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3. Réforme, 1536-1538. Collège de Rive

Le 21 mai 1536, jour où la Réforme est adoptée en Conseil général, il est également décidé «que l'on tâche d’avoir un homme capable, que l'on le salarie assez pour qu'il puisse nourrir et instruire les pauvres, sans rien leur demander pour son salaire. Et que chacun soit tenu d'envoyer ses enfants à l'école et que tous les écoliers soient tenus d’aller faire résidence à la grande école, où seront le recteur et ses bacheliers».

En novembre, Farel propose en Conseil une série d'articles élaborés par les ministres sur l'administration de l'Eglise, qui seront approuvés le 16 janvier 1537. L'un des thèmes qui y sont développés est que l'établissement durable de la religion nouvelle doit passer par la diffusion des idées réformées auprès de la jeunesse.

Pour inculquer aux enfants l'essence de la Réforme, Calvin a élaboré un catéchisme, publié en français en 1537 à Genève. En 1542, il sera remplacé par une nouvelle version sous le titre Catéchisme, c'est-à-dire le formulaire d'instruire les enfants en la Chrétienté, fait en manière de dialogue, où le ministre interroge et l'enfant répond. En effet, l'ouvrage est conçu sous forme de questions/réponses et aborde cinq grands thèmes: les articles de la foi, les dix commandements, les oraisons, la parole de Dieu et les sacrements. Il contient également la manière d'interroger les enfants qui seront reçus à la Cène et un certain nombre de prières, dont «l'oraison pour dire avant d'étudier sa leçon à l'école».


AEG, Bibliothèque, 86/6/10
[A. Saunier], L'ordre et manière d'enseigner en la ville de Genève au collège, Genève, 1538
(A
EG, Bibliothèque, 86/6/10)
 

En 1538, paraît L'ordre et manière d'enseigner en la ville de Genève au Collège. Les leçons débutent à 5 heures du matin et se terminent à 10 heures, heure du dîner. L'après-midi est consacré à revoir le programme du matin. Les écoliers apprennent le latin, le grec et l'hébreu, ainsi que le français, qui «(selon le jugement des gens savants) n'est pas du tout à mépriser». Le soir, les écoliers se réunissent dans la grande salle, où l'un d’eux récite à haute voix les dix commandements, en français, avec le Notre Père et les articles de la foi, après quoi tout le monde rentre souper.

Outre les matières enseignées au Collège, deux leçons sont données à la cathédrale. La première, en hébreu, tirée de l'Ancien Testament, est donnée conjointement par le lecteur qui «a l'office d’exposer littéralement chaque mot, chaque locution et la propriété du langage», et par Guillaume Farel qui «s'applique du tout à déclarer le vrai sens et doctrine spirituelle qu'on peut en tirer». La seconde leçon, en grec, tirée du Nouveau Testament, est donnée par Calvin.

Si le collège ne propose encore qu'un enseignement de niveau primaire et secondaire, centré sur la grammaire, les ambitions d'un enseignement supérieur sont exprimées ainsi dans L'ordre et manière d'enseigner : « Aussi nous espérons que le temps viendra, aidant le Seigneur Dieu, que nous enseignerons en rhétorique et dialectique, à savoir quand nos écoliers seront capables d'entendre ces sciences, après avoir passé ces premiers fondements ».
 

  • Articles des ministres genevois pour l'administration de l'Eglise. [Novembre 1536] (AEG, P.H. 1170) [non reproduit]
  • J. Calvin, Catéchisme, c'est-à-dire le formulaire d'instruire les enfants en la Chrétienté, fait en manière de dialogue, où le ministre interroge et l'enfant répond, Genève, 1553 (AEG, Bibliothèque, 2754) [non reproduit]

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