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19. Exils et fin de vie - Genève 1763-1778

Rousseau, bien qu’il obtienne la «naturalité» neuchâteloise en 1763, finit par entrer en conflit avec les autorités religieuses de la Principauté et se met à dos également la population du bourg de Môtiers, excitée contre lui par les pasteurs. Malgré la protection du roi de Prusse Frédéric II, l’écrivain ne se sent plus en sûreté dans les terres neuchâteloises.

Il se réfugie quelques semaines en automne 1765 sur l’île Saint-Pierre, propriété de Berne au milieu du lac de Bienne, et trouve une consolation à ses malheurs en pratiquant assidûment la botanique, mais, à nouveau, il doit s’enfuir.

A l’invitation du philosophe, économiste et historien David Hume, Rousseau quitte son séjour idyllique sur l’île bernoise et, après un bref séjour à Paris, s’installe en Angleterre en janvier 1766.
 

AEG, P.C. 11995/19
Exemplaire saisi par les autorités d’une chanson ayant circulé anonymement en novembre 1769 dans Genève (AEG, P.C. 11995/19)

Rapidement, une fois de plus persuadé qu’on complote contre lui, il se brouille avec son hôte et regagne Paris dès 1767. Le prince de Conti l’héberge à Trie-Château en Picardie, où Rousseau reprend la rédaction de ses souvenirs, les futures Confessions, commencées à Môtiers.

Après un voyage à Lyon, Chambéry et Grenoble en 1768, il s’installe à Paris, rue Plâtrière, en 1770. Jusqu’en 1778, quand il accepte l’invitation du marquis de Girardin et s’installe à Ermenonville, Rousseau travaille à ses dernières œuvres, les Rêveries du promeneur solitaire, les Considérations sur le gouvernement de Pologne, ainsi que les Lettres sur la botanique.
 

CIG, Sup Gir 87/04
J.J. Rousseau, lithographie de H. van Muyden, 1912 (CIG, Sup Gir 87/04)
 

Rousseau s’éteint à Ermenonville le 2 juillet 1778, quelques mois après son grand ennemi Voltaire, décédé le 30 mai.
 

CIG, Sup Gir 330/4
Jean-Jacques Rousseau. Eau-forte d’Ingouf le Jeune. Vers 1779 (CIG, Sup Gir 330/4)


A Genève, pendant ce temps, les événements se précipitent. La révolte qui avait donné lieu à l’Edit de conciliation de 1768 à peine résorbée, d’autres troubles secouent à nouveau la ville.

Les revendications des natifs regroupés dans les cercles, conseillés par Voltaire, prennent une tournure inquiétante pour le gouvernement et les germes des revendications semées par Rousseau trouvent un terrain favorable dans la cité, où les inégalités sont de plus en plus insupportables pour cette catégorie de citoyens négligés par les accords passés entre les Représentants et les autorités politiques.

Ces luttes intestines culmineront dans la prise d’armes du 7 avril 1782, qui marquera le début de la véritable période révolutionnaire genevoise.
 

AEG, Jur. Civ. Fd 32
Liste des ouvrages contenus dans la bibliothèque de l’horloger Georges Auzières (1713-1799), natif, révolutionnaire. En avril 1791, suite à la procédure intentée contre Auzières, considéré comme un des principaux fauteurs de troubles parmi les natifs et condamné à être banni de Genève pour 20 ans, on fait l’inventaire de ses biens. Sa bibliothèque contient pas moins de 109 ouvrages, depuis les classiques grecs et latins jusqu’à Voltaire et Rousseau. Le contenu de cette bibliothèque illustre le degré élevé d’instruction qui était courant dans le milieu des horlogers genevois au XVIIIe siècle (AEG, Jur. Civ. Fd 32)

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