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10. Le martyre et la mort d'un Juste

Le R.P. Louis Favre est dénoncé à la Gestapo par un agent de renseignement français, ayant changé de camp après avoir été arrêté par des policiers allemands. Son double jeu découvert, ce dernier est abattu près d’Annemasse par un commando F.T.P. dans la nuit du 11 au 12 janvier 1944. Par négligence, le R.P. Louis Favre ne sera pas informé de cette défection ni de cette exécution. Le cas échéant, il aurait pu prendre des précautions pour éviter son arrestation qui a lieu le 3 février 1944 dans le Juvénat de Ville-la-Grand.

Incarcéré par la Gestapo à Annemasse, puis à Annecy dans l’école St. François transformée en prison par les Allemands, le R.P. Louis Favre est torturé à plusieurs reprises, mais il ne parle pas. Par l’intermédiaire de sa sœur Marie, qui réussit à le voir plusieurs fois, et grâce à la filière établie par le premier-lieutenant de Saugy, il peut faire parvenir à Genève des messages clandestins.
 

Message du Père Favre, archives privées
Archives privées
 

En prison, le R.P. Favre réconforte ses codétenus et obtient plusieurs informations qu’il transmet à Genève.

Dès le mois d’avril, il est rejoint à la prison d’Annecy par le lieutenant Pierre Bastian (27e B.C.A.), en charge de toutes les chaînes de ravitaillement du plateau des Glières et responsable du corps franc de Thônes. Fait prisonnier fin mars 1944 suite à l’attaque du plateau des Glières par la Milice et les troupes allemandes, torturé ensuite pendant plus de trois semaines dans les locaux de la Milice, Bastian sera exécuté par les Allemands. Le Père Favre, au fil de ses billets, ne manque pas de signaler l’évolution des sévices et tortures endurés par Bastian qui, comme lui, ne parlera jamais.

En raison de la collaboration précieuse que leur a fournie le R.P. Louis Favre, Paul de Saugy et Marcel Durupthy, du S.R. suisse, tenteront d’organiser son évasion de la prison de la Gestapo à Annecy. Craignant des représailles sur des innocents, le R.P. Favre déclinera leur aide et continuera à réconforter ses codétenus.

Le 8 avril 1944, il décrit la sollicitude des soldats qui le gardent. Cependant son espérance évolue, il prend conscience de son destin. Ce même jour, il grave sur une paroi de sa cellule: «La véritable prison? C’est la société! Dans ces murs, j’ai connu la liberté…»

Le 16 juillet 1944, après avoir gardé un mutisme absolu pendant 164 jours et enduré de multiples tortures, il est conduit avec sept autres victimes dans une clairière près de Vieugy à côté d’Annecy. Il y est abattu d’une rafale de fusil mitrailleur. Le lendemain, sa sœur Marie vient le reconnaître et l’embrasser une dernière fois.
 

Plaque commémorative
Plaque commémorative apposée sur le mur du Juvénat (photographie AEG)

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