Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

Changer la couleur des liens Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer la page
ge.ch
 
Ge.ch > Archives

Archives

22. Commémorations, 1912-2012

Le bicentenaire de la naissance de Rousseau en 1912 est précédé en juin 1904 par la création de la Société Jean-Jacques Rousseau, qui soutient activement cette nouvelle commémoration. Elle s’est donné pour buts de développer les études sur l’écrivain, de publier une édition critique de ses œuvres et de réunir les manuscrits et imprimés, portraits et souvenirs relatifs à Rousseau.

Soutenue par les autorités académiques et politiques, elle compte parmi ses membres non seulement des Genevois mais aussi des Français et des Allemands. Elle publie les Annales Jean-Jacques Rousseau, qui vont au fil du temps renouveler les études sur l’écrivain.

Avec cette société, Genève et la Suisse romande se réapproprient l’écrivain.
 

AEG, Bibliothèque, Imprimés divers, 1912
Invitation au déjeuner du 27 juin 1912 organisé par la Société Jean-Jacques Rousseau
(AEG, Bibliothèque, ​Imprimés divers, 1912)


Les manifestations de 1912 illustreront cette ambition par des banquets, des conférences, une grande exposition au Musée Rath. Le 29 juin 1912, jour officiel de la fête, on assiste à un tir au canon et à une sonnerie de cloches, et un cortège intitulé «Fête de la jeunesse» défile en ville pendant deux heures.

La fête se veut populaire et consensuelle, loin des polémiques politiques ou religieuses, et elle est une réussite, contrairement à la commémoration parisienne, entachée de conflits politiques et même d’émeutes.
 

AEG, Bibliothèque, Imprimés divers, 1912

AEG, Bibliothèque, Imprimés divers, 1912
Programme du bicentenaire de la naissance de Rousseau. 1912 (AEG, BibliothèqueImprimés divers, 1912)

 

AEG 1989 va 18.1243, Service du protocole
Programme de la cérémonie officielle du 28 juin 1962 pour le 250e anniversaire de la naissance de Rousseau (AEG, 1989 va 18.1243, Service du protocole)
 

En 1978, le bicentenaire de la mort de Rousseau se caractérise par un élargissement de la commémoration. On y associe, au moins dans un colloque et dans des chroniques du Journal de Genève, Voltaire, décédé la même année que Rousseau.

Les supports médiatiques changent également: le cinéma produit Les chemins de l’exil de Claude Goretta, sur un scénario de Georges Haldas, qui sera diffusé à la Télévision suisse romande.

Cette nouvelle approche permet une certaine mise à distance des universitaires autour du culte de Rousseau, qui devient accessible au grand public sous une forme renouvelée, sans que sa relation avec sa ville natale soit abordée directement.

L’image de Rousseau change elle aussi et s’ouvre à des interprétations diverses, dont l’une pourrait, pourquoi pas, trouver un écho dans les mouvements contestataires de 1968 en France et des années septante aux Etats-Unis: le Rousseau marcheur, exilé à de nombreuses reprises, simple dans sa mise et méprisant les puissants se retrouverait-il dans les critiques du système capitaliste, dont certains partent sur les routes en quête de nouveaux horizons et d’une vie plus proche de la nature, plus fraternelle?
 

AEG, Bibliothèque, Imprimés divers, 1978
Programme des conférences de la Faculté des lettres pour le bicentenaire de la mort de Rousseau. Janvier-octobre 1978 (AEG, Bibliothèque, Imprimés divers, 1978)
 

A la fin du XXe siècle, l’approche de Rousseau et de son oeuvre d’écrivain et de philosophe se modernise. La reconnaissance académique lui est acquise, les multiples études rousseauistes donnent une idée plus exacte de sa vie et de ses idées, et son style continue d’enchanter ses lecteurs.

Le rapport de Genève à Rousseau est quant à lui parfois ambigu. On en veut pour illustration la démolition de la maison de la rue de Coutance dans laquelle il avait vécu enfant. Cette maison a été détruite en 1958 malgré les oppositions pour faire place à un grand magasin. L’écrivain est admiré, mais il ne doit pas intervenir dans la vie de la cité, pour laquelle il représente en fait quasi exclusivement un «agrément culturel».

Enfin, les idées politiques du philosophe continuent de susciter les controverses et, à l’occasion de l’actuel tricentenaire de sa naissance, les discussions enflammées ne manquent pas, si l’on en croit certains entretiens radiophoniques déjà entendus ici et là.

haut de page