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Faucardage

Campagnes estivales de faucardage : un entretien respectueux des milieux aquatiques

A Genève, les travaux de nettoyage des grèves publiques et le faucardage -la fauche des plantes aquatiques - sont du ressort du Canton (Direction générale de la nature et du paysage). Ces interventions sont accomplies chaque été par des équipes spécialisées qui appliquent un plan de gestion respectueux des écosystèmes aquatiques.

La belle saison est la période la plus propice pour procéder à l'entretien des rives du lac. Cette mission, qui est du ressort de l'Etat de Genève, regroupe deux activités principales : le nettoyage des grèves et le faucardage.

Le nettoyage des grèves consiste à ramasser les déchets qui s’y accumulent, poussés par les vagues. Il s'agit principalement d'évacuer des végétaux : algues filamenteuses, plantes arrachées au fond du lac, branches, etc.

Le faucardage - qui tire son non du "faucard", une faux à long manche utilisée par le passé pour entretenir les canaux - consiste à couper et extraire du lac les plantes aquatiques qui se développent dans certains sites. En effet, lorsqu’elles croissent jusqu'à atteindre la surface de l’eau, celles-ci peuvent devenir gênantes pour la baignade et la navigation. Le faucardage permet ainsi d’améliorer le confort des utilisateurs du lac : promeneurs, baigneurs, navigateurs, pêcheurs, etc.

Pratiqué sans contrôle, le faucardage peut avoir des effets néfastes pour l'équilibre écologique du lac car les herbiers lacustres constituent des milieux précieux pour la flore et la faune aquatiques.

Afin d'éviter des conflits d’intérêt entre l’utilisation du lac par l’homme et la protection de la nature, une véritable stratégie du faucardage a été mise en place en 2000 par l’Etat de Genève. Elle consiste à privilégier une approche souple et évolutive en effectuant une pesée des intérêts entre usages et valeur biologique du lac.

Un plan de gestion définit ainsi les directives à suivre en matière de faucardage et de nettoyage. Les principaux points à relever sont les suivants :

  • Le faucardage est limité aux ports publics, aux axes de navigation et aux zones de baignades balisées
  • Les demandes concernant des plages ou des ports privés ne sont pas prises en considération
  • Le faucardage des plantes aquatiques n’a pas pour but de réduire la quantité de végétation qui s’échoue naturellement sur les grèves
  • Certaines espèces de plantes doivent être protégées alors que d’autres, qui ont un statut d'envahissantes, doivent être éliminées de la manière la plus adéquate possible (période, technique de coupe, propagation par le courant à éviter).

Un programme annuel et une localisation du faucardage est à disposition sur ce site (le réchauffement de l’eau n’étant pas régulier, le développement de la végétation peut varier d’une à deux semaine(s) selon les années et influencer les périodes d’intervention des équipes).

Transport et déchargement de la fauche pour sa dégradation en compost

Les plantes aquatiques

On confond souvent les plantes aquatiques avec les algues, qui ne sont pas concernées par le faucardage. En réalité, il s'agit d'organismes très différents :

  • Les algues planctoniques qui flottent en pleine eau ne sont pas visibles à l’œil nu mais ce sont elles qui donnent une coloration à l’eau. La présence de ces algues est normale et même souhaitable sans excès car elles font partie de l’équilibre biologique d’un lac. Les algues filamenteuses qui forment des amas sur les fonds à l'apparence cotonneuse, sont plus faciles à observer. En période de forte bise, elles, viennent s’échouer sur les plages.
     
  • Les plantes aquatiques, qui font partie d'une groupe appelé les « macrophytes », sont, à l’instar des plantes de nos champs, des végétaux supérieurs enracinés qui se reproduisent en fleurissant. Comme dans une prairie, il y a dans le lac des espèces rares à protéger et des espèces exotiques envahissantes à éliminer.

Le potamot pectiné a proliféré depuis les années 1970 suite à l' excès de phosphates dans le lac et se trouve être le plus abondant dans les ports de faible profondeur au point d'être parfois gênant pour les navigateurs et les baigneurs. Cette espèce indigène est localement régulée par le faucardage.

Potamot pectiné

Les potamots perfoliés et luisants, sont des espèces indigènes facilement reconnaissables à leurs larges feuilles dont les effectifs doivent être préservés lors des opérations de faucardage.


Potamot luisant

L’élodée, une plante américaine utilisée en aquariophilie, a été introduite accidentellement dans le Léman. Figurant sur la liste noire des plantes envahissantes, elle doit être éliminée avec des précautions pour éviter sa dissémination.

Elodee

Elodee 

Les characées, qui ont presque disparu lorsque le lac était trop riche en phosphates, sont à nouveau présentes dans les eaux genevoises depuis les années 90. Elles sont un indicateur de propreté des eaux et constituent un refuge et un lieu de reproduction pour la faune du lac. Les characées sont peu concernées par le faucardage.

Chara

Chara

Photos macrophytes: Alain Demierre


Mise à jour : 22.07.2015