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14. François Bonivard et son prieuré de Saint-Victor

Issu d’une noble famille vassale des ducs de Savoie, François Bonivard considérait le prieuré Saint-Victor, situé aux portes de Genève, comme un bien de famille – puisque ses oncle et grand-oncle avaient déjà été prieurs commendataires de ce riche établissement religieux. Et même il estimait avoir des droits héréditaires sur les autres bénéfices cumulés par son oncle Jean-Amé. Mais à la mort de ce dernier, en 1514, il n’eut que Saint-Victor, et en conçut une haine déclarée à l’égard de la maison de Savoie.

Cela explique en partie son attachement à la cause des libertés genevoises contre le duc de Savoie, et aussi la plupart de ses malheurs. Emprisonné une première fois en 1519, forcé de résigner son prieuré, il s’en repent bientôt et cherche par tous les moyens à en récupérer les revenus. C’est au cours de ces démarches quelque peu désordonnées, qu’il sera arrêté une seconde fois et enfermé au château de Chillon, où il croupit six ans durant, jusqu’à sa délivrance par les Bernois au printemps 1536.

De retour à Genève, où son prieuré a été détruit pour faciliter la défense de la ville, il reprend ses démarches. Arguant de tous les sacrifices qu’il a faits en faveur des libertés de Genève, assisté par les Bernois, avec lesquels il a de nombreuses affinités, il réclame à la Seigneurie exsangue une riche pension et le remboursement de ses dettes. Reçu gratuitement à la bourgeoisie de Genève et nommé membre du Conseil des Deux Cents, il n’obtiendra finalement qu’une pension annuelle de 200 écus et la jouissance d’une maison à la rue des Chanoines (actuelle rue Calvin). C’est là qu’il mourra en 1570 ou 1571, après une vie de travail intellectuel, historique et philologique.


AEG, Titres et droits Ea 7

La «grosse» de Saint-Victor, un document familial des Bonivard? (AEG, Titres et droits Ea 7)

En tête des reconnaissances féodales (soit du registre foncier) reçues en 1461 en faveur du prieuré Saint-Victor, le prieur Urbain Bonivard a fait dessiner les armes de sa famille. En effet, il avait succédé dans ce prieuré à son oncle maternel Jean de Grolée, et son neveu Jean Amé, puis son petit-neveu François Bonivard devaient lui succéder dans cette qualité de prieur.
 

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La donation par François Bonivard des revenus du prieuré Saint-Victor aux hôpitaux de Genève, de Berne et de Fribourg du 18 janvier 1528. On remarquera que le sceau authentifiant le document est celui du prieur François Bonivard, avec ses armoiries familiales, et non celui du prieuré, qui porte la figure de saint Victor portant sa tête (AEG, P.H. 998). [Non reproduit]

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Bref du pape Clément VII, du 24 janvier 1528, ordonnant au Chapitre de Saint-Pierre de remettre Léonard Tornabuoni en possession du prieuré Saint-Victor. François Bonivard n’avait en effet pas la possibilité de remettre son prieuré aux hôpitaux, puisqu’il y avait renoncé en 1519, et que, son successeur étant mort en Cour de Rome, le pape l’avait attribué à Léonard Tornabuoni, évêque de Borgo San Sepulcro, son parent (AEG, P.H. 1001). [Non reproduit]

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