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23. Traces de Rousseau à Genève

Les multiples facettes de Rousseau, à la fois écrivain, théoricien politique, philosophe, pédagogue, musicien et botaniste, ont laissé des empreintes plus ou moins tangibles à Genève.

Son image se retrouve dans la topographie: en 1912, pour le bicentenaire de sa naissance, la Société immobilière genevoise baptise en son honneur dans l’ancienne campagne Gallatin le «Rond-Point Jean-Jacques» et son réseau de rues et d’avenues rayonnantes portant des noms relatifs à ses œuvres ou à sa vie.
 

Genève, quartier de Saint-Jean, plaque du Rond-Point Jean-Jacques

Genève, quartier de Saint-Jean, plaque de rue


Sa statue par James Pradier orne toujours l’île Rousseau, où l’écrivain regarde à nouveau vers le lac, et la façade du Palais de l’Athénée arbore son buste.

On a vu que les idées politiques de Rousseau ont servi d’assise aux revendications du parti des Représentants et influencé les événements révolutionnaires genevois de la fin du XVIIIe siècle.

L’écrivain, lui, a trouvé sa consécration internationale le 26 mai 2011, avec le classement au patrimoine de la «Mémoire du monde» de l’UNESCO de ses fonds manuscrits conservés à la Bibliothèque de Genève et à la Bibliothèque publique et universitaire de Neuchâtel.

Les manuscrits conservés à Genève proviennent principalement des descendants de son ami et éditeur Paul Moultou.

En matière littéraire, la critique locale a donné naissance dans les années 1950 et 1960 à l’«Ecole de Genève», illustrée en particulier par Marcel Raymond, Jean Rousset et surtout Jean Starobinski, spécialiste de Rousseau et auteur d’une nouvelle approche de son oeuvre.
 

AEG, Bibliothèque, R 1164/1905

Annales Jean-Jacques Rousseau, t. 1, 1905 (AEG, Bibliothèque, R 1164/1905)


En tant que pédagogue, Rousseau a laissé sa trace dans le nom de l’Institut Jean-Jacques Rousseau, premier nom de l’Ecole des sciences de l’éducation fondée en 1912 par le pédagogue genevois Edouard Claparède, qui, par certains aspects, s’est inspiré de Rousseau. Il pensait en effet que l’éducation devait «promouvoir la démocratie, la liberté et la compréhension internationale» (Dictionnaire historique de la Suisse).

L’Ecole des sciences de l’éducation, ancêtre de l’actuelle Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation de l’Université de Genève, devait ensuite être confiée à Jean Piaget, qui renouvela complètement la recherche en psychologie de l’enfant.

Rousseau musicien a transmis aux Genevois un héritage très concret qui scande leur vie quotidienne: depuis 1850, le carillon de la cathédrale Saint-Pierre, restauré grâce au legs d’un riche négociant, Gabriel Gallot, joue l’air du Devin de village. Le carillon a été depuis lors restauré plusieurs fois et complété de nouvelles cloches, et il propose au mois de juillet, cet air, l’un des douze joués au cours de l’année.

La botanique, particulièrement chère à Rousseau pendant ses années d’exil, mais qu’il a pratiquée dès ses années annéciennes, a été représentée de manière emblématique à Genève depuis le XVIIIe siècle. Les collections genevoises d’herbiers sont d’importance mondiale. Ils contiennent près de six millions d’échantillons, rassemblés au Conservatoire et Jardin botaniques. Cette tradition a été distinguée par la Confédération et mise à l’inventaire que la Suisse va proposer à l’UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine mondial immatériel. Nul doute que Rousseau serait enchanté de cette distinction et de la perpétuation de sa passion!
 

Collection privée R. Rosset, herbier
Planche extraite d'un herbier présenté pour le concours de sciences naturelles en 1943 (Arlette Hugli, 1re latine, Ecole supérieure des jeunes filles, classe de Mlle Dubois) (Collection privée R. Rosset)

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