Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

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9. La Restauration

Suite à la désastreuse campagne de Russie, qui voit la Grande Armée napoléonienne décimée, une sixième coalition formée par le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande, l'Empire russe, le Royaume de Prusse, la Suède, l'Empire d'Autriche et certains États allemands, se ligue contre l'Empire français. Après la défaite de la bataille de Leipzig en octobre 1813, ce qui reste de la Grande Armée se replie sur la France tandis que les forces coalisées commencent leur descente vers Paris. Le 21 décembre 1813, le corps d'armée autrichien du général Bubna pénètre en Suisse par Bâle. Le 27 décembre, il est à Lausanne et se dirige sur Genève. Sentant le vent tourner, un groupe d'anciens magistrats genevois a créé secrètement une commission en vue de préparer la restauration de l'ancienne république.

Elle envoie une délégation à la rencontre de Bubna afin de parlementer. Le général autrichien accepte de traiter Genève en cité amie à condition que la ville se rende sans résistance. Il n'y aura finalement pas de bataille: le préfet du département du Léman, Guillaume Capelle, fuit Genève, tandis que le commandant de la place, le général français Nicolas Jordy, quitte discrètement la ville avec ses troupes le 30 décembre à 8 heures du matin. Le même jour, 10’000 Autrichiens occupent la cité. Ils y resteront jusqu'en mai 1814.


Gravure au trait coloriée attribuée à François Ferrière montrant deux officiers autrichiens se promenant sur le bastion Saint-Antoine (in: Barbara et Roland de LOËS, Genève par la gravure et l'aquarelle, Genève, 1988)

Un gouvernement provisoire constitué d'anciens membres de l'aristocratie genevoise est établi. Le 31 décembre 1813, il fait proclamer l'indépendance dans les rues de la cité. Comme le note le citoyen genevois Ami Fillion dans son journal : l'occupation française aura duré « quatorze ans, huit mois, quatorze jours, dix heures et trente minutes ».

 

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Gravure au trait coloriée montrant la Porte de Cornavin, par laquelle les troupes autrichiennes sont entrées à Genève (Genève, collection particulière)

 

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Plan de Genève de 1773 de Nicolas Chalmandrier, où l'on voit la Porte de Cornavin et la Porte Neuve. En 1813, les fortifications n'ont pas subi de modifications majeures (AEG, Archives privées 247/V/15)

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Eau-forte et burin colorié de Christian Gottlob Geissler montrant à droite la Porte Neuve par laquelle sont sorties les troupes françaises le matin du 30 décembre 1813 (in: Barbara et Roland de LOËS, Genève par la gravure et l'aquarelle, Genève, 1988). Le même jour, les troupes autrichiennes pénétraient dans la ville par la porte de Cornavin. Le caporal Massé, qui a refermé la porte au départ des Français, aurait prononcé la fameuse phrase : « Cette fois nous voilà chez nous ! » On peut voir en face le théâtre des Bastions, construit en 1782 à la demande des Français.

 

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Proclamation du 31 décembre 1813 qui marque la Restauration de la République de Genève (AEG, Placards, portefeuilles 16, n° 1744)

 

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Deux de ces canons faisant partie de l'artillerie genevoise furent réquisitionnés en février 1814 par l'armée autrichienne et emportés à Vienne. C'est grâce à l'énergie et à la ténacité du lieutenant Joseph Pinon (1775-1839) qu'ils furent finalement restitués à la République début 1815. Une plaque commémorative relatant cet événement est apposée sur l'un des piliers de l'Ancien Arsenal.

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