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5. Orphelinats

Au début du XIXe siècle, l'Hôpital général confie ses pupilles à des établissements spécialisés, institutions philanthropiques pour la plupart, qui voient le jour durant la première moitié du XIXe siècle. Ces établissements privés, reconnus d'utilité publique par l'Etat jusque dans les années 1846, répondent à un souci d'éducation morale fortement remise en cause lors de placements chez des particuliers.

L'Etablissement des orphelines de la Ville de Genève est fondé en 1805 pour recueillir les jeunes filles âgées de cinq à dix ans ; l'Asile de Plainpalais ouvre en 1815 sous le nom d'Asile de l'enfance et accueille des jeunes filles de six à treize ans; ou encore la Pommière, créée en 1821, à l'origine installée aux Philosophes, qui devient en 1823 l'Ecole rurale de jeunes filles, puis l'Ecole rurale de la Pommière. Pour les garçons, il y a notamment l'Ecole rurale de Carra qui fonctionne de 1820 à 1850.

Dans la seconde moitié du XIXe siècle, on assiste à l'étatisation des structures d'aide sociale ; cette tendance marque une volonté du gouvernement radical de s'approprier le terrain des affaires sociales (cf. Loi sur les fondations, de 1849), activités jusqu'à présent aux mains de philanthropes, issus de l'élite conservatrice. Dans ce contexte, la construction d'une institution étatique, spécialisée dans l'accueil des orphelins, devient urgente. C'est en 1853 que l'Institut des orphelins ouvre ses portes à Genève. Quant aux orphelines, il faudra attendre 1869 pour que l'idée d'ouvrir un établissement semblable, destiné aux filles, fasse son chemin! C'est en 1874 que la Maison des orphelines, appelée aussi Etablissement cantonal des orphelines, ouvre enfin à Varembé.

L'apparition d'établissements privés et publics ne doit pas nous faire oublier qu'à cette époque la prévoyance sociale est encore inexistante. De nombreuses assurances privées voient le jour pour pallier ce manque; parmi elles, l'assurance de secours aux orphelins et aux enfants d'invalides qui date du 1er décembre 1872. Elle voit le jour grâce à un petit groupe d'amis désireux d'aider la veuve d'un des leurs, un certain François Weyermann, ancien président de l'Association des ouvriers bijoutiers genevois. Si l'association d'entraide mutuelle est d'abord créée en faveur des enfants Weyermann, elle sera rapidement destinée à des cas semblables. Il faut attendre 1947 pour que notre pays se dote d'une réelle politique sociale, notamment avec l'instauration d'une assurance-vieillesse et survivants (AVS) tenant compte des orphelins.

Arrêté du Conseil d'Etat autorisant la construction d'un Asile des orphelins au 14 de la rue de Lausanne, anciennement route de Suisse

En 1849, sur ordre du Conseil d'Etat, la Chancellerie s'adresse à tous les gouvernements cantonaux pour leur demander s'ils possèdent un tel établissement et comment il fonctionne. A l'époque, seuls Schaffhouse, Zoug, Bâle-Ville, Lucerne et Zurich possèdent une Maison cantonale des orphelins. Quelques années plus tard, le 24 janvier 1851, le Conseil d'Etat autorise la construction d'un institut des orphelins au Pré de l'Hôpital, dans le quartier des Pâquis; sa mise en service date du 1er janvier 1853 (AEG, TP 1851/24).

TP 1851/24


Plan du Pré de l'Hôpital aux Pâquis, hors Cornavin, levé par Cabrit en 1834 (44 x 59cm)

Ce document donne un aperçu des terrains destinés à la construction d'un institut cantonal des orphelins, en 1851, et faisant partie des propriétés de l'Hôpital de Genève. L'établissement sera composé d'un grand bâtiment à trois pavillons reliés par deux corps de bâtiments. Il sera démoli peu avant 1958, après avoir accueilli les orphelins pendant près d'un demi-siècle, sans distinction de confession. En novembre 1900, ils seront transférés aux Bougeries et l'immeuble abritera pendant quelques années encore des écoles enfantines, puis des appartements locatifs (AEG, Archives hospitalières Ee 19.14).

AEG, Archives hospitalières Ee 19.14
 

Demande d'admission d'un enfant à l'Institut des orphelins, 1er mai 1857

Dans le cas présent, il s'agit d'une demande faite par le pasteur Chapuis de la paroisse de Satigny à propos de l'enfant d'une certaine veuve Yersin; cette dernière habite la commune depuis peu et n'arrive plus à s'occuper de son fils. A cette époque, si l'un des parents vient à décéder ou abandonne le foyer familial, celui qui se retrouve avec un ou plusieurs enfants à charge ne s'en sort pas seul; dans ces situations délicates, il n'est pas rare de faire temporairement ou définitivement appel aux établissements spécialisés par l'intermédiaire des pasteurs et des curés (AEG, Archives hospitalières P 210, Asile des orphelins, 1851-52).

AEG, Archives hospitalières P 210
 

Rapport adressé à la Commission administrative de l'Hôpital de Genève par le directeur de l'Institut des orphelins

Ce rapport concerne la marche administrative et les dépenses de l'établissement pendant le premier semestre de l'année 1853, notamment les frais de nourriture, de ménage, de consommation individuelle ou encore les frais d'études et d'apprentissage (AEG, Archives hospitalières P 211, Asile des orphelins, 1853).

AEG, Archives hospitalières P 211
 

Bulletin de conduite des élèves de l'Institut, du 21 février au 6 mars 1856

Il s'agit d'un bulletin rédigé par le régent de l'Asile des orphelins dans lequel figurent des remarques sur la conduite générale des élèves au sein de l'Institut, à savoir leur comportement, leurs progrès à l'école, leurs difficultés, ainsi que leurs aptitudes (AEG, Archives hospitalières P 211, Asile des orphelins, 1856).

AEG, Archives hospitalières P 211
 

Rapport sur les apprentis de l'Institut des orphelins, du 15 mars 1856

Il s'agit d'un rapport de M. Chomel, directeur de l'Institut, adressé à la Commission des orphelins de la Ville de Genève et concernant les orphelins placés en apprentissage dans divers ateliers de la ville (AEG, Archives hospitalières P 211, Asile des orphelins, 1856).

AEG, Archives hospitalières P 211
 

Police d'assurance contractée en faveur de René Pictet auprès de la Société de secours mutuel aux orphelins de Genève

La Société de secours mutuels aux orphelins est admise comme fondation le 6 septembre 1875. Si ses membres sont amenés à gérer la Fondation, ils ont également à coeur de s'occuper personnellement des enfants bénéficiant d'une pension, " en visitant régulièrement leur famille, en leur apportant aide et conseil en cas de besoin". Cet engagement des membres différencie la Société de secours mutuels aux orphelins des autres assurances (AEG, Archives privées 50.103).

AEG, Archives privées 50.103

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