans animaux.
Swiss Expo n'est pas qu'un concours. C'est un moment de transmission, lors duquel des familles, des enfants, parfois des citadins qui n'ont jamais vu une vache de près, découvrent ce qu'est un animal d'élevage, ce que représente le travail d'un éleveur, la relation homme-animal, l'effort, la passion et la fierté. C'est un pont entre la ville et la campagne, un vrai, et pas seulement un slogan. Il y a des contraintes, des règles et des exigences, et c'est justement pour cela que nous avons un cadre légal. Il faut renforcer ce cadre si nécessaire, plutôt que de le contourner par une interdiction générale. Le rôle de l'Etat n'est pas de cacher ce qui dérange ni d'interdire ce qui est encadré et contrôlé. Le rôle de l'Etat, c'est de garantir un équilibre entre protection animale, liberté d'entreprendre, transmission culturelle et réalité agricole. Or, cet équilibre ne peut naître d'une pétition radicale et dogmatique. C'est pourquoi, au nom de la majorité de la commission, je vous invite à déposer cette pétition sur le bureau du Grand Conseil sans y donner suite. Merci beaucoup. (Applaudissements.)
M. Jean-Charles Rielle (S). Chères et chers collègues, cette pétition a été examinée avec tout le sérieux que le sujet du bien-être animal requiert. Lors de quatre séances, les pétitionnaires ont expliqué leur légitime démarche de nous interpeller sur les pratiques qui ont cours lors de telles manifestations; nous avons aussi entendu l'organisateur de Swiss Expo, de même que les représentants des milieux vétérinaires (notamment le vétérinaire cantonal), sur la surveillance de telles manifestations et le contrôle strict de l'application des lois en vigueur sur la protection du monde animal.
Lors de ces auditions contrastées, nous avons dû prendre en compte le fait que cette manifestation est le troisième plus grand concours de vaches laitières au monde, et que pas moins de mille vaches passent quatre jours dans une halle, certes en béton, chaque année en janvier. Ces animaux ont traversé la Suisse en camion, voire l'Europe, pour être exhibés sur une arène, sous une musique qualifiée par la pétition d'assourdissante. Le reste du temps, ils sont attachés. Les pétitionnaires ont également argué que, la taille des mamelles étant l'un des principaux critères de sélection, les vaches sont traites le moins possible avant le concours, au risque d'engendrer inconfort et douleurs, que l'Etat de Genève est l'actionnaire majoritaire de Palexpo, et que Palexpo ferait mieux d'organiser une foire agricole sans animaux.
L'excellent rapport de notre collègue Geoffray Sirolli relève l'importance de cette manifestation pour le monde agricole et pour l'image de Genève, tout en abordant, comme je l'ai dit précédemment, les préoccupations soulevées par les pétitionnaires en matière de bien-être animal. Si ceux-ci dénoncent certaines pratiques propres aux concours bovins, il est apparu que ces pratiques sont strictement encadrées par la législation fédérale, que des contrôles vétérinaires sont effectués et que les infractions constatées font déjà l'objet de sanctions.
Ainsi, pour la majorité de la commission, cette pétition paraît extrême. La défense du bien-être animal est prise en compte et contrôlée par nos instances. Comme indiqué dans le rapport, il semble difficile de remettre en cause une manifestation qui contribue à faire connaître l'agriculture suisse, à valoriser le travail des éleveuses et éleveurs et à maintenir un lien essentiel entre la ville et la campagne. La majorité considère qu'interdire la présence de bovins à Swiss Expo reviendrait à vider de son sens un événement emblématique apprécié du public et respectueux des règles en vigueur. Les ajustements nécessaires au respect du bien-être animal relèvent des autorités vétérinaires et des organisateurs. La majorité refuse donc la mesure d'interdiction prônée par les pétitionnaires et soutenue par une minorité et défend le maintien d'un dialogue constructif entre le monde agricole et la société urbaine. Forts de ces considérations, les socialistes vous recommandent de déposer cette pétition sur le bureau du Grand Conseil.
J'aimerais ajouter qu'à titre personnel, je suis très soucieux de l'éventuelle souffrance animale, qui peut être réelle à certains moments et dans certaines conditions. Il apparaît toutefois évident, en l'occurrence, que nous avons des règles et qu'elles sont appliquées. Les personnes chargées de la surveillance nous ont assurés du fait qu'elles l'étaient et que si des dérives étaient constatées, des sanctions seraient prises. Je vous remercie, Madame la présidente.
Mme Céline Bartolomucci (Ve). Mesdames et Messieurs les députés, avant la prise de parole du rapporteur de majorité, j'avais prévu de dire que les discussions lors des auditions s'étaient bien passées et que je souhaitais remercier les parties auditionnées, en particulier le directeur de Swiss Expo et le vétérinaire cantonal, pour la qualité des échanges. J'avoue être un peu déçue du ton donné par le rapporteur pour commencer ce débat, alors que toutes les parties auditionnées et notre groupe sont pleinement conscients de l'importance de cette manifestation, qui représente pour de nombreux éleveurs une valorisation de leur métier et de leur fierté professionnelle. C'est justement parce que nous reconnaissons cette réalité qu'il est nécessaire d'aborder avec sérieux et responsabilité les situations dans lesquelles certaines pratiques constatées lors de Swiss Expo soulèvent des interrogations légitimes, relevées officiellement par les instances cantonales et fédérales.
En effet, les auditions du service vétérinaire cantonal et de la Commission fédérale pour les expériences sur animaux ont mis en évidence plusieurs éléments ayant des impacts directs sur les vaches, comme les oedèmes mammaires liés aux pratiques du concours, l'usage de colle sur les trayons ou encore les contraintes et le stress liés au transport et au bruit dans un environnement fermé comme Palexpo. Il a d'ailleurs été proposé, lors des auditions, d'organiser l'exposition en pleine nature plutôt que dans cet environnement fermé, et on peut tous reconnaître que ce pourrait être une meilleure solution. La commission fédérale a également rappelé que d'autres pratiques observées lors de l'exposition entrent en conflit avec l'ordonnance fédérale, sur l'interdiction de prolonger l'intervalle entre les traites et sur certaines formes d'exhibitions, ce qui a même conduit à une ordonnance pénale à l'encontre de l'organisateur en 2024.
Tout ce que je viens de lister, ce sont seulement des constats de pratiques dénoncées, qui méritent d'être clarifiés par le Conseil d'Etat afin d'identifier les marges d'amélioration possibles et de renforcer la confiance entre les acteurs concernés. Une telle démarche ouvrirait la voie à une évolution sereine de Swiss Expo, dans un climat de transparence et de confiance qui permettrait de veiller non seulement au bien-être animal, mais également à la bonne réputation de toute la profession. C'est pourquoi notre groupe soutiendra le renvoi de cette pétition au Conseil d'Etat. Je vous remercie. (Applaudissements.)
Mme Christina Meissner (LC). Mesdames et Messieurs les députés, dans le cadre de cette exposition, ce sont les pis plutôt que les vaches qui comptent, et il faut les montrer excessivement pleins. Pour ce faire, on les colle pour éviter qu'ils ne gouttent et on prolonge les intervalles entre les traites. Ces intervalles prolongés entraînent avec le temps un oedème dans le tissu sous-cutané du pis de la vache. Sur la question, la Société des vétérinaires suisses précise qu'un oedème mammaire n'est pas toujours visible de l'extérieur, qu'un contrôle échographique est nécessaire, que des anti-inflammatoires peuvent cacher l'oedème, que l'oedème mammaire se développe après plusieurs heures - alors que les vaches subissent, preuves à l'appui, une contrainte due à la douleur et au stress depuis un certain temps -, et que les animaux doivent donc être traits immédiatement en cas de résultat positif afin de les décharger et que la souffrance cesse.
La Communauté de travail des éleveurs bovins suisses (CTEBS) rappelle que des contrôles sur les animaux doivent avoir lieu pendant toute la durée de l'exposition, mais rien n'est dit sur la fréquence de ces contrôles, sur le type d'examen et sur la transmission immédiate ou pas des résultats. Lors de son audition, le service cantonal des affaires vétérinaires (SCAV) a souligné qu'il reste une grande marge d'amélioration dans l'organisation de cette exposition. Il a par ailleurs précisé que lors de l'édition précédente, plusieurs documents de contrôle transmis ne mentionnaient ni les éleveurs ni les horaires de traite, rendant impossible tout contrôle sérieux.
Il faut savoir que par ordonnance pénale rendue le 27 mars 2025, le président de Swiss Expo a été condamné par le Ministère public genevois pour mauvais traitements infligés aux animaux et entrave à l'action pénale. Il n'aurait pas suffisamment surveillé les pratiques qui visent à modifier artificiellement l'apparence des pis des vaches. Il est aussi accusé d'avoir laissé trop de temps entre les traites. Le Ministère public rappelle par ailleurs que plusieurs manquements avaient déjà été signalés.
Compte tenu de ces manquements répétés, avérés et sanctionnés, il n'est pas étonnant que la pétition demande de renoncer à exposer des vaches à Swiss Expo. Pour des raisons éthiques et morales évidentes, personne ne peut cautionner la souffrance animale due à des pis démesurément gonflés. De là à demander la tenue d'une foire agricole sans animaux, il ne faut toutefois pas exagérer. Il est en effet tout à fait possible d'exposer des animaux de ferme dans de bonnes conditions, raison pour laquelle Le Centre optera pour le dépôt de cette pétition - mais pas moi.
M. Lionel Dugerdil (UDC). Il est vrai que nous vivons une ère, des tendances et des modes assez particulières. C'est la mode du vin et de la bière sans alcool, des boissons et de la nourriture sucrées sans sucre, des steaks goûtus et onctueux sans viande, des nouvelles sans nouvelles, d'une presse sans information, et pourquoi pas d'un Bioparc sans animaux ! Et voilà qu'arrive maintenant la petite dernière: des expositions bovines, mais sans bovins !
Ne nous trompons pas de combat. Les expositions sont encadrées, normées et contrôlées, et c'est pour ça que des dénonciations ont été enregistrées et des ordonnances prononcées. Les manquements sont relevés. Les éleveurs participant à ces expositions sont des passionnés. Ils aiment leurs bêtes, ils s'en occupent, ils les choient et ils dorment même avec elles. (Commentaires.) Oui, ils dorment avec leurs bêtes pendant les foires pour pouvoir s'en occuper et être au plus près d'elles. Ça peut choquer ceux qui ne connaissent pas ces expositions, qui n'y sont jamais allés - et qui soutiennent certainement cette pétition d'ailleurs -, mais c'est comme ça que ça se passe.
Pour le groupe UDC, le dépôt, tout comme le renvoi, revient à donner beaucoup trop d'importance à de telles inepties. C'est pourquoi nous vous demandons le refus du dépôt, puis du renvoi, afin que cette pétition soit classée. Merci. (Applaudissements.)
La présidente. Merci, Monsieur le député. La parole est à M. Falquet pour une minute trente.
M. Marc Falquet (UDC). Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs, il convient d'ajouter à ce qu'a dit notre agriculteur que la maltraitance, aujourd'hui, est subie par les producteurs, qui n'arrivent pas à vivre de la production de lait. Il faut le dire: le prix du lait est si bas qu'ils ne peuvent pas en vivre et qu'ils sont incités à aller dans des expositions acheter des vaches qui produisent toujours plus. Ils y sont obligés, parce que le prix du lait est trop bas, et c'est vraiment un problème.
Ce qu'on peut faire - je le mentionne puisqu'on a un représentant de la grande distribution avec nous aujourd'hui -, c'est acheter du lait biologique, qui permet de garantir le plus haut niveau de bien-être animal et de payer un prix du lait plus élevé. Pourquoi la grande distribution suisse ne fait-elle pas comme un grand distributeur étranger, qui vend du lait équitable qu'il paie un franc le litre au producteur ? C'est vraiment un exemple et j'enjoins à la grande distribution d'aller dans ce sens et de payer le lait équitablement. Merci, Monsieur le représentant de la grande distribution ! (Rires.)
Cela étant dit, on peut regretter la pétition parce que, comme hier, on a affaire à des donneurs de leçons - en l'occurrence de purs véganes - qui font de la provocation. Ils auraient pu demander d'améliorer simplement les conditions d'exposition des animaux, mais non...
La présidente. Il vous faut conclure, Monsieur le député.
M. Marc Falquet. ...ils demandent une suppression des bovins. Ce caractère extrémiste, évidemment, est totalement contreproductif, comme on l'a dit hier, et dommageable pour la cause des animaux également.
La présidente. Merci, Monsieur le député.
M. Marc Falquet. Et merci aux animaux ! C'est un temps à fondue, aujourd'hui ! (Rires.) Merci beaucoup.
Mme Danièle Magnin (MCG). Je voudrais relever que l'industrie laitière est une industrie extrêmement importante, et je partage assez l'avis de M. Falquet sur le fait qu'on ne paie pas le lait assez cher au producteur. Je serais tout à fait d'accord de payer mon lait plus cher, et je l'achète bio.
Cela dit, ce que je trouve regrettable, ce sont les méthodes utilisées pour obtenir ce fameux lait. On a eu, à la commission de l'environnement et de l'agriculture, le grand plaisir de visiter une exploitation à Troinex, et nous avons constaté que les vaches peuvent être élevées en stabulation libre, avec de petits taureaux très mignons qui font leur travail sans qu'un vétérinaire doive intervenir avec des paillettes de sperme présélectionnées, qui proviendront du même animal pour toute la Suisse, ce qui peut entraîner des problèmes génétiques assez graves.
On a vu également les veaux sous la mère, mais ça, c'est pour l'industrie de la viande, pas pour l'industrie laitière. L'industrie laitière, c'est une autre affaire: des vétérinaires sont mandatés pour inséminer les vaches et, quand le veau est prêt à naître, soit la vache le met bas, soit il est extrait de son ventre par une machine qui le tire. Ensuite, on tue le veau et même, parfois - j'ai vu des documentaires sur ce sujet - on le jette, parce que la seule chose qui compte, c'est le lait. Eh bien... (L'oratrice est prise par l'émotion.) Excusez-moi. Quand j'étais enfant, ma mère disait à mon petit frère: «Ne pleure pas comme un veau qui a perdu sa mère !» Nom d'un chien, les vaches sont sensibles ! Vous ne pouvez pas juste penser que ce n'est pas grave et qu'on fait autrement !
Je vous signale par ailleurs que début 2025, Swiss Expo n'a pas eu lieu à cause de la maladie de la langue bleue, pour éviter la transmission de cette maladie qui est très douloureuse pour les animaux et qui atteint aussi bien les ovins que les bovins. On a tout simplement supprimé cette foire parce que le risque de transmettre la maladie à l'ensemble du cheptel européen aurait été trop grand. Actuellement, des vaccins existent et la Confédération a donné des ordres pour la vaccination.
En conclusion, je voulais vous rendre sensibles à ce que cela représente d'obtenir du lait et à la manière dont on le fait en Suisse. Ce n'est pas toujours très honorable. En ce qui concerne votre conscience et le fait de voter oui ou non, je ne me prononcerai pas. Merci.
M. Jacques Jeannerat (LJS). Il est du devoir de chacun des membres de ce parlement - et du gouvernement - de se préoccuper du bien-être animal et de lutter contre la maltraitance. Cette pétition, Mesdames et Messieurs, chers collègues, va toutefois trop loin. La commission a fait quatre auditions - vous l'avez mentionné, Monsieur le rapporteur - et nous avons appris un certain nombre de choses. Les règles qui sont pratiquées dans ce genre d'exposition nous ont été expliquées et la commission a été vraiment rassurée.
J'aimerais relever la naïveté - j'insiste sur le mot naïveté - des pétitionnaires. Ils sont juste passés dans cette exposition, ils ont vu trois vaches et ils se sont dit: «Oh là là, les pauvres vaches !» J'ai moi-même demandé aux pétitionnaires s'ils avaient pris des renseignements sur d'autres expositions. J'en ai cité deux: l'OLMA à Saint-Gall, qui est fort connue, et le salon de l'agriculture à Paris. Ces personnes ne savaient même pas que ça existait ! Elles ne savaient pas qu'il y avait une foire agricole suisse à Saint-Gall, qui a lieu chaque année. Elles ont certes déposé une pétition animées d'une bonne intention, mais elles font preuve d'une naïveté... Elles ne savent pas comment ça se passe. Les auditions, elles, nous ont montré comment ces expositions fonctionnent.
La pétition est certes louable, mais elle ne vaut pas la peine d'y consacrer trop de temps et le groupe LJS vous recommande de voter non au renvoi au Conseil d'Etat, non au dépôt, et de classer cet objet qui ne mérite pas mieux. Le sujet a été évoqué, et franchement, ça n'en vaut pas la peine.
La présidente. Merci, Monsieur le député. M. Thévoz, vous n'avez plus de temps de parole, malheureusement. Je repasse la parole à M. Sirolli.
M. Geoffray Sirolli (PLR), rapporteur. Merci, Madame la présidente. Je voudrais juste apporter quelques précisions, tout d'abord à l'intention de Mme Magnin, pour lui dire que tous les éleveurs sont amoureux de leurs bêtes, vraiment. Ce ne sont pas des gens qui leur veulent du mal; ce sont les premiers concernés par le bien-être des vaches et le fait qu'elles se sentent bien. C'est la première chose.
Ensuite, je rappelle à M. Falquet que s'il veut acheter du lait à un prix équitable, il n'est pas obligé d'aller chez les grands distributeurs, il existe plein de petits producteurs auxquels il peut s'adresser. Par exemple, à Corsier, juste à côté de son village de Collonge-Bellerive, il y a un petit producteur qui vend son lait ! Je dis ça par hasard ! Je me permets de faire de la pub. (L'orateur rit. Rires.)
Enfin, le PLR ne s'opposera pas au classement de cette pétition.
La présidente. Merci, Monsieur le député. Nous passons au vote.
Mises aux voix, les conclusions de la commission des pétitions (dépôt de la pétition 2237 sur le bureau du Grand Conseil à titre de renseignement) sont rejetées par 54 non contre 14 oui et 2 abstentions.
Mis aux voix, le renvoi de la pétition 2237 au Conseil d'Etat est rejeté par 58 non contre 15 oui et 4 abstentions (vote nominal).
La pétition 2237 est donc classée.