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11. La discipline

A lire les Registres du Conseil et de la Compagnie des pasteurs, les collégiens du XVIe siècle n'étaient ni plus ni moins indisciplinés qu'aujourd’hui.

L'une des tâches des régents est de reprendre les «rebelles ou nonchalants» et de les punir selon leurs démérites, par des châtiments corporels, essentiellement le fouet. C'est à la fin des cours, à 16 heures, lorsque les écoliers se réunissent dans la salle commune, que sont réprimandés publiquement les «délits notables», avec une «gravité modérée», recommandée par l'Ordre du Collège de Genève.

Il arrive pourtant que les régents perdent leur calme et en viennent à battre et à blesser les enfants, parfois grièvement. De tels cas sont portés devant la Compagnie des pasteurs, voire devant le Conseil.

D'autres régents, au contraire, ne parviennent pas à tenir leur classe, et la Compagnie des pasteurs les exhorte régulièrement à exercer la discipline avec plus de rigueur.


AEG, Placards 11
Placard contre les élèves du Collège. 10 octobre 1795 (AEG, Placards 11, n° 1435)
 

Si la discipline au sein du Collège est un objet de préoccupation, l'école buissonnière l'est tout autant. De nombreux écoliers, au lieu d'aller au cours ou au catéchisme, préfèrent traîner dans les rues, jouer et se chamailler, pouvant causer de grands désordres, aussi bien des dégâts matériels que parfois même des victimes:

«(…) les enfants du Collège se battent depuis quelque temps à coups de manteaux et de mouchoirs, au bout desquels quelques-uns mettent des pierres, de quoi un enfant est mort ces jours passés»3.

En raison de la faiblesse de certains régents, la Compagnie tente, dès le début du XVIIe siècle, de créer un poste de correcteur, chargé d'exécuter les punitions décidées par les régents, mais le Conseil s'y oppose.

Dans la seconde moitié du siècle, un régent abandonne les châtiments corporels au profit de la méthode du pensum4, qui est alors censurée par la Compagnie des pasteurs, mais qui sera finalement adoptée au début du XIXe siècle.

Aussi les autorités interviennent-elles régulièrement en publiant et en affichant des placards, «afin que personne n’en prétexte cause d'ignorance», défendant aux enfants de jouer, appelant les parents à mieux les encadrer et commandant à la police de veiller à l'exécution des ordonnances.

D’autre part, afin d'éviter que «les enfants du Collège sortent à tout propos, sans licence», il est arrêté, en 1563, de construire un petit logis à la porte de l'établissement et d'y établir un portier.

 

  • Plaintes au Conseil pour brutalité. 28 novembre 1580 (AEG, R.C. 75, fol. 214) [non reproduit]

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