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3. Enfance et instruction (1712-1722)

Né le 28 juin 1712 au 40 de la Grand-Rue, dans la maison léguée à sa mère par sa grand-mère maternelle, Jean-Jacques est orphelin de mère très rapidement: Suzanne Bernard (1673-1712) meurt des suites de son accouchement le 7 juillet 1712, de «fièvre continue», âgée de 39 ans.


AEG, E.C. Saint-Pierre BM 11
Baptême de Jean-Jacques Rousseau le 4 juillet 1712 à Saint-Pierre. Le prénom de son grand-père, David, a été inscrit par erreur au lieu de celui de son père, Isaac (AEG, E.C. Saint-Pierre BM 11)


De nombreuses femmes meurent en couches sous l’Ancien Régime. Cette importante mortalité périnatale est due principalement aux infections causées par le manque d’hygiène. Un règlement sur les sages-femmes, rendant obligatoires une formation sommaire et un examen, n’est mis en place à Genève qu’à partir de 1751, mais il améliorera notablement la prise en charge des accouchées.

Jean-Jacques vivra dans la maison de la vieille ville jusqu’à l’âge de 5 ans, avec son frère François, de sept ans plus âgé que lui, et leur père Isaac. La sœur de celui-ci, Suzanne Rousseau, tient le ménage d’Isaac après le décès de sa femme. Une nourrice, Jacqueline Faramand, surnommée «Mie Jacqueline» par Jean-Jacques, complète la famille.


CIG, Gir 780a/5
Maison natale de Jean-Jacques, Grand-Rue 40 (CIG, Gir 780a/5)

En 1718, Isaac Rousseau vend la maison de la Grand-Rue et s’installe au 3e étage du 28, rue de Coutance, dans le quartier de Saint-Gervais. Il se rapproche ainsi de son milieu professionnel, celui des horlogers, dont les ateliers - les cabinets - sont nombreux à Saint-Gervais.

Jean-Jacques reçoit dans ses jeunes années une éducation faite surtout de lectures, à la maison ou à l’atelier avec son père. La tante Suzon chante des airs tout en brodant et Jean-Jacques lui attribuera plus tard sa passion pour la musique.


AEG, Archives privées 247/V/21
Quartier de Saint-Gervais. Détail du plan de Genève de 1777 (AEG, Archives privées 247/V/21)

 

CIG, VG 13X18 9962
Façade de la maison de la rue de Coutance où habitait la famille Rousseau. La maison a été démolie, ainsi que d’autres, en 1959, après de vives polémiques, pour faire place au magasin La Placette, œuvre de l’architecte Pierre Braillard. Le souvenir de Rousseau y est rappelé en 1967 par une œuvre de l’artiste suisse Hans Erni (1909-) (CIG, VG 13X18 9962)

Isaac Rousseau fait lire à son fils les auteurs français du temps, Bossuet, La Bruyère, Fontenelle, et les classiques grecs et romains, dont Plutarque, l’auteur favori de Jean-Jacques. Ils lisent ensemble, jusque tard dans la nuit parfois, les romans français ayant appartenu à sa mère.

L’école publique obligatoire, pour les garçons uniquement, ne commence que vers l’âge de 10-12 ans avec la fréquentation du collège institué par Calvin en 1559. A cet âge-là, Jean-Jacques a déjà été placé chez le pasteur Lambercier à Bossey, avec son cousin germain Abraham Bernard, suite au départ de son père pour Nyon.

En sus de cette instruction «maison», Jean-Jacques suit les cours de catéchisme - obligatoires - au temple de Saint-Gervais. Les enfants y apprennent à lire, afin d’avoir accès à la lecture de la Bible, condition pour être admis à la Sainte-Cène. Le dimanche, ils se rendent au culte. Enfin, Jean-Jacques fait partie du corps des «Petits Volontaires», dans lequel on instruit les enfants au maniement des armes, en uniforme.
 

CIG, St GER 07
Vue du temple de Saint-Gervais au début du XIXe siècle. Gravure de Mégard (CIG, St GER 07)

A ces activités d’étude et de jeux en ville s’ajoutent de fréquents moments passés avec son cousin Abraham dans le jardin et la petite maison de Plainpalais appartenant à son oncle Gabriel Bernard, hérités de Samuel Bernard, pasteur au Grand-Saconnex.

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