Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

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7. Emprunts et revenus

La double révolution, politique et religieuse, opérée dès 1535 par les citoyens et habitants de Genève, cache une crise économique, non moins importante. La gestion des finances de la nouvelle Seigneurie s’avère difficile, face à l’importance des dettes antérieures. Le premier article du traité conclu entre Genève et Berne, le 7 août 1536, oblige les Genevois à payer, d’ici à Noël, leur dette de plus de 20'000 écus d’or, résultat de la guerre de 1530 et des frais de diplomatie des discussions de Payerne (n° 1).


AEG, Finances L 1

1. Emprunt contracté à Bâle, en 1530, et lacéré après son remboursement par la seigneurie de Genève, en 1536. Les sceaux sont ceux des magistrats engagés dans cet emprunt (AEG, Finances L 1)
 

L’urgence est telle que la Seigneurie constitue à cette occasion le trésor de l’Arche, uniquement destiné au remboursement de la dette, finalisé en 1537 (n° 2). Elle établit pour cela une série de mesures basées sur la confiscation des biens ecclésiastiques et ceux des bannis, traîtres et fugitifs, dont elle tire environ 10'600 écus d’or, en 1536; sur une politique judiciaire privilégiant les amendes, dont les droits d’entrée imposés aux fugitifs et aux bannis, pour un total de 1700 écus, complétés par les droits de bourgeoisie; et enfin sur un emprunt à 6%, contracté auprès de la population locale. Cet emprunt de 1536, quasi obligatoire, est assuré par une hypothèque sur les biens immobiliers et mobiliers saisis. La Seigneurie collecte ainsi près de 4400 écus, envers 300 personnes, en 7 mois, intégralement remboursés au bout de 8 ans.

Dès 1537, après le remboursement de la dette bernoise, le trésor de l’Arche est maintenu afin de financer les défenses de la ville. La Seigneurie rase les faubourgs, creuse des fossés et érige de nouvelles fortifications. Le coût, déjà colossal, est augmenté par la cherté des vivres, qui sévit à Genève et dans les pays voisins et qui oblige la Seigneurie à prendre des mesures restrictives et contraignantes, en ce qui concerne le vin et les céréales (n° 3).

Ces deux facteurs entraînent une nouvelle série d’emprunts, tous contractés, ou presque, auprès des créanciers bâlois, et dont le maximum est atteint en 1546, à hauteur de 36'500 écus, soit 29% des recettes annuelles pour les seuls intérêts (n° 4a et 4b). Ce n’est qu’en 1551 que la Seigneurie prend conscience de son terrible endettement et qu’elle décide de «se desbaler», comme le stipule la page de titre du registre de l’Arche.


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2. Détails du remboursement de la dette bernoise par les Genevois, effectué entre 1530 et 1537, pour un montant total de 20'500 écus soleil. Cette dette, contractée suite aux différentes guerres de 1530 à 1536, devait être payée d’ici à Noël 1536, comme stipulé dans l’article 1 du nouveau traité de 1536, signé entre Berne et Genève (AEG, Finances K 1, fol. 8v°-9). [Non reproduit]

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3. Placard du prix du pain, imprimé en 1545 par la seigneurie de Genève, pour limiter la hausse des prix, face à la cherté qui sévit à Genève et dans les pays circonvoisins (AEG, Placard). [Non reproduit]

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4a. Cartes des créanciers de Genève, en Suisse et à l’étranger, avant et après 1550, confirmant l’importance de Bâle (M. KÖRNER, Solidarités financières au XVIe siècle, p. 262, fig. 41). [Non reproduit]

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4b. Carte sur l’origine des capitaux privés dans les emprunts publics en Suisse (1500-1610), marquant la prédominance de la ville de Bâle (M. KÖRNER, Solidarités financières au XVIe siècle, p. 441, fig. 69). [Non reproduit]

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