Séance du vendredi 28 février 2020 à 14h
2e législature - 2e année - 10e session - 54e séance

M 2194-C
Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur la motion de Mmes et MM. Jean Romain, Philippe Morel, Stéphane Florey, Bertrand Buchs, Jean-François Girardet, Danièle Magnin, Ronald Zacharias, Pascal Spuhler, Pierre Conne, Antoine Barde, André Python, Jean-Marc Guinchard, Murat Julian Alder, Cyril Aellen, Henry Rappaz, Lionel Halpérin, Serge Hiltpold, Christo Ivanov, Raymond Wicky, Sandra Golay, Thierry Cerutti, Renaud Gautier, Francisco Valentin, Jean Sanchez, Christian Flury, Daniel Sormanni, Gabriel Barrillier, Patrick Lussi, Bénédicte Montant, Christina Meissner, François Baertschi, Bernhard Riedweg, Daniel Zaugg demandant que l'IUFE réduise d'une année son cursus en vue du titre d'enseignant primaire pour les étudiants formés à l'Université de Genève (formation des instituteurs en 3 ans)
Ce texte figure dans le volume du Mémorial «Annexes: objets nouveaux» de la session X des 27 et 28 février 2020.

Débat

Le président. Nous abordons à présent la M 2194-C. Vous avez la parole, Monsieur Romain.

M. Jean Romain (PLR). Merci, Monsieur le président. Chers collègues, j'ai lu avec attention cette deuxième réponse du Conseil d'Etat, qui est beaucoup plus circonstanciée. La première, soit le rapport M 2194-B, avait en effet été refusée et renvoyée à son expéditeur.

On apprend dès la page 3 que Genève constitue un cas à part: en Suisse, comme vous le savez, toutes les HEP sans aucune exception offrent une formation en trois ans, alors qu'à Genève elle se déroule en quatre ans. On en connaît les raisons, il y a tout un historique, mais quoi qu'il en soit on peut lire que notre canton fait figure d'exception et que le cursus est plus long chez nous étant donné que les enfants genevois nécessitent plus d'attention que les autres élèves partout ailleurs en Suisse.

Ce rapport comporte toute une série d'arguments, et je suis d'accord avec certains d'entre eux. On nous dit toutefois que si on acceptait cette formation en trois ans, les stages diminueraient, or si l'on a demandé à réduire d'une année ce cursus, c'était aussi pour mettre en place une pratique qui manquait un peu à la théorie enseignée. C'est vrai ! Voilà pourquoi je vais finir par accepter cette réponse, car il ne sert à rien de continuer à refuser les rapports du Conseil d'Etat. J'ai cependant déposé un projet de loi - le PL 11926 - traitant de la même problématique, lequel prend en compte ces stages qui prétendument diminueraient. Le dépôt du rapport de majorité tarde un peu, mais j'imagine qu'il sera bientôt transmis au secrétariat général du Grand Conseil ! Nous allons donc reparler de ce projet de loi qui demande le passage à une formation en trois ans, mais avec un complément de formation en cours d'emploi dont nous aurons aussi à discuter, et le moment venu je serai bien moins conciliant à l'égard de ces arguments.

La conclusion de ce rapport du Conseil d'Etat est par ailleurs étonnante - il vaut la peine de lire les trois lignes au bas de la page 8: «Le Conseil d'Etat invite les députés à attendre l'analyse de l'audit mandaté suite à la motion 2305 en faveur d'une formation des maîtres crédible à Genève pour se positionner.» Mais nous n'avons pas encore voté sur ce point: nous le traiterons tout à l'heure, juste après les extraits ! Je trouve donc très intéressant que le Conseil d'Etat accepte d'ores et déjà ce que nous lui demandons dans cette motion 2305, à savoir d'étudier une alternative à l'institut universitaire de Genève, qui pourrait être une HEP, comme partout ailleurs en Suisse, ou une autre formation. Oui, il est vraiment étonnant que le département de l'instruction publique de Genève, dont la mentalité est pourtant si rigide, si peu flexible, presque non ductile, se soit déjà mis dans la position de ceux qui sont d'accord d'imaginer qu'une telle étude pourrait être menée, sachant que nous n'avons même pas encore abordé cet objet en plénière, puisque nous le voterons - ou pas - lors de la prochaine séance.

Pour toutes les raisons évoquées, je vous propose d'accepter ce rapport du Conseil d'Etat. Il est suivi de la lettre C, ça suffit ! On ne va pas continuer à s'y opposer ! Cela dit, je vous promets que lorsque le rapport de majorité sur le PL 11926 aura été déposé - il me semble que les rapporteurs de minorité ont déjà rendu leurs textes - alors la vraie bagarre commencera, chers collègues. (Applaudissements.)

Le président. Je vous remercie. Mesdames et Messieurs, je vous informe que le Conseil d'Etat est excusé: il est en réunion extraordinaire suite à l'apparition du coronavirus et nous rejoindra dès que possible. (Brouhaha.) La parole est à M. Olivier Baud.

M. Olivier Baud (EAG). Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, il est aberrant de vouloir réduire à trois ans la formation des enseignants du primaire. C'est un combat d'arrière-garde ! M. Romain a raison de se montrer conciliant aujourd'hui, mais il ferait mieux de rendre les armes.

Si je prends la parole, c'est pour rappeler que nous allons effectivement traiter la M 2305-A tout à l'heure. Quant au PL 11926, M. Romain a dit que le dépôt du rapport de majorité tardait un peu, et à ce titre je vous interpelle, Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les membres du Bureau ! Personnellement, j'ai dû rendre mon rapport de minorité sur cet objet le 4 septembre 2018, alors le petit retard dont il est question atteint en réalité dix-huit mois ! Je trouve ça inadmissible, mais peut-être que M. Romain et consorts commencent à reculer et à percevoir l'aberration de ce projet de loi, qui n'est plus du tout d'actualité. C'est tout ce que j'avais à dire. Merci. (Applaudissements.)

Le président. Merci, Monsieur le député.

Le Grand Conseil prend acte du rapport du Conseil d'Etat sur la motion 2194.