Ecusson de la République et du canton de Genève


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DE GENEVE

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4. Les premiers cadastres et la révision des impôts

De la taille (c. 1750) à la contribution directe (1804)

La série des cadastres genevois constitue une collection de plans exceptionnelle, dont on a expliqué l'abondance et la précision par la situation enclavée de la République, sa richesse et l'essor des sciences mathématiques. Mais la raison se trouve plus sûrement encore dans les diverses révisions des impôts fonciers menées lors des réorganisations successives de l'administration.

Ainsi, les premiers arpentages systématiques (1680-1700) sont demandés par la Chambre des Comptes, qui souhaite remettre de l'ordre dans la mosaïque féodale des Titres et droits. Ces plans à vue sont réalisés par le commissaire général genevois Jacques Deharsu. Reliés en registres, ils sont précédés d'une table des lieux-dits et indiquent pour chaque parcelle le nom du propriétaire, la nature des cultures et la contenance, en «coupe» ou «seytérée», ou bien en «pose» (superficie). Jean-Pierre Gaulis, expert vaudois, juge sévèrement cette série, selon lui, la méthode utilisée est archaïque et les plans inexacts… donc inutiles.

Les premiers cadastres géométriques (1710-1763), eux, sont réalisés à une époque d'échanges territoriaux avec la France, la Savoie et Berne (traités de Paris 1749, de Turin, 1754; enclave de Céligny). Les plans sont levés à la planchette, puis à la chaîne. Ils sont orientés, échelonnés et souvent décorés; ils indiquent aussi l'affectation des bâtiments et renvoient à la grosse de reconnaissance, qui est le document juridique qui authentifie l'appartenance de la parcelle à un fief, et permet donc de déterminer le cens féodal.

Sous l'influence de la cadastration sarde (1728-1735), ces plans reliés sont accompagnés d'un «registre des numéros suivis», mais il faut noter que les «mappes» sardes, elles, consistent en de grands plans toilés et non en registres. La mesure utilisée est le journal genevois, unité légèrement plus petite que le journal de Savoie (le journal genevois fait 400 toises2 du Roy, soit 2'700,67 m2, alors que celui de Savoie fait 400 toises2 de Chambre, soit 2'948,92 m2).

Enfin, avec l'Annexion, Genève doit se plier à la réforme de la contribution foncière et dresser un cadastre par masse de culture. C'est du reste Girod, le directeur des contributions directes, qui est à la tête du Service du cadastre à sa création (1804). Les plans sont établis avec une triangulation détaillée, rattachée au méridien de Paris, et le système métrique est introduit.

Dardagny: évolution d'un terroir à travers différents cadastres
 

Cadastre B 3, planche 8
1. Par Jacques Deharsu, en 1688.
Plan à vue, à l'encre. Noter que pour chaque parcelle on a le nom du propriétaire, le type de culture et la contenance en poses (photographie du Cadastre B 3, planche 8)


Cadastre B 75, planche 6
2. Par Mayer père, en 1784.
Plan géométrique; noter l'échelle et les renvois aux grosses de reconnaissance (photographie du Cadastre B 75, planche 6)


Cadastre E2, section D, 4e feuille, 2e partieCadastre E2, légende gravière
Cadastre E2, légende hutins
Cadastre E2, légende terres labourables
Cadastre E2, légende pâturages
Cadastre E2, légende prés
Cadastre E2, légende vergers
Cadastre E2, légende vignes
3. Par Mayer père, en 1809.
Cadastre dit «français». Le recours à un «code couleur» et à la seule mention du numéro de parcelle permet d'utiliser le plan plus longtemps qu'une génération: les mutations figurent dans des registres séparés (photographie du Cadastre E2, section D, 4e feuille, 2e partie)

Les qualités de terres au XVIIIe siècle:

a) Terres emblavées: elles occupent 1/3 du sol genevois
b) Prés: les pâturages, permettent d'avoir de l'engrais; 1/4 du sol
c) Bois (et broussailles): 14 % du sol
d) Teppes (ou friches): terres reconquises par les broussailles: 7,9% du sol
e) Vignes: 6,6 % du sol
f) Hutins: céréale et vigne plantées ensemble, la dîme n'est due que sur la céréale
g) Jardins
h) Vergers
i) Chenevières, soit plantation de chanvre (pour les fibres textiles)
j) Meuriers ou mûriers : rare, sans doute pour un élevage de vers à soie
k) Gravières
l) Marais

4. Les hutins - hautins ou vignes suspendues - tels qu'ils sont décrits dans le «Tableau de l'agriculture toscane» de Sismondi, 1801.

5. Enfin, et pour bien se situer, le plan de la commune de Dardagny figurant dans l'Atlas cantonal du géomètre J.-R. Mayer, de 1828-1829 (PP 314)

Les instruments de mesure:

AEG, AP 247/VIII/11
6. Un géomètre fait une visée à l'aide de l'alidade; il est secondé par des putti portant une chaîne d'arpenteur. Détail de la carte de la Bresse de Guillaume Blaeu, 1635, Amsterdam (collection Dumur, AP 247/VIII/11)

Quatre objets empruntés au Musée d'histoire des sciences, collection des Musées d'art et d'histoire de la Ville de Genève:

7. Chaîne d'arpenteur, métal, XIXe s. (inv. 211) [non reproduit]

8. Echelle de dixme, échelle d'arpenteur ou échelle de parties égales, laiton, XIXe s. (inv. 1337) [non reproduit]

9. Règle pliable d'un pied de Roy, bois, laiton, XVIIIe s. (inv. 433) [non reproduit]

10. Boussole d'arpentage à prisme et pinnule, laiton, fer, verre, 1900-1925 (inv. 696) [non reproduit]

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