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Noms géographiques du canton de Genève

Nouvelles dénominations à Thônex - 17.11.2021

Mercredi, 17 Novembre, 2021

Le Conseil d'Etat a validé, le 17 novembre 2021, les propositions de la commune de Thônex d'attribuer plusieurs noms de voie et de parcs sur son territoire.

Les trois dénominations de la voie verte forment un ensemble mémoriel évoquant un pan méconnu et important de l’histoire de la commune de Thônex.

Thônex est une terre frontière et comme telle, la commune a connu une période particulière entre 1939 et 1945, durant la Deuxième Guerre mondiale. A ce titre, cette dénomination honore l’activité d'entre-aide et de résistance déployée par les maquis français et notamment par le rôle joué par le fameux réseau « Gilbert ».

Passage des Ambassadeurs (n° 1 du plan ci-dessous)

au premier tronçon de la voie verte entre la frontière et le chemin du Foron.

Ce nom rend plus particulièrement hommage à Irène Gubier qui avait la possibilité de faire passer aisément des individus de part et d’autre de la frontière avec l’aide de sa comparse Marguerite Marmoud. Sa villa à Gaillard possédait une porte arrière s’ouvrant sur un pré en territoire suisse. Cet accès, baptisé « Passage des Ambassadeurs », servit durant la Première guerre mondiale à faire passer des informations et des diplomates de manière discrète avant d’être utilisé au cours de la Seconde guerre mondiale par des officiers des services secrets et des réfugiés fuyant les persécutions nazies. Pour nombre de personnes, les premiers pas en territoire libre s'effectuèrent par ce passage.

Voie de la Résistance (n° 2)

au tronçon de la voie verte entre le chemin du Foron et la route de Jussy.

Cette dénomination évoque le réseau Gilbert actif pendant la Seconde Guerre mondiale, réseau dans lequel les cheminots français et suisses, dont certains sacrifièrent leur vie, ont été à l’origine de diverses actions de résistances. Elle permet également d’honorer l’ensemble de cette communauté qui résista à l’Allemagne nazie et qui sauva de nombreuses vies en traversant le territoire de Thônex.

Ce tronçon de la voie verte qui prend place au-dessus du chemin de fer constitua, durant plusieurs années, une voie vers la liberté.

Voie Marguerite-MARMOUD (n° 3)

au tronçon de la voie verte entre la route de Jussy et le chemin de la Gravière.

Ce nom évoque l'histoire de Marguerite Marmoud (1887, 1944) qui, avec le gendarme Curtet et Irène Gubier assiste l’adjudant Genoud, commandant du poste de gendarmerie à Moëllesulaz, dans l'organisation d'une filière de passage pour le compte du réseau « Gilbert » entre janvier 1943 et janvier 1944.

Chaque nuit, dans un sens ou dans l’autre, les passages se succèdent : résistants appartenant à diverses organisations, juifs pourchassés, agents de l’Intelligence Service, prisonniers évadés, militaires alliés ou autres personnalités. Les deux femmes en question, dont le nom de code était « les Violettes de la frontière », œuvrèrent ainsi sans relâche en venant en aide aux victimes de l’Allemagne nazie.

L’activité d’Irène Gubier et de Marguerite Marmoud est stoppée net le 17 janvier 1944. Ce jour-là, les deux résistantes sont arrêtées et enfermées dans la sinistre prison du Pax à Annemasse avant d’être déportées dans le camp de concentration de Ravensbrück, puis dans un Arbeitskommandos de Buchenwald. Si Irène Gubier revient de ce voyage en enfer, tel n'est pas le cas de Marguerite Marmoud qui ne survécut pas aux mauvais traitements.

André Devigny, chef de la branche lyonnaise du réseau « Gilbert », a rendu hommage à l’équipe formée par l’adjudant Genoud. À ce sujet il écrit : « L’adjudant Genoud, le gendarme Curtet, Marguerite Marmoud, Irène Gubier apportèrent à la cause commune une si large contribution que je dirais aussi « que jamais, autant de gens, durent à si peu, tant de reconnaissance ».

Parc Jean-François-BURDALLET (n° 4)

au parc situé le long de l'avenue Adrien-JEANDIN en face du numéro 33.

Ce nom donne reconnaissance à l'artiste Jean-François Burdallet (1781-1851) qui fut tour à tour graveur, peintre, dessinateur, ingénieur et lithographe. Il a illustré un grand nombre de paysages genevois et régionaux dont ceux de Thônex.

Ces œuvres sont les premières qui permettent de savoir à quoi ressemblait Thônex, ses hameaux environnants et sa campagne avoisinante au XIXe siècle. Certaines d’entre elles sont conservées au Centre d’iconographie de Genève ainsi qu’au British Museum.

Parc François-Auguste-CHÂTRIER (n° 5)

au parc public situé à l'avenue de Thônex 40.

Cette dénomination honore la personnalité de François-Auguste Châtrier (1774-1841). Après une carrière militaire, il s'installe dans la région de Chêne où il se fait notaire. Entreprenant, fort de son aura de vétéran auprès d’un grand nombre d’habitants favorables à Bonaparte et relativement fortuné, il devient Maire de la commune de Chêne-Thônex entre 1808 et 1814, puis conseiller d'Etat en 1817 et ensuite président de la Cour suprême jusqu'à sa mort en 1841.

Successivement sarde, français puis genevois, François-Auguste Châtrier illustre à lui seul la mouvance du territoire chênois. Il fut l’un de ces hommes qui vécurent les transitions de régimes, à la charnière de plusieurs époques, et qui firent l’histoire du canton.

Parc de Graveson (n° 6)

au parc situé dans le prolongement de la place du même nom.

Ce nom évoque le jumelage avec la commune française de Graveson, dans les Bouches-du-Rhônes.

Parc Motrice-Picasso (n° 7)

à l'espace public créé en lien avec le Ceva, en bordure de la voie verte et se prolongeant derrière le collège du Foron.

Cette dénomination rappelle les autorails X3800 de la SNCF, élaborés en 1947, qui ont circulés sur le tronçon Eaux-Vives-Annemasse durant plusieurs décennies.

Ces motrices furent surnommés « Picasso » en raison de leur unique cabine de conduite excentrée, située sur le toit, dont la forme n'était pas en harmonie avec celle de la caisse, faisant ainsi penser aux tableaux surréalistes de visages peints par Pablo Picasso.

Parc Simone-MUNIER (n° 8)

au parc situé à l'avenue TRONCHET n° 9.

Ce nom officialise une dénomination déjà couramment usitée à Thônex. Il honore la mémoire de Simone Munier (1919-2018) qui légat sa parcelle à la commune pour créer le présent parc.

Parc Peter-PFOSI (n° 9)

au parc public situé le long de la voie verte à la hauteur du chemin Louis-VALENCIEN.

Originaire de Zuoz dans les Grisons, Peter Pfosi (1913-2004) est un artiste suisse dont la reconnaissance a rayonné dans le monde de l’art international.

Étudiant les beaux-arts à Bâle puis l’architecture à l’EPFZ, Peter Pfosi s’est finalement installé à Genève en 1945, dans une ville qu’il jugeait plus ouverte et plus attentive à l’art que d’autres. C’est à Thônex qu’il trouva le lieu où il a pu non seulement vivre mais également travailler et formuler l’expression de sa pensée. La démarche artistique de Peter Pfosi fut expérimentale à bien des égards, l’artiste explorant les formes et les couleurs, s’initiant après la peinture à la linogravure et même à l’art délicat de la mosaïque.

Les mosaïques d’envergure comme celles de l’école primaire du Devin-du-Village, ou celles des immeubles du Parc de Budé et du Grand-Saconnex, ou celles de l’école de Zizers dans les Grisons sont les témoins de son art.

Il s’éteint à Thônex, en 2004, à l’âge de 91 ans, laissant derrière lui un héritage artistique important.

Parc Elisabeth-et-Eva-TOMEI (n° 10)

au parc situé à l'angle du chemin de la Mousse et de la route de Jussy, lieu de la maison des quartiers de Thônex.

Cette dénomination honore Elisabeth Tomei et sa fille Eva Lombard, doctoresse.

Madeleine-Mathilde Tomei épousa le banquier genevois Victor Jacques Lombard (1846-1900) en 1883. Dès lors, elle se fera appeler Elisabeth. Fervente croyante, elle amena son époux à se consacrer à une philanthropie particulièrement active. Celui-ci, déjà membre de l’Eglise Evangélique libre de Genève, fonda et présidera des années durant la Société de patronage pour les détenus libérés, et s’investira dans de nombreuses œuvres au profit des humbles et des déshérités.

Elisabeth Tomei appartenait au comité moral qui avait été créé en 1818 en faveur des détenus, et qui avait été rebaptisé en 1825 « Comité de surveillance morale et de régénération des prisonniers ». Attachée aux détenues, elle suivait l’instruction de ces malheureuses en tenant une école pour celles désireuses d’apprendre à lire, à écrire et à chiffrer. Son dévouement tirait sa force du cœur même de ses convictions religieuses exercées au sein de l’Eglise Evangélique libre de Genève dont elle s’inspirerait pour donner son nom à sa fille Evangéline Louise que d’aucun appellerait Eva !

Eva Lombard (1890, 1978), termina ses études de médecine par un doctorat en 1920, continuant dans la foulée par une spécialisation en médecine tropicale à Londres jusqu’en 1921. C’est à l’issue de son séjour britannique qu’Eva décida de se rendre aux Indes. En 1923, elle s’installa à Udipi dans l’Etat du Karnataka, à 58 km au nord de Mangalore, où elle fonda un hôpital pour venir en aide aux femmes et aux enfants dont la mortalité était alors très élevée.

D'abord doté très modestement, son hôpital ne comptait à ses débuts que six lits, raison pour laquelle la jeune Genevoise dut donner ses consultations à domicile en se rendant chez ses patients à pied, en charrette à bœufs ou en bateau. Œuvrant sans relâche et obtenant des aides provenant de Suisse, elle parviendra à développer son hôpital qui devint, en quelques années, un établissement de 200 lits, pourvu d’une école d'infirmières. Le Lombard Memorial (Mission) Hospital est toujours existant à Udupi.

En 1957, Eva Tomei rentre donc définitivement en Suisse et ce fut à Thônex qu’elle décida de se retirer pour y passer les vingt dernières années de sa vie. Pionnière, contemporaine du docteur Alexandre Yersin et du développement de la pénicilline, pourvue d’une abnégation rare, Eva Lombard sauva incontestablement des centaines de vie. Sa modestie la poussa à éviter les honneurs et c’est certainement l’une des raisons pour laquelle sa vie est restée jusqu’à maintenant dans l’ombre.

Plan de situation: