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3. Les prémices de la Réforme

La dispute de Rive

Alors que Berne a adopté la Réforme en 1528, à Genève, celle-ci ne compte encore que quelques partisans lors de l’arrivée de Guillaume Farel au début des années 1530. Soutenu et protégé par Berne, ce dernier gagne de plus en plus de Genevois à la foi nouvelle. Le 1er janvier 1533, le mouvement évangélique sort de l’ombre en organisant une prédication au Molard, prononcée par Antoine Froment (n° 1), à la suite de laquelle la majorité de la classe dirigeante se déclare en faveur de la Réforme.
 

AEG, Archives privées 279.10

1. Prêche d’Antoine Froment au Molard (1er janvier 1533). Aquarelle préparatoire d’Edouard ELZINGRE (AEG, Archives privées 279.10)


Des tensions naissent inévitablement entre les partisans de l’ancienne et de la nouvelle foi, marquées par le meurtre du chanoine Pierre Werli le 4 mai 1533, par les attaques verbales contre les évangélistes proférées par Guy Furbity appelé à Genève pour prêcher l'Avent en décembre 1533, ainsi que par l’homicide du réformé Nicolas Bergier et l’exécution de son assassin en février et mars 1534. Ces tensions religieuses cristallisent les tensions politiques qui agitent la ville au même moment, opposant les partisans du duc de Savoie aux partisans de l’indépendance.

Face à l’inertie d’une partie des magistrats de la ville, les évangéliques poussent à l’organisation d’une dispute ecclésiastique, afin d’amener les autorités à prendre une position formelle au sujet de la religion. La dispute, qui a lieu du 30 mai au 24 juin 1535 au couvent de Rive, fait triompher la cause des évangéliques et a pour conséquence l’abolition de la messe, la destruction des images et le départ des religieux de la ville (n° 2).

 

La suppression de la messe et l’iconoclasme

Le 28 juin 1535, seulement quatre jours après la fin de la dispute de Rive, Claude Bernard et ses acolytes se présentent devant le Conseil pour demander la suppression de la messe de même que celle des images et autres objets d’«idolâtrie». Le Conseil reste prudent, toutefois, et la question ne se repose que le 8 août, lorsque plusieurs citoyens de la ville vont à Saint-Pierre pour y détruire les images (n° 3a, 3b et 3c).

Le 10 août, il est résolu de convoquer les ecclésiastiques de la ville devant le Grand Conseil pour avoir leur avis sur le maintien de la messe et du culte des images. D’ici là, la destruction des images doit cesser et la messe ne plus être célébrée jusqu’à nouvel ordre.

Mais à la fin du mois d’octobre, les autorités font brûler publiquement la représentation de Notre-Dame de Grâce. Et tout au long des années 1536 et 1537, elles font retirer des églises les objets de culte et les ornements ecclésiastiques qu’elles vendent au plus offrant et ordonnent la destruction des autels, des images et des «idoles».
 

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2. La dispute de Rive (29 mai – 24 juin 1535) (AEG, Ms hist. 30, fol. 240-257), éd. par T. Dufour, « Un opuscule inédit de Farel. Le résumé des actes de la dispute de Rive (1535) », dans M.D.G., t. 22, pp. 217-240. [Non reproduit]​

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3a. Iconoclasme. Planche encadrée sur laquelle sont représentés, en haut, une crucifixion, avec les armoiries de Genève, en bas, les quatre évangélistes, avec texte; toutes les images sont endommagées (AEG, sans cote). [Non reproduit]​

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3b. Iconoclasme. Bois gravé de la Chronique de Iohann STUMPF (1547-1548), fol. 254r°. [Non reproduit]​

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3c. Iconoclasme. Antoine FROMENT, Les actes et gestes merveilleux de la cité de Genève, publ. par G. Revilliod, Genève, 1884, p. 144/145. [Non reproduit]​

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