Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
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DE GENEVE

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4. A Bossey

Chez le pasteur Lambercier à Bossey (octobre 1722 - automne 1724)

Homme au sang chaud, Isaac Rousseau est impliqué en juin 1722, puis à nouveau en octobre de la même année, dans une rixe avec un certain Pierre Gautier, ancien capitaine au service de Pologne.

Sans attendre la décision de justice, il quitte définitivement Genève avec sa sœur Suzanne et s’installe à Nyon. Il s’y remariera en 1726 avec Jeanne François.
 

AEG, P.C. 1re série 7011
Procédure contre Isaac Rousseau suite à une rixe avec Pierre Gautier, octobre 1722. En l'absence d'Isaac Rousseau (parti à Nyon) après trois assignations à comparaître, la justice le condamne à venir demander pardon «genoux en terre à Dieu, à la Seigneurie et au Sieur Gautier», à trois mois de prison et à 50 écus d'amende (R.C. 221, 9 novembre 1722) (AEG, P.C. 1re série 7011)

Jean-Jacques est dès lors confié à ses oncle et tante, Gabriel Bernard et Suzanne Rousseau, dont le fils Abraham a environ le même âge. Les deux cousins sont mis en pension en octobre 1722 chez le pasteur Lambercier à Bossey, paroisse protestante formant une enclave en terre savoyarde.
 

CIC, Gir 0760
Vue de l'église (temple protestant entre 1536 et 1779) et du presbytère de Bossey. Gravure de 1819 (CIC, Gir 0760)

Avant la Réforme, ce village faisait partie des biens du chapitre de Saint-Pierre qui, dès le XVIe siècle, étaient incorporés aux terres de la République. Au XVIIIe siècle, les droits s’enchevêtrent et de multiples conflits de souveraineté surgissent, comme dans d’autres lieux hérités des terres du couvent de Saint-Victor et du Chapitre. Les souverains savoyards contestent l’existence même de Genève en tant qu’Etat souverain. Il faudra attendre le Traité de Turin de 1754 pour que la question soit réglée et que Bossey redevienne savoyard.

Le pasteur Lambercier exerce son ministère à Bossey de 1708 à 1738. Pendant les deux années de ce séjour campagnard, Jean-Jacques et son cousin vivent au presbytère et bénéficient des enseignements du pasteur, en particulier celui du latin, et d’une éducation religieuse protestante.
 

BGE, Ms. Comp. Past. 55, f. 16
Sermon sur la Genèse du pasteur Lambercier, dans lequel il fustige l'amour des richesses, prononcé à Saint-Germain le vendredi 14 mars 1727 (BGE, Ms. Comp. Past. 55, f. 16)

Ils sont entourés de l’affection quasi maternelle de la sœur du pasteur, Gabrielle Lambercier, qui tient le ménage. Les deux enfants sont bien traités et, pour Jean-Jacques, c’est le temps de l’éveil à la nature et à l’amitié avec son cousin, mais aussi à une sexualité tourmentée.

Jean-Jacques, après ce séjour qui restera idyllique dans sa mémoire, revient habiter chez son oncle au n° 13 de la Grand-Rue, en octobre 1724.

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