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1. Genève au XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle à Genève est une période brillante, économiquement prospère, caractérisée par un essor démographique marqué et un rayonnement culturel exceptionnel.


AEG, Archives privées 247/I/18
Bastion de Cornavin, par R. Gardelle. Paysage habité, armoiries et devise de Genève. 1780
(AEG, Archives privées 247/I/18)

La population, estimée à 20'000 habitants en 1725, atteint environ 25'000 habitants en 1770, auxquels s’ajoutent près de 3000 habitants des faubourgs et les sujets des mandements. L’immigration de la fin du XVIIe siècle, suite à la révocation de l’Edit de Nantes en 1685 qui amène 3000 à 4000 réfugiés, et la baisse de la mortalité des nouveaux-nés expliquent cette progression.

Encerclée de fortifications de la vieille ville à Saint-Gervais, la cité de Genève prospère: l’économie bénéficie de la renommée de la «Fabrique genevoise», qui regroupe tous les métiers de l’horlogerie et de la bijouterie organisés en maîtrises. L’industrie des indiennes ou toiles peintes est également en plein essor et les grandes manufactures emploient de nombreux ouvriers. Enfin, le commerce et la banque privée participent aussi de cette prospérité grâce à l’activité des riches banquiers genevois dans le commerce international.

L’Académie de Genève et de grands savants - philosophes, théologiens, juristes, biologistes ou géologues - contribuent au développement des idées des Lumières et à l’histoire des sciences du XVIIIe siècle.

La vie intellectuelle est marquée dès la fin du XVIIe siècle par un certain libéralisme théologique, illustré par Jean-Alphonse Turrettini, professeur à l’Académie et ministre de l’Eglise genevoise, qui prône la tolérance et à qui l’on doit l’autorisation du culte luthérien en ville. Jean-Robert Chouet, philosophe, homme de sciences et magistrat, affirme, lui, la séparation de la raison et de la foi et introduit à l’Académie la méthode expérimentale. Il encourage la création de nouvelles chaires académiques, telles celles de mathématiques ou de droit naturel. Ces deux savants sont les artisans de la transformation de Genève, la Rome protestante, en République éclairée et Cité savante.

D’un point de vue politique, Genève vit au XVIIIe siècle une période agitée, jalonnée de conflits opposant les Citoyens et les Bourgeois aux patriciens. Ces derniers sont minoritaires, mais détiennent le pouvoir au sein des institutions politiques et l’accaparent grâce à un système de cooptation. Quant aux Habitants, aux Natifs et aux sujets de la campagne, sans aucun droit politique, ils devront attendre la fin du siècle et la révolution genevoise de décembre 1792 pour être considérés comme des citoyens à part entière.

Pendant tous ces troubles politiques intérieurs menaçant la stabilité de la République, Genève s’appuie sur ses alliés, les cantons suisses de Berne et de Zurich, qui interviennent militairement pour rétablir l’ordre en 1707, 1734, 1765-1766 et 1781-1782.

La France, d’abord alliée de Genève puis devenue au fil du temps puissance protectrice de plus en plus intervenante, est appelée à la rescousse comme médiatrice lors des conflits entre le pouvoir et les «Représentants». La présence du Résident, imposé par la France dans les murs de la ville depuis 1679, permet une intense activité diplomatique entre Genève et Paris et favorise clairement l’«alignement» de la cité protestante sur le royaume de France.


AEG, Archives privées 247/V/21
Plan de la ville de Genève en 1777 par C.G. Glot. Ajout manuscrit et aquarellé: plan d'attaque et notice
(AEG, Archives privées 247/V/21)

Les relations avec la Savoie, difficiles depuis le XVIe siècle, s’apaisent avec le Traité de Turin de 1754, conclu après des tractations longues et difficiles. Turin fera partie des puissances étrangères, avec la France et Berne, qui interviendront lors de la révolte de 1782 pour restaurer le gouvernement aristocratique. Une pacification, imposée par un Edit surnommé «Code Noir», met fin à cette révolte, mais sera suivie dès 1789 de nouveaux troubles qui aboutiront à la révolution genevoise de 1792 et à la Constitution de 1794.

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