Recensement architectural du canton de Genève (RAC-2017). Chef de projet: Frédéric Python. Mandataire: Atelier de Rénovation et d'Architecture. Auteurs: Quentin Béran, Celtia Concha, Pierre Monnoyeur, Florence Roduit, Habib Sayah. Evaluation patrimoniale: commission scientifique de suivi, 27 septembre 2018. © Office du patrimoine et des sites.
Collex-Bossy
Route d' Ornex 65
Parcelle: 583
Bâtiment GE: 15:234
EGID: 1006550
Collex-Bossy
Parcelle: 15:583
Bâtiment GE: 15:233
EGID: 295086462
Valeur: Intéressant
Construit avant 1911 par l'entreprise Spring Frères (Dana 1913) à l'écart du village de Bossy, ce grand chalet (et le garage automobile indépendant qui s’y rattache) se carrent sur une parcelle surplombant les environs.
Grâce à une pente douce qui s’incline vers Collex - pente plantée de vignes sans arbres arrêtant la vue -, sa façade principale se tourne en direction du Môle, des Alpes et du Mont-Blanc sans rencontrer d’obstacle visuel. Une terrasse artificielle bordée de rocaille contribue encore à cet effet dominant. Particulièrement bien adaptée, l’arborisation contribue grandement à la mise en valeur de ce chalet moderne. Elle se déploie en effet sur trois côtés de manières différentes : d’abord le long de la route d’Ornex, du portail d’entrée et de sa haie vive, où ont été plantés plusieurs épicéas ; ensuite à gauche et à droite de la cour d’entrée menant au chalet, où l’on été des feuillus. La terrasse artificielle bordée de rocailles, est quant à elle ornée de plantes diverses d’origines alpines, ou bien l’était. Depuis le départ, architecture et arborisation ont été par l’architecte combinées harmonieusement. Couvert par un toit en bâtière ce chalet compte quatre niveaux : des caves mi-enterrées, un rez-de-chaussée surélevé (ce qui a pour effet d’accroître le caractère panoramique de la vue des Alpes), un étage carré et des combles habités. Le soubassement ainsi que le rez-de-chaussée sont maçonnés, tandis que les deux niveaux sont charpentés. Trois escaliers font communiquer le rez-de-chaussée et le niveau de la terrasse. Le premier est celui qui, de la cour, mène à la porte d’entrée qui est abrité sous un perron couvert ; le deuxième celui qui, protégé par un auvent, permet de passer du garage automobile au hall d’entrée sans passer par l’entrée principale ; le troisième celui qui fait communiquer la véranda de l’angle nord avec les rocailles de la terrasse. La façade tournée du côté des Alpes est évidemment la plus soignée et surtout la plus vitrée. Au rez-de-chaussée s’alignent à l’angle sud une véranda, autrefois ouverte, et à l’angle est la grande baie du salon en saillie, deux avancées couvertes par un toit en appentis. L’étage et le pignon de ce côté sont également particulièrement travaillés : balcon, retrait, jardinière, etc. Le chalet est bicolore : blanc crème pour son soubassement et ses rehauts décoratifs qui parsèment les façades, et le brun foncé des niveaux charpentés. Du côté le moins bien orienté, au nord-est, est peint à l’étage cette devise très bien appropriée à cette façade : « L’arbre dont la racine est profonde ne craint pas le vent ». A l’angle ouest du chalet est situé un garage automobile charpenté dans le même style alpin. Quant à la cour, elle est tracée en forme de rond-point avec un îlot de verdure au centre, ce qui permet aux véhicules de manœuvrer.
En bon état de conservation, malgré la transformation d'une loggia et de portiques sur la façade sud-est, ce chalet, dans sa position privilégiée, constitue un exemple particulièrement réussi de ce type de construction alpine très en faveur vers 1900 auprès des classes moyennes aisées des villes. L'attribution à l'entreprise Spring Frères, faite sur la base de dessins publiés dans un ouvrage américain du début du siècle, permet d'expliquer la qualité décorative de cette maison.