Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

Changer la couleur des liens Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer la page
ge.ch
 
Ge.ch > Archives

Archives

16. Guillaume Farel et Jean Calvin

Guillaume Farel (1489-1565)

Guillaume Farel (n° 1) est né en 1489 à Gap, en Dauphiné. En 1509, année où naît Jean Calvin, il se rend à Paris pour y faire des études de lettres. En 1517, il obtient le grade de maître ès arts.

Son premier séjour à Genève remonte à septembre 1532. Voici comment Jeanne de Jussy décrit sa venue: «Au mois d’octobre après, 1532, vint à Genève un chétif malheureux prédicant nommé maître Guillaume, natif de la cité de Gap en Dauphiné». A peine arrivé, il se met à prêcher, rencontrant aussitôt l’opposition des autorités religieuses. Convoqué devant le Conseil épiscopal, il tente en vain de justifier sa venue et est même interrompu par des menaces de mort (n° 2). Expulsé de la ville le 3 octobre, ce n’est que grâce à l’intervention de l’un des syndics présents qu’il échappe à un coup d’épée.

Le 20 mars 1533, les Bernois écrivent aux autorités genevoises en faveur de Guillaume Farel (n° 3), qui retourne à Genève le 20 décembre de la même année. Il se met à organiser le culte réformé sur la base de sa liturgie parue à Neuchâtel en 1533. Le dimanche de Pâques (5 avril) 1534, ce ne sont pas moins de quatre cents personnes qui reçoivent la Cène des mains de Guillaume Farel au couvent de Rive.

Afin de consolider les progrès des idées nouvelles, les réformateurs demandent l’organisation d’une dispute qui a lieu à Rive dans le courant du mois de juin 1535. Elle voit le triomphe de la cause évangélique et est suivie de l’abolition de la messe le 10 août 1535 et de l’adoption de la Réforme le 21 mai 1536. Guillaume Farel a atteint son but, mais il reste à doter la nouvelle Eglise d’une structure. Prédicateur passionné plutôt qu’organisateur, Guillaume Farel laissera cette tâche à Jean Calvin.


AEG, P.H. 1090

3. Lettre de Berne en faveur de Guillaume Farel (20 mars 1533) (AEG, P.H. 1090). Editée dans Herminjard, A.-L., Correspondance des Réformateurs dans les pays de langue française, recueillie et publiée avec d’autres lettres relatives à la Réforme et des notes historiques et biographiques, t. 3, n° 411, pp. 31-34.

 

Jean Calvin (1509-1564)

Né à Noyon, en Picardie, en 1509, Jean Calvin (n° 4) est destiné à la prêtrise et est d’ailleurs pourvu de deux bénéfices ecclésiastiques en 1521, à l’âge de douze ans. Il fait des études classiques à Paris, où il découvre la pensée humaniste, avant de se tourner, poussé par son père, vers le droit, qu’il étudie à Orléans puis à Bourges, où il entre en contact avec les idées réformées. A la mort de son père en 1531, il retourne à Paris avec l’intention d’y poursuivre ses études de lettres.

C’est en 1533 que l’on place habituellement la conversion de Jean Calvin à la Réforme. Cette année-là, il participe à l’écriture du discours prononcé à la rentrée par le recteur de l’Université de Paris, Nicolas Cop, érasmien notoire et défenseur de l’ouvrage de Marguerite de Navarre, sœur du roi de France, qui a été condamné par la Sorbonne. Le Parlement de Paris ordonne l’arrestation de Cop et de Calvin qui est contraint de s’enfuir.

En octobre 1534, de petites affiches rédigées par Antoine Marcourt, contenant une attaque violente contre la messe, sont placardées à plusieurs endroits dans Paris et même sur la porte du roi de France au château d’Amboise. La répression qui suit l’affaire des Placards oblige Jean Calvin à quitter la France.

Réfugié à Bâle, il approfondit son étude des écrits de Luther et élabore sa propre théologie, exposée en six chapitres dans l’Institution de la religion chrestienne, dont la première édition latine paraît en 1536. Dès lors, il n’aura de cesse de retravailler et de compléter cette œuvre majeure. En 1539 paraît une deuxième édition latine en dix-sept chapitres et, en 1559, la version définitive, comportant quatre-vingts chapitres, divisés en quatre livres. En 1541 (n° 5), une version française du texte de 1539 est publiée et, en 1560, celle du texte de 1559.

Parti à Paris pour régler des affaires familiales, il compte se rendre ensuite à Strasbourg pour y continuer ses études. La route directe étant fermée en raison des guerres, il doit faire un détour par Genève.
 

----------------------------
1. Portrait de Guillaume Farel. Gravure de Carl Barth, dans Guillaume Farel (1489-1565). Biographie nouvelle, pl. VI/1. [Non reproduit]

----------------------------
2. Débuts de Guillaume Farel à Genève (1532). Roset, M., Les chroniques de Genèvepubl. par H. Fazy, Genève, 1894, pp. 163-165. [Non reproduit]

----------------------------
4. Portrait de Jean Calvin. Gravure sur cuivre hollandaise, dans E. Doumergue,
Iconographie calvinienne, Lausanne, 1909, p. 31. [Non reproduit]

----------------------------
5.
Institution de la religion chrétienne de Jean Calvin (1541). Réédition sous la dir. de A. Lefranc par H. Chatelain et J. Pannier, Paris, 1909, avec un fac-simile du titre (BPU, T 46149). [Non reproduit]

haut de page