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7. Premier séjour à Annecy et conversion à Turin (mars 1728-septembre 1729)

Le 21 mars 1728, Jean-Jacques Rousseau arrive chez Madame de Warens, Vaudoise convertie au catholicisme depuis le 8 septembre 1726, divorcée en 1727 et pensionnée par le roi de Sardaigne (après les guerres de succession d’Espagne et les suites du Traité d’Utrecht, le duché de Savoie s’est vu attribuer le royaume de Sardaigne en 1720).

Le jeune homme, qui avait manqué d’une mère, éprouve à l’instant où il la voit un coup de foudre pour cette femme qui a treize ans de plus que lui, à laquelle l’attacheront pendant vingt ans des liens filiaux et amoureux.
 

Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne
Portrait présumé de Madame de Warens (1699-1762). Huile sur toile, auteur inconnu. Vers 1730-1740
(Musée cantonal des beaux-arts, Lausanne. Don d'Emile de Crousaz, 1846. Photo J.C. Ducret)


L’épisode de la conversion de Rousseau au catholicisme doit être imputé à plusieurs facteurs parmi lesquels la foi est peut-être moins importante que les circonstances, dont l’influence de Madame de Warens et la nécessité: il n’a plus de ressources, a quitté sa ville natale, sa famille et sa formation en cours. La perspective de trouver un emploi grâce à ses nouvelles relations joue aussi un rôle.

Madame de Warens le confie à un couple en partance pour Turin, afin qu’il soit préparé et instruit à se convertir au catholicisme à l’hospice des catéchumènes de la confraternité Spirito Santo, confrérie laïque chargée des conversions.
 

BGE, Fa 835/1
Plan de Turin à la fin du XVIIe siècle, tiré du Theatrum Sabaudiae (BGE, Fa 835/1)
Cet ouvrage a été conçu «comme une œuvre de prestige enrichie d’une généalogie pluriséculaire, de portraits de belle facture, de cartes et de gravures remarquables. Par son intermédiaire, Versailles et toutes les autres monarchies d’Europe devaient se convaincre de la suprématie diplomatique, culturelle et artistique du duché de Savoie, digne d’être érigé en royaume.» (Anne Weigel, Histoire, patrimoine, archives des Pays de Savoie, http://www.sabaudia.org/v2/dossiers/theatrum/public1.php)


​Isaac Rousseau, le père de Jean-Jacques, venu chez Madame de Warens pour récupérer son fils, arrive trop tard, le lendemain du départ de ce dernier. A son retour à Nyon, il s’arrête à Genève et établit une convention avec le maître d’apprentissage de Jean-Jacques pour une éventuelle rentrée à l’atelier de gravure dans un délai de quatre mois.

Mais son fils ne reviendra à Genève que bien des années plus tard, et ce ne sera pas pour reprendre son apprentissage de graveur…
 

AEG, Notaire J.-A. Rilliet 5
La fuite de J.-J. Rousseau de Genève provoque la rupture de son contrat d’apprentissage. Son père, Isaac Rousseau, passe une convention avec le maître d’apprentissage, Abel Ducommun
(AEG, Notaire J.-A. Rilliet, vol. 5, 1725-1728, p. 439)


Pour l’heure, après avoir gagné Turin à pied et été dûment - et rapidement - catéchisé, Jean-Jacques, convaincu de «l’hérésie de Genève», est baptisé le 23 avril 1728 à la cathédrale Saint-Jean de Turin. Ce faisant, il renonce à sa citoyenneté genevoise: un citoyen de la Rome protestante ne peut professer d’autre foi que la réformée.

Rendu à la vie civile avec un modeste pécule, livré à lui-même, Jean-Jacques occupe quelques emplois de secrétaire grâce à des protections, mais en septembre 1729 il retourne à Annecy chez Madame de Warens.

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