Séance du jeudi 4 juin 2026 à 20h30
3e législature - 4e année - 2e session - 9e séance

M 2950-A
Rapport de la commission judiciaire et de la police chargée d'étudier la proposition de motion de Thierry Oppikofer, Francine de Planta, Murat-Julian Alder, Darius Azarpey, Jean-Pierre Pasquier pour que cessent les rixes entre bandes de jeunes
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session X des 19 et 20 mars 2026.
Rapport de majorité de Mme Nicole Valiquer Grecuccio (S)
Rapport de minorité de M. Jean-Pierre Pasquier (PLR)
M 3035-A
Rapport de la commission judiciaire et de la police chargée d'étudier la proposition de motion de Thierry Oppikofer, Pierre Conne, Murat-Julian Alder, Joëlle Fiss, Jean-Pierre Pasquier, Darius Azarpey, Diane Barbier-Mueller, Jacques Béné, Rémy Burri, Francine de Planta, Alexis Barbey pour prévenir la délinquance juvénile
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session X des 19 et 20 mars 2026.
Rapport de majorité de Mme Nicole Valiquer Grecuccio (S)
Rapport de minorité de M. Jean-Pierre Pasquier (PLR)

Débat

La présidente. Nous continuons le traitement de nos urgences avec les M 2950-A et M 3035-A, qui sont classées en catégorie II, quarante minutes. (Brouhaha.) Je vous demande d'être un peu plus silencieux, s'il vous plaît ! Nous avons commencé un nouveau débat. Si vous voulez parler du G7 et de l'indemnisation, je vous prie de sortir. (Un instant s'écoule.) S'il vous plaît !

Le rapport de majorité est de Mme Nicole Valiquer Grecuccio, à qui je cède le micro.

Mme Nicole Valiquer Grecuccio (S), rapporteuse de majorité. Merci, Madame la présidente. Mesdames et Messieurs les députés, la commission a décidé de lier ces deux objets.

La proposition de motion 2950 porte sur le phénomène des rixes. Elle demande de dresser un état des lieux et de se concentrer sur les actes violents commis par des mineurs et sur la manière d'y faire face. Le département nous a fourni un éclairage tout à fait clair et il partage bien sûr la préoccupation soulevée par ce texte. Des éléments nous ont été présentés, qui montrent qu'on a assisté à une augmentation de la délinquance chez les mineurs. Celle-ci s'est accélérée durant la période post-covid notamment avec l'utilisation des réseaux sociaux, car la violence qui s'y déroule est un catalyseur des rixes entre bandes de jeunes, comme l'a rappelé M. Broch, commandant adjoint de la police. 

Cela dit, le travail en réseau - avec la Fondation pour l'animation socioculturelle (FASe), avec les familles, avec la police française, grâce entre autres à une brigade opérationnelle mixte, et avec les associations - paie. Comme le DIN l'a relevé, la réponse ne peut pas être que répressive; elle doit être aussi préventive. Ainsi, signalons la collaboration fructueuse avec le département de l'instruction publique concernant les interventions dans les écoles, notamment les cycles d'orientation. La déconstruction du schéma consiste d'abord à expliquer les conséquences d'actes violents au sein des écoles, car il existe une méconnaissance et un sentiment d'impunité chez un certain nombre de jeunes, comme l'ont souligné la police et l'ensemble des auditionnés. La politique criminelle commune reconnaît également la force de la prévention.

Les réponses convaincantes qui ont été apportées ont incité la commission à demander un retrait éventuel de la M 2950 avant même le dépôt de la M 3035, qui est beaucoup plus ciblée, comme l'a d'ailleurs relevé son auteur PLR.

Le DIN a rappelé la politique criminelle commune en vigueur et le travail en réseau pertinent - comme je l'ai dit - pour faire face à une problématique sociétale. Un comité de pilotage de la délinquance juvénile a été mis en place et coordonne l'ensemble des partenaires sociosanitaires. Je renvoie à l'audition très argumentée de M. Matthias Bolens, chef de section adjoint de la police judiciaire.

M. Zen-Ruffinen, président du Tribunal des mineurs, a quant à lui souligné les conclusions du rapport du Conseil fédéral de septembre 2025, qui mentionne que la délinquance des mineurs a chuté ces dernières années, avec 1,2% des mineurs résidents qui commettent des infractions. Le problème reste les multirécidivistes, qui représentent environ 5% de ces jeunes et commettent 76% des infractions. Comme il l'a signalé, ce qui est beaucoup plus préoccupant, ce sont les faux policiers et les faux banquiers qui arnaquent des personnes âgées. A ce propos, on a aujourd'hui un champ d'action important, comme la presse l'a d'ailleurs montré.

En conséquence, la majorité de la commission a proposé de rejeter la M 2950 ainsi que la M 3035: au fond, toutes leurs invites sont réalisées; le Conseil d'Etat ne ferait que répéter ce qu'il a déjà dit et redit en commission. Encore une fois, nous ne nions pas le phénomène, mais des réponses ont été apportées par l'ensemble des intervenants, que ce soit le DIN, le DIP, ou d'autres comme la FASe. Je vous remercie.

M. Jean-Pierre Pasquier (PLR), rapporteur de minorité. Madame la présidente, Mesdames et Messieurs, chers collègues, nous sommes aujourd'hui face à un choix assez simple: soit nous prenons au sérieux les faits et les auditions de la police, du Tribunal des mineurs et de la FASe, soit nous décidons de les ignorer.

La minorité de la commission, représentée exclusivement par les députés PLR, soutient les deux motions «pour que cessent les rixes entre bandes de jeunes» et «pour prévenir la délinquance juvénile», car les faits sont là, et ils sont récents. En 2023, des violences récurrentes ont eu lieu entre jeunes à Thônex; une agression malheureuse a coûté la vie à un jeune homme, tué d'un coup de couteau. Durant l'été 2024, plusieurs agressions ont impliqué des jeunes. Un adolescent de 16 ans est poignardé à la sortie du train; un autre jeune est passé à tabac gratuitement quelques semaines auparavant. Les faits sont liés à des conflits entre groupes de jeunes de différents quartiers. En octobre 2024, des combats organisés entre jeunes sont signalés dans un centre de formation, avec des paris à la clé. En mars 2025, au parc des Cropettes, une quinzaine de jeunes se battent avec des couteaux et des barres de fer. Résultat: cinq blessés. En mai 2025, à la gare des Eaux-Vives puis dans la rue, une trentaine de jeunes s'affrontent entre bandes avec des engins pyrotechniques, les fameux mortiers que l'on voit en France.

Ces événements ne sont pas isolés. La police nous l'a dit, les rixes entre bandes sont souvent organisées via les réseaux sociaux; elle parle d'une situation préoccupante et d'une augmentation de la délinquance des mineurs. Elle manque en outre d'effectifs et de moyens. Les acteurs sociaux, quant à eux, et la FASe en particulier, évoquent une forte violence interquartiers impliquant des jeunes dès 12 à 15 ans, avec des logiques de groupe et des cycles de violence. Enfin, le président du Tribunal des mineurs nous dit que la délinquance est concentrée sur une minorité de jeunes qui commettent la majorité des infractions, que les structures sont saturées et manquent de moyens et de places adaptées.

Je veux souligner un point essentiel, surtout pour vous, Mesdames les députées. Les protagonistes de ces violences sont très largement des hommes. Les auditions le confirment: les auteurs sont de jeunes hommes. Ce constat dépasse Genève. En Suisse, jusqu'à 95% des violences graves sont commises par des hommes. Les événements récents observés en France, la semaine passée, ont à nouveau montré une très forte prédominance masculine parmi les personnes impliquées dans les débordements violents. Le ministre de l'Intérieur l'a encore rappelé à l'Assemblée nationale lors des questions.

Ce n'est donc pas seulement un problème de jeunesse. C'est un phénomène structuré, genré, qui s'inscrit dans des dynamiques de groupe, de virilité et d'influence des réseaux sociaux.

Et pourtant, que nous dit la majorité ? «Mais à part ça, Madame la marquise, tout va très bien, tout va très bien !» Elle nous dit que tout fonctionne déjà, que le réseau des différents acteurs de prévention existe, qu'il ne faut pas légiférer. C'est difficilement acceptable, parce que ce que montrent les auditions, c'est exactement l'inverse: le phénomène existe, il évolue, il est complexe et il nécessite une vision globale.

Les motions ne remettent pas en cause le travail effectué. Elles en tirent les conséquences. La M 2950 demande de la clarté, par un état des lieux et un recensement précis, car les informations sont actuellement dispersées et peu lisibles. La M 3035, quant à elle, propose une structuration avec un «réseau de sécurité jeunes», un observatoire et un pilotage.

Aujourd'hui, il y a de nombreux acteurs, un travail réel, mais fragmenté, sans véritable gouvernance. Le PLR est le seul groupe qui a pris ce problème de sécurité au sérieux dès le départ, en identifiant les signaux, en réclamant des données et en proposant des solutions.

La présidente. Vous passez sur le temps de votre groupe.

M. Jean-Pierre Pasquier. Mesdames et Messieurs, refuser ces motions, ce n'est pas faire preuve de prudence, c'est refuser de structurer l'action publique face à un phénomène réel, documenté et préoccupant. La minorité vous invite donc à soutenir ces deux objets. (Applaudissements.) 

Mme Masha Alimi (LJS). Mesdames et Messieurs, en tant que représentante du groupe Libertés et Justice sociale, je souhaite expliquer pourquoi, après avoir soutenu la M 2950 en commission, nous voterons aujourd'hui contre les deux motions qui nous sont soumises. 

Il est indéniable que la violence et la délinquance juvéniles sont des sujets graves, qui préoccupent notre société. La M 2950, que j'ai soutenue initialement, visait à obtenir un état des lieux précis, un recensement des incidents et un bilan des mesures prises. Cette démarche était légitime pour éclairer notre action politique et garantir la transparence.

Cependant, les auditions menées en commission ont démontré que les réponses attendues existent déjà et que les acteurs de terrain, c'est-à-dire la police, la FASe, le DIP et le Tribunal des mineurs travaillent en réseau, de manière coordonnée et efficace. Les mesures de prévention, d'intervention et de suivi sont en place, et les résultats sont tangibles: baisse des rixes en 2025, réorganisation de la brigade des mineurs, collaboration avec les maisons de quartier et les écoles, implication des familles et des partenaires sociaux. 

Ensuite, la M 3035 propose la création d'un «réseau de sécurité jeunes» et d'un observatoire spécifique. Or, il ressort clairement des auditions que ces dispositifs existent déjà, sous une forme opérationnelle et souple. L'adoption d'une loi supplémentaire risquerait de rigidifier un système qui fonctionne grâce à la transversalité et à l'adaptabilité des acteurs. Comme l'a souligné la conseillère d'Etat en audition, l'instauration d'une loi rigidifie le système et n'est pas nécessaire pour continuer à travailler de manière efficace. 

Troisièmement, il serait contreproductif d'envoyer un signal laissant entendre que le travail accompli jusqu'ici serait insuffisant ou ignoré. Au contraire, il faut reconnaître l'engagement des équipes de terrain et concentrer nos efforts sur le renforcement des moyens existants, notamment pour la prise en charge de jeunes multirécidivistes, le soutien aux familles et la prévention dès le plus jeune âge.

Enfin, fidèles aux valeurs de Libertés et Justice sociale, nous plaidons pour une action publique pragmatique, fondée sur l'évaluation régulière des dispositifs, la consolidation des réseaux existants et l'adaptation continue aux réalités du terrain. Plutôt que de multiplier les rapports et les lois, investissons dans l'humain, la formation, la prévention et l'accompagnement social. 

Pour toutes ces raisons, LJS vous invite à refuser ces deux motions, tout en saluant le travail accompli et en appelant à une mobilisation renforcée des moyens pour la jeunesse et la cohésion sociale. Merci.

M. Thierry Oppikofer (PLR). Chers collègues, nous le savons, et la conjoncture actuelle, tant internationale que locale - on pense aux événements récents à Paris ou à ceux qui nous attendent dans quelques jours -, est là pour le souligner, le premier devoir de l'Etat est de garantir la sécurité des citoyennes et des citoyens. C'est aussi l'une des premières préoccupations, et je dirais même que c'est probablement la première préoccupation de nos concitoyens dans le contexte actuel des manifestations imminentes contre le G7.

En tant que premier signataire de ces deux objets visant à quantifier, à identifier et à prévenir le phénomène tout à fait particulier de la violence de quelques bandes de jeunes, qui a pris des dimensions inquiétantes - la rapporteuse de majorité nous a expliqué que tout ça était une fausse impression et que ça n'existait pas vraiment, ce qui a heureusement été corrigé par la suite... En proposant des mesures de bon sens qui auraient dû trouver un écho positif au-delà des querelles partisanes, je ne m'attendais pas à un rejet quasi unanime de la M 2950, qui visait à mieux saisir le phénomène. Seuls le PLR, Le Centre et LJS l'ont votée, et nous venons d'entendre que LJS a changé d'avis entre-temps. Le traitement de cette motion a par ailleurs duré deux ans.

Ensuite, la M 3035 ne faisait finalement que proposer d'adapter à Genève ce qui a très bien fonctionné à Fribourg, où on a su prendre en main le caractère spécifique de la violence des bandes de jeunes. Il s'agissait de comprendre, de prévenir et de traiter cette violence de façon efficace, et seuls les quatre commissaires PLR l'ont acceptée. Les médias s'en sont d'ailleurs récemment étonnés.

Aujourd'hui, en réalité - vous allez sans doute être surpris, chers collègues -, c'est plutôt un grand sentiment de gratitude qui m'étreint. Du côté de la gauche, où on a dit dans cet hémicycle il n'y a pas si longtemps que le home-jacking était un problème de riches, personne ne s'attendait à grand-chose. En revanche, le fait que les autres partis, dont deux au moins prétendent défendre la sécurité et les intérêts de la population genevoise, rejettent des textes qui visent précisément la sécurité et les intérêts de la population genevoise, c'est en fin de compte un magnifique cadeau qui a été offert au PLR - en commission bien sûr, mais ce sera certainement corrigé dans quelques minutes, du moins je l'espère. La session extraordinaire de la semaine dernière avait déjà montré que les seuls élus qui veulent toujours et vraiment protéger les Genevoises et les Genevois, ce sont ceux du PLR, et ce vote à la commission judiciaire et de la police n'a fait que le confirmer.

Il n'est évidemment pas trop tard et, sans nourrir trop d'illusions, le groupe PLR invite les égarés à retrouver la raison, à retrouver la lumière et à accepter ces deux objets. Si tel n'était pas le cas, il leur exprime d'avance sa reconnaissance, puisque celles et ceux qui refuseraient ces motions adresseraient un message clair au corps électoral: «Votre sécurité n'intéresse personne, sauf le PLR !» Merci, Madame la présidente. (Applaudissements.)

Mme Alia Chaker Mangeat (LC). Je comprends mieux pourquoi le PLR a demandé l'urgence sur ces deux objets: c'est encore pour faire de la gesticulation ! Je crois que la semaine dernière, ça ne vous a pas suffi. Bravo ! Enfin bon.

Mesdames et Messieurs les députés, Le Centre partage bien sûr les préoccupations des signataires de ces textes s'agissant de la délinquance des mineurs, qui est un phénomène complexe, multifactoriel et très inquiétant. Cela dit, si notre position rejoint la majorité sur la seconde motion, elle s'en écarte sur la première, la M 2950, et je vais vous expliquer pourquoi.

Les faits établis en commission sont préoccupants. Je ne vais pas revenir sur ce qu'a écrit la rapporteuse de majorité, que je remercie d'ailleurs pour son rapport extrêmement bien rédigé, même si je ne suis pas d'accord avec ses conclusions. Ce que demande la M 2950, c'est un état des lieux, un recensement des incidents violents impliquant des jeunes, un bilan des mesures éducatives, préventives et répressives qui ont été prises et une présentation des moyens disponibles. Il nous semble, au Centre, qu'il est nécessaire de solliciter des comptes précis de la part de l'Etat sur une problématique qui touche la sécurité quotidienne de nos concitoyennes et concitoyens et qui est d'autant plus préoccupante qu'elle concerne des jeunes.

Bien sûr, de nombreuses mesures sont déjà prises, Mesdames et Messieurs, et je remercie d'ailleurs la conseillère d'Etat et son département. Nous pensons cependant qu'il serait utile d'en dresser un état des lieux exhaustif et dynamique, afin que nous, en tant que Grand Conseil, puissions assurer un suivi politique sérieux et documenté en matière de lutte contre cette criminalité, et nous déterminer le cas échéant sur la politique menée. 

En ce qui concerne le second texte, notre groupe partage la conclusion de la majorité et votera son refus. La M 3035 demande au Conseil d'Etat de déposer un projet de loi instaurant un «réseau de sécurité jeunes» avec un observatoire et un monitoring particuliers. L'objectif est louable et le diagnostic posé par les auteurs de ce texte est juste, mais la solution proposée, franchement, nous inquiète. Créer un réseau formalisé par la loi, doté de son pilotage propre, de son observateur, de ses intervenants spécifiquement formés et de ses mécanismes de monitoring, c'est construire une usine à gaz. Or, les usines à gaz, Mesdames et Messieurs, on sait comment elles naissent: avec les meilleures intentions du monde; mais aussi comment elles finissent: coûteuses, lourdes et peu efficaces. Je suis d'ailleurs surprise que cette proposition émane du PLR. J'ai d'abord cru que c'était un projet du parti socialiste !

Les travaux de commission l'ont montré, les dispositifs existent déjà. La brigade des mineurs a été renforcée et un comité de pilotage de la délinquance juvénile a été mis en place, dans le but d'améliorer la capacité de la police à faire face à ce type de phénomène en incluant la police municipale, en élaborant une convention de collaboration avec la FASe - et donc avec les travailleurs sociaux sur le terrain - et avec l'Hospice général. Toute une série de mesures ont été prises, en collaboration aussi - j'ai oublié de le mentionner - avec le DIP, qui joue un rôle important par la multiplication des interventions dans les écoles - en particulier dans les cycles d'orientation - sur des thèmes tels que les réseaux sociaux, le harcèlement et l'utilisation d'armes. Tout cela fonctionne et se développe encore.

Ce qu'il faut, c'est renforcer ce qui existe et garder de la souplesse. Légiférer pour créer un énième observatoire est inutile et risque même de constituer un frein à l'engagement actuel. Je vous invite donc à refuser la deuxième motion. Merci beaucoup.

M. Yves Nidegger (UDC). On peut évidemment sauter comme un cabri en criant «Sécurité ! Sécurité !», ça n'impressionne pas grand-chose... (Remarque.) ...ni personne. Surtout lorsque l'on crie en même temps «Immigration ! Immigration ! Encore plus d'immigration, s'il vous plaît !» et que l'on sait parfaitement que la violence et l'ensauvagement général de la société d'aujourd'hui sont le reflet d'un effondrement civilisationnel qui est dû en bonne partie à l'incapacité d'absorber l'immigration que l'on encourage à être de plus en plus massive parce que, paraît-il, ça paie l'AVS. Bon, en ce moment, ça alimente surtout la violence.

En tant qu'avocat, je connais la chose. J'ai des clients dont les adolescents de 16 ou 17 ans se font casser la gueule par d'autres du même âge, qui vont ensuite voir le juge des mineurs, lequel leur adresse une réprimande, n'est-ce pas ? Il arrive de plus, parce que le droit pénal des mineurs est ainsi fait, que la partie civile ne puisse même pas avoir connaissance de la peine ! On choie la jeunesse, que l'on considère comme très fragile, dans le cadre d'un ensauvagement général de la société qui marque simplement l'échec d'une civilisation.

Nous sommes à l'époque du nihilisme. Cette déification du vide, vous la ressentez jusqu'à la tour Baudet, où l'on adore tout ce qui est néant et vide. C'est un symptôme qui nous prend par les tripes et qui se traduit par toute une multitude de phénomènes, dont la violence juvénile en particulier.

Les invites alibis... On est capable de dire que 5% des jeunes commettent 76% des délits - et éventuellement des crimes -, donc on les connaît ! Ce ne sont pas des bandes de jeunes qu'il s'agirait d'identifier grâce à un programme spécifique permettant ensuite de savoir pourquoi ces braves gens se battent. Non ! On sait qui se bat, on sait de quels milieux ils viennent, depuis quels quartiers ils s'organisent. On connaît la cause: c'est essentiellement l'échec de la transmission des valeurs que nous croyions universelles et qui malheureusement ne le sont pas, qu'on a de plus en plus de mal à inculquer à nos propres enfants - et je ne vous parle pas de le faire pour les enfants des autres !

Le fond de l'affaire est là. On peut évidemment se voiler la face, se dire qu'une motion, une sous-commission, une étude et un peu d'argent dépensé pour une recherche vont résoudre le problème. Le problème n'est pas là du tout. Si nous ne voulons pas admettre qu'au fond, nous sommes dans une impasse civilisationnelle, aussi sur la question de la violence... Nous nous sommes piqués de dire, à un moment donné: «Nous allons bannir entièrement toute violence !» Vous ne pouvez plus donner une claque à votre propre enfant sans risquer d'aller en prison ! Qu'est-ce que nous avons fait, en voulant bannir... Ce n'est pas possible, la violence fait partie des pulsions humaines. Il faut la gérer; on ne peut pas la bannir. Si vous décidez de la bannir, vous bannirez en même temps la culture qui va avec.

Quand j'étais enfant, on me disait: «N'attaque jamais quelqu'un d'autre, par contre tu peux te défendre; ne tape jamais quelqu'un qui est à terre, ne tape jamais un plus petit que toi, évidemment jamais une femme.» La violence faisait partie des choses qui dans certains cas sont légitimes et, parce que c'était légitime dans certains cas, c'était illégitime dans d'autres. Aujourd'hui, vous avez une situation où, dans un bus, tout le monde est parfaitement calme et tout à coup, un adolescent se lève et trois secondes après, il est en train de balancer des coups de chaussures dans la tête, dans les côtes ou sur le crâne de quelqu'un qui est couché par terre, peut-être un vieillard. (La présidente agite la cloche pour indiquer qu'il reste trente secondes de temps de parole.) Des actes d'une gravité extraordinaire surgissent comme ça, dans un ciel bleu, sans aucune raison qui puisse être rationnellement comprise. 

Nous sommes face à un échec de civilisation. Si nous ne reprenons pas les choses au départ, si nous ne revenons pas à des écoles qui éduquent, à une morale qui s'impose par un système de sanctions qui fasse peur un tant soit peu, nous n'allons pas nous en sortir.

La présidente. Merci.

M. Yves Nidegger. Et ce n'est pas avec des motions alibis...

La présidente. Merci, Monsieur le député.

M. Yves Nidegger. ...déposées par un parti qui prône davantage d'immigration...

La présidente. Merci.

M. Yves Nidegger. ...que l'on va résoudre le problème.

M. François Baertschi (MCG). On est en présence de textes embarrassants, parce qu'on se trouve face au double langage du PLR. Ainsi, il refuse toute augmentation d'effectifs de la police, fait tout pour bloquer la hausse des effectifs et fait même tout pour bloquer le renouvellement du matériel lors des manifestations contre le G7; il refuse ces moyens à la police mais dit en même temps qu'il faut augmenter la sécurité lors du G7. Ici, le PLR veut créer de nouveaux dispositifs un peu gadgets - excusez-moi du terme -, et en même temps on réduit les moyens de la police, on empêche la police judiciaire de disposer des moyens suffisants pour s'occuper des bandes de jeunes dont on parle.

On dit: on va créer des structures, des pseudo-structures. Mais avec qui ? Des fantômes ? Des bénévoles ? Vous transmettrez à M. Pasquier, Madame la présidente: qu'il nous trouve des bénévoles pour que ceux-ci s'occupent des structures qu'il imagine, du moment que, pour le PLR, ça ne doit rien coûter ! Je ne sais pas avec quels moyens il va faire ça. Donc, qu'on nous dise comment on fait ! Si on réalloue des moyens, où va-t-on les prendre ?

On a besoin de concret, voilà qui nous embarrassait beaucoup lors des discussions en commission et voilà pourquoi notre groupe s'était opposé à ces deux motions. Il est en effet très compliqué de se retrouver avec un PLR qui dit tout le temps: «On ne doit pas dépenser un franc de plus, il faut faire des coupes; débrouillez-vous comme vous voulez pour réduire un peu partout, mais créez-nous de nouvelles structures !» Comment est-ce qu'on y arrive ? On n'y arrive pas, c'est impossible ! C'est pour cette raison que nous avions refusé ces motions en commission.

Néanmoins, nous prenons le PLR au mot et lui disons: ok, vous voulez ces structures; nous votons vos objets, mais vous serez obligés de voter les crédits supplémentaires qui iront avec ces motions et de ne pas couper dans d'autres activités de la police, de la justice. Vous augmenterez les moyens pour la sécurité, mais vous les augmenterez véritablement ! Si vous souhaitez procéder à des coupes ailleurs, montrez-nous où, ayez le courage de nous dire où. Cependant, pas dans les forces de sécurité, vous trouverez ailleurs où les faire, je ne sais pas où, peut-être dans des milieux proches de vous, le PLR.

Nous soutiendrons ces deux textes, car il faut agir en la matière, il est vrai, mais nous n'utiliserons pas la méthode PLR consistant à dire: demain on rase gratis. C'est la politique du PLR, que, pour notre part, nous ne suivons pas. Cependant, nous vous prenons au mot et vous mettons au défi d'augmenter les moyens de sécurité à Genève. Merci, Madame la présidente.

Mme Sophie Bobillier (Ve). Vous me permettrez, Madame la présidente, de ne pas répondre aux propos nauséabonds de l'UDC et de me focaliser sur l'excellent travail effectué en commission sur cette problématique.

Ce qui est demandé par le PLR, c'est de prendre au sérieux cette problématique de violence. La prendre au sérieux revient à comprendre cette violence qui est le fait, je le rappelle, ça a été dit, d'une toute petite minorité de jeunes. Ça s'explique par une fragilité, une fragilité sociale liée notamment au covid - je le souligne, les jeunes ont été les grands oubliés de cette période -, aux réseaux sociaux, qui attisent la haine s'agissant de certaines formes d'extrémisme, à certains phénomènes de précarité et aux conflits mondiaux qui attisent eux aussi la haine et le climat de tension.

L'ironie de cette motion, c'est qu'elle est portée par le PLR, alors qu'il ne cesse de sabrer tous les budgets en faveur des jeunes et des intervenants sociaux qui travaillent en coordination justement pour réduire ces risques de violence. Il est important de relever que ce n'est pas la répression qui aura un impact sur ces phénomènes de violence. La justice pénale des mineurs est bien faite: les deux principes en sont la protection et l'éducation, mais pas la répression, parce qu'on sait que la répression spécifiquement pour les jeunes est complètement inefficace et ne permet en rien de prévenir la violence. Au contraire, ce sont l'éducation et les mesures de protection qu'on peut mettre en place qui auront un impact direct.

Pour que continue ce travail mis en exergue tout au long du traitement par la commission, il est donc extrêmement important que ce travail de coordination entre ces différents services... Le PLR en particulier et la droite en général n'ont de cesse de diminuer toutes les prestations, tous les moyens disponibles pour les familles, les actions éducatives en milieu ouvert notamment, le travail social, les TSHM, le service de protection des mineurs. On le voit, année après année, les budgets sont réduits et tous ces services passent à la trappe. Le traitement en commission a permis de mettre en exergue l'accomplissement du travail, malgré les difficultés financières qui concernent parfois certains services. Un engagement très important est concrétisé sur le terrain par des personnes extrêmement compétentes, qu'il faut absolument laisser faire. C'est pour cette raison que le groupe des Verts rejettera, comme ça a été le cas en commission, ces deux motions. Je vous remercie, Madame la présidente. (Applaudissements.) 

Une voix. Bravo !

La présidente. Merci bien. La parole revient à Mme Chaker Mangeat pour vingt-deux secondes.

Mme Alia Chaker Mangeat (LC). Merci, Madame la présidente. Je voulais juste répondre à l'UDC. Le président du Tribunal des mineurs a souligné que le problème est multifactoriel et que des jeunes sont en conflit avec la loi dans toutes les couches de la population. A propos du drame de Thônex, je rappelle que celui qui est actuellement inculpé est fils d'un douanier, il n'est pas du tout issu de la migration. Merci.

La présidente. Je vous remercie. Je passe la parole à M. Sangdel, qui dispose de deux minutes.

M. Djawed Sangdel (Ind). Merci, Madame la présidente. Vous transmettez mon message à l'UDC: je suis choqué que chaque fois qu'il y a un problème, on accuse l'immigration. Pour le respect de ce parlement, vous avez des immigrants, comme moi... J'éprouve autant, voire plus, d'amour que vous à l'égard de la Suisse. Vous avez ici des enfants d'immigrants qui ressentent plus d'amour que vous pour la Suisse, pour Genève et pour la Genève internationale. Il y a des enfants d'immigrants qui ont le même amour que vous. Arrêtez de manquer de respect envers les citoyens !

Il faut étudier le sujet, le projet d'aide aux jeunes en difficulté. Vous parlez en l'air: vous ne parlez même pas comme un intellectuel qui citerait les études, le pourcentage, le travail de recherche indiquant que l'ensemble des problèmes proviendrait de l'immigration. Au contraire, la richesse de la Suisse, c'est l'immigration ! Quand je suis venu ici, je ne parlais même pas un mot de français. Aujourd'hui, j'essaie de parler français, je respecte la culture de la Suisse, je respecte la culture de Genève, et ce sont chaque fois des insultes. Cessez, s'il vous plaît, ce genre de propos sur l'immigration.

S'il n'y a pas d'immigration, provenant par exemple du pays voisin, on rencontrera des difficultés à soigner nos aînés, on aura plein de problèmes: pour le système éducatif, pour le débarras des poubelles. On aura plein de problèmes ! Dans de nombreux domaines, l'immigration est au centre. La richesse de la Suisse, c'est l'immigration ! La Genève internationale, c'est l'immigration !

Maintenant, il faut bien distinguer entre d'une part les immigrants qui n'ont pas la même la culture, le même amour que nous et d'autre part ceux qui en ont plus que n'importe quel citoyen suisse. Je vous demande d'arrêter d'insulter les immigrants. Vous me connaissez très bien, on a voyagé ensemble: j'ai plus d'amour que vous pour la Suisse. Je vous demande donc d'arrêter d'insulter les immigrants, les enfants et grands-parents d'immigrants qui ressentent le même amour que vous. (Applaudissements.) 

Une voix. Bravo !

La présidente. Merci, Monsieur le député. La parole revient à Mme Valiquer Grecuccio pour trois minutes cinquante-quatre.

Mme Nicole Valiquer Grecuccio (S), rapporteuse de majorité. Merci, Madame la présidente. J'aimerais intervenir en tant qu'auteure du rapport de majorité comme en tant que représentante du groupe socialiste. On ne peut pas dire, comme l'a fait le PLR tout à l'heure par le truchement du rapporteur de minorité, que nous n'avons pas pris et que nous ne prenons pas au sérieux la question de la délinquance juvénile et des problèmes des jeunes. Les travaux de la commission ont montré que nous étions tous et toutes très, très conscients et très attentifs à la résolution de ces problèmes, mais que le département, les intervenants, la justice, les représentants des associations, le travail réalisé en coordination avec le département de l'instruction publique... On l'a vu: tout ce travail en réseau porte ses fruits. Nous devrions toutes et tous ici le soutenir, le souligner, parce que c'est de nature à rassurer la population. Donc non, vous ne pouvez pas dire que la majorité de la commission n'a pas pris au sérieux la question de la sécurité des citoyens et celle des jeunes.

Deuxièmement, s'agissant de la M 2950, je remarque que lorsqu'on a traité ce sujet au mois de mars 2024, le PLR entendait soumettre la possibilité de retirer ce texte au caucus de son groupe ainsi qu'au premier signataire. Il n'y a eu aucune réponse jusqu'au dépôt de la M 3035, une année plus tard. Pourquoi un retrait ? Parce que tout le monde dans la commission voyait très bien que les réponses avaient été apportées. Ces réponses étaient techniques et montraient le travail fourni par l'ensemble des départements et du monde associatif. Donc, au fond, il aurait été plus juste de dire: on retire cet objet. D'ailleurs, l'auteur de la motion avait même précisé lors de son audition que cette deuxième motion avait été rédigée parce que la première n'était plus vraiment nécessaire, des réponses ayant été données.

Je relève un dernier élément. On a avancé ceci: «La gauche dit que tout va très bien.» Je suis là comme rapporteuse de majorité, et tous les autres groupes parlent à travers ma voix. On ne peut donc pas nous reprocher de dire: «Tout va très bien, Madame la marquise» et juger au fond que la rapporteuse de majorité est bien gentille. Non, pas du tout ! Tout le monde a travaillé avec sérieux et a été convaincu que les réponses ont été données. Le département a dit: «Si vous voulez un rapport sur la M 2950, nous vous le rédigerons, mais nous vous avons donné tous les éléments.» Qu'est-ce qu'a dit la commission ? On ne va pas faire travailler le département pour qu'il remette par écrit ce qu'il nous a déjà expliqué et que l'on trouve dans le rapport; on ne fait pas travailler les fonctionnaires juste pour produire des rapports qui font semblant de nous rassurer, alors que toutes les réponses ont été données.

Quant à l'autre motion, on l'a dit, ainsi que le Ministère public à travers le Tribunal des mineurs: toutes les mesures sont là, tous les rapports sont là, on a toutes les réponses. Raison pour laquelle la majorité des partis, sauf le vôtre, sauf le PLR, a décidé de refuser cette motion - ce n'était pas du tout un manque de sérieux. Je pense que je devais le dire en tant que rapporteuse de majorité: la commission a travaillé avec sérieux dans l'intérêt des jeunes et dans l'intérêt de la population. (Applaudissements.) 

La présidente. Merci, Madame la rapporteuse de majorité. Monsieur le rapporteur de minorité, vous avez quarante secondes.

M. Jean-Pierre Pasquier (PLR), rapporteur de minorité. J'interviens très rapidement, Madame la présidente. En tout cas, nous aurons eu le mérite de lancer le débat. Il y a un dénominateur commun à nous toutes et tous: la sécurité des jeunes est effectivement un sujet de préoccupation. Le but de ces motions était d'être beaucoup plus efficient avec la création d'un «réseau de sécurité jeunes», à l'instar de ce qui se fait s'agissant du réseau santé, ce qui permet de procéder à des économies - je m'adresse à M. Baertschi. En outre, le fait d'avoir des chiffres grâce à un rapport du Conseil d'Etat nous permettrait d'être plus informés sur ce qui se passe réellement à Genève.

En ce qui concerne les attaques de M. Baertschi contre le PLR et les mesures d'économies, oui, nous sommes très attachés à l'efficience de l'Etat et nous avons formulé un certain nombre de propositions. Je pourrais vous en citer une, qui porte sur la police de proximité et les doublons entre l'Etat et les communes; là, il y a des choses à faire.

Mme Carole-Anne Kast, conseillère d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, j'aimerais remercier les auteurs de ces deux textes pour leur dépôt - peut-être que ça va vous surprendre. En effet, je partage les conclusions de la majorité de la commission, le dépôt de ces propositions de motions a permis de mettre en lumière l'extraordinaire travail de réseau fourni sur cette problématique au sein de mon département, mais pas uniquement: il est effectué de manière transversale, avec le DIP en première ligne, bien sûr, mais aussi avec le secteur de la santé, celui du social, des entités du grand Etat comme l'Hospice général et la FASe, sans oublier l'excellent travail de proximité complémentaire fait par les communes.

Mesdames et Messieurs les députés, la question de la violence et de la délinquance chez les jeunes est en effet une préoccupation. C'est une préoccupation permanente, et le sérieux de cette prise en charge transversale est la réponse, une réponse de qualité. Le travail en commission était aussi de qualité: comme la commission a fait preuve d'une grande écoute, il a permis effectivement de comprendre la finesse et l'articulation de tous ces différents acteurs autour de cette problématique. Ces approches différentielles et pluridisciplinaires donnent lieu à une prise en charge véritablement englobante des problèmes et des jeunes concernés.

Après ces remerciements, j'ai envie de vous dire, Mesdames et Messieurs, qu'il ne faut pas se dépiter pour une question de vote. Je pense en effet que vous avez permis, Messieurs les auteurs - je connais vos intentions par ailleurs -, de mettre en lumière ce travail et de le valoriser. C'est un succès ! C'est un succès pour le travail de l'administration et des collaborateurs, c'est un succès aussi pour le parlement lorsque le travail est effectué de cette manière-là, avec qualité.

Néanmoins, le résultat est que vos propositions ne sont pas utiles, même si la préoccupation est légitime. Elles ne sont pas utiles, car la simple promulgation d'une loi n'a jamais permis de résoudre un problème: une loi est un outil quand même relativement lourd et contraignant, généralement peu adaptable, qui crée plus de silos que de réseaux - même si l'intention, encore une fois, peut être partagée; il me semble du reste qu'elle est partagée par l'entier des groupes qui se sont exprimés sur cette question.

Demandez-moi de temps en temps des rapports annuels, demandez-moi des focus au moment de la publication des statistiques de la criminalité, et volontiers... Nous pourrons avancer sur la question de la délinquance et de la violence chez les jeunes. Aujourd'hui, Mesdames et Messieurs, un phénomène concernant la jeunesse nous préoccupe particulièrement: le fait que sur les réseaux sociaux, des prédateurs recrutent des jeunes et les pervertissent - je n'ai pas peur de le formuler dans ces termes-là. Je ne parle évidemment pas que d'infractions sexuelles, il y a aussi des gens qui recrutent des petites mains, des victimes sacrificielles, pour commettre des actes de délinquance plus graves. Ceci constitue une préoccupation et un travail de prévention est également fourni sur ces aspects-là.

Mesdames et Messieurs les députés, selon moi, tout le monde est en mesure de considérer que cette question est traitée de manière sérieuse et correcte par les différents acteurs. Il n'est pas nécessaire d'édicter une loi, d'édicter des règlements pour que cela perdure. Il n'est pas non plus indispensable d'édicter des règlements ou autre pour obtenir des focus ou des rapports, il suffit de les demander et nous les fournirons volontiers; il n'est pas nécessaire de nous forcer à les faire. Je crois que nous avons prouvé, sur ce dossier, que le Conseil d'Etat et l'administration pouvaient travailler en bonne intelligence et en totale transparence avec le Grand Conseil. Merci de votre préoccupation sur ce sujet.

La présidente. Je vous remercie. Mesdames et Messieurs, nous allons à présent voter sur ces deux objets.

Mise aux voix, la proposition de motion 2950 est rejetée par 45 non contre 38 oui (vote nominal).

Vote nominal

Mise aux voix, la proposition de motion 3035 est rejetée par 56 non contre 29 oui (vote nominal).

Vote nominal