République et canton de Genève

Grand Conseil

IU 297
8. Réponse du Conseil d'Etat à l'interpellation urgente de M. Roger Beer concernant l'article du GHI du 23 janvier sur la pauvreté des personnes âgées. ( ) IU297
Mémorial 1997 : Développée, 668.

M. Guy-Olivier Segond, conseiller d'Etat. Je réponds à M. Beer qui a posé une série de questions sur la pauvreté des personnes âgées. Pour ce faire, je me base sur l'étude du professeur bernois Löw, étude placée sous l'égide du Fonds national de la recherche scientifique et récemment publiée.

Cette étude, qui porte sur l'ensemble de notre pays, a permis de tirer deux conclusions principales :

1. si le nombre de pauvres ne semble pas être en augmentation, il est établi, par contre, que le fossé se creuse entre les riches et les pauvres;

2. il est aussi établi que 60% des pauvres de notre pays ont moins de 40 ans et que le groupe le plus représenté est celui des personnes seules élevant un enfant. La figure type du groupe social, retrouvée le plus fréquemment, est la famille jeune avec trois enfants.

Sur la base de ces résultats, on constate, a contrario, que les personnes âgées, même si elles sont encore touchées par la pauvreté, ne forment pas une catégorie de population particulièrement atteinte : 60% des personnes pauvres sont âgées de moins de 40 ans, à l'échelle du pays.

Dans notre canton, les efforts fournis en faveur des personnes âgées sont dirigés sur trois axes principaux :

- d'abord, un effort économique visant à garantir la sécurité financière;

- ensuite, un effort d'intégration sociale;

- enfin, un effort favorisant le maintien en bonne santé.

D'abord l'effort économique : Genève compte 55 000 personnes de 65 ans et plus, soit 13,7% de la population totale, les octogénaires en représentant 4%. Quatorze mille rentiers AVS bénéficient des prestations de l'OCPA. Tous rentiers confondus, le montant total, versé en 1995, est de 297 millions de francs, cotisations d'assurance-maladie et loyers payées. Vous connaissez tous le principe du revenu minimum cantonal d'aide sociale. Je ne m'y attacherai pas davantage.

Ensuite, l'intégration sociale : 25 000 personnes âgées, soit près de la moitié de la population AVS, adhèrent à un club d'aînés ou à une association comme l'AVIVO, le Mouvement des aînés ou l'Université du troisième âge, qui sont parfaitement au fait des droits, notamment financiers, des personnes âgées.

Enfin, l'effort sanitaire : l'activité du canton se déroule à un triple niveau. Il y a d'abord l'effort permanent de l'aide et des soins à domicile pour permettre aux personnes âgées de continuer à demeurer dans l'appartement ou le quartier où elles ont toujours vécu. Aujourd'hui, plus de dix mille clients reçoivent la visite d'une collaboratrice ou d'un collaborateur des services d'aide à domicile. Parmi ces dix mille personnes, 80% sont en âge d'AVS.

En ce qui concerne les hospitalisations à l'hôpital cantonal ou à l'hôpital de gériatrie, 60% d'entre elles sont réservées aux personnes en âge d'AVS. Dans les établissements pour longs séjours, appelés maintenant «établissements médicaux sociaux», trois mille trois cent trente-huit lits sont occupés, dans leur majorité, par des rentiers AVS, les deux tiers étant des octogénaires.

Il est possible qu'ici ou là des personnes âgées ignorent leurs droits ou ne souhaitent pas en faire usage. Pourtant, l'information y relative est largement donnée par les centres sociaux, les centres de quartier, les centres de communes, les clubs d'aînés, les associations comme l'AVIVO et le Club du troisième âge. Les chiffres que je viens d'énoncer indiquent clairement que le Conseil d'Etat a toujours bien maintenu cette priorité sociale.

Cette interpellation urgente est close.