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Cistude

Emys orbicularis est l'unique tortue indigène en Suisse.

La cistude ou tortue bourbeuse est une tortue aquatique qui vit dans les zones humides d'Europe. Elle est facile à reconnaître : son corps est recouvert de lignes ou de points jaunes vifs

 

 

La cistude

Sa carapace est aplatie et légèrement bombée et sa queue relativement longue et effilée. A la naissance, les jeunes mesurent 2-3 cm et pèsent en moyenne 3,5 g. A partir de l’âge de 5-6 ans, il est possible de distinguer les mâles des femelles : les premiers ont un plastron concave et un cloaque plus éloigné du bord de la carapace.

La cistude apprécie les eaux douces à faible courant avec fonds vaseux et une végétation aquatique abondante. Les prairies sèches ou des milieux ouverts non inondables aux abords des zones humides lui sont indispensables pour abriter ses oeufs.
Elle se nourrit d'invertébrés aquatiques et de cadavres d'animaux, rarement d’amphibiens et de plantes aquatiques, jouant un rôle d'« éboueur » des étangs.

Durant la journée, elle prend des bains de soleil et s'immerge lorsque la température est trop élevée. Elle hiverne sous l'eau d'octobre à mars, au fond de la vase, exploitant l'oxygène de l'eau qui passe au travers de ses muqueuses.

La reproduction a lieu au printemps et les jeunes naissent en automne ou au printemps suivant si les conditions climatiques sont favorables ou non.
 

 

Aujourd'hui, Genève héberge la plus grande population reproductrice de cistudes en Suisse, localisée dans la Réserve naturelle du Moulin-de-Vert, ainsi qu’à Laconnex. On dénombre dans la première plus de 300 individus : beaucoup sont d'origine méditerranéenne (E.o. hellenica et E.o. galloitalica), quelques individus sont autochtones du nord des Alpes (E.o. orbicularis) et la majorité sont des hybrides de ces différentes formes.

L'espèce est menacée dans une grande partie de l'Europe suite à la perte ou la fragmentation de son habitat (drainage des zones humides, endiguement des cours d'eau, urbanisation), les pollutions ponctuelles ou diffuses (épandages agricoles…) et le ramassage volontaire. En Suisse, son statut sur la liste rouge est CR, soit "en danger critique d'extinction".

Une réintroduction à Genève

A l'occasion de l'Année internationale de la biodiversité 2010 et dans le cadre d’un projet national de restauration de la cistude en Suisse, la Direction Générale de la Nature et du Paysage a débuté un programme de lâcher de cistudes génétiquement proches de la souche locale. L’objectif à long terme est de rétablir une population naturelle stable issue du nord des Alpes (E.o. orbicularis). La DGNP collabore avec le KARCH, les éleveurs de SwissEmys et le centre de Protection-Récupération des Tortues (PRT) de Chavornay.

Des critères sévères sont respectés pour la bonne faisabilité du projet, notamment que :

  • Le site de réintroduction est adapté.
  • Il n'y pas de menace pour la survie des animaux relâchés.
  • Les individus relâchés sont sains et de la bonne souche génétique.

Renaturés par la DGNP en 2009 et réunissant des conditions d'habitat optimales, ce sont des étangs dans les Bois de Jussy qui ont été retenus pour ce projet, avec un premier lâcher d'une quinzaine d'individus au printemps 2010. Ce sont des animaux issus d’élevages qui sont utilisés afin de préserver les autres populations existantes.

Une opération minutieusement suivie

 

Tous les animaux ont été munis de radio-émetteurs afin de mieux connaître leurs déplacements et mesurer le succès de cette action. Les résultats obtenus sont riches en données et très encourageants. Les jours qui suivent les lâchers sont caractérisés par une période de réacclimatation à l'activité réduite.

 

Très vite, cependant, les tortues trouvent leurs marques dans cet habitat adapté à leurs besoins, utilisant aussi bien les nénuphars pour se chauffer au soleil que les roselières pour s'abriter. Toutes les cistudes relâchées en 2010 ont survécu jusqu'à leur hibernation, débutée à la fin du mois de septembre.

 

En 2011, 8 nouveaux individus, en provenance de l'élevage SwissEmys ont pu être relâchés en juin, pour rejoindre les 14 animaux lâchés en 2010.

Grâce à la télémétrie leurs déplacements ont pu être analysés :

  • Dans les mois qui suivent leur lâchers, les tortues (qui sont des immatures âgées de 3 à 5 ans) bougent relativement peu et explorent surtout leur étang.
  • La saison suivante, les mouvements exploratoires sont plus importants, les tortues inspectent les zone humides des environs et peuvent se déplacer sur plusieurs centaines de mètre.

Fin septembre, les cistudes retournent presque toutes dans les étangs où elles ont été relâchées, et se regroupent pour passer l'hiver ensemble, sous l'eau, entre les roseaux et les massettes.

ATTENTION : pour ne pas fragiliser la cistude et son écosystème, ne relâchez jamais des animaux dans les plans d’eau, en particulier des poissons rouges ou des tortues ! 

Que faire si j'observe une cistude dans le canton de Genève ?

  • Si elle se trouve dans la Réserve de Moulin-de-Vert ou de Laconnex, son signalement n’est pas nécessaire car une population bien connue de cistudes s’y trouve.
  • Si elle est observée ailleurs dans le canton, contactez-nous :
     
    • Direction Générale de la nature et du paysage de l’Etat de Genève
    • Rue des Battoirs, 7
      1205 Genève
      Tel +41 22 388 55 00
    • E-mail : courrier.dgnp [at] etat.ge.ch
Comment distinguer une cistude d'une tortue de Floride ?

Cistude : la tortue aquatique européenne est une tortue de couleur sombre, caractérisée par des points jaunes répartis sur tout le corps et la carapace. Sa tête est ronde, sa carapace aplatie et elle possède une queue assez longue. Elle mesure au maximum 20 cm. 
Tortue de Floride : elle présente normalement une marque rouge à l'arrière de l'oeil ainsi qu'une tête pointue au museau retroussé. Comme d'autres espèces de tortues exotiques, elle est marquée de rayures pâles, notamment sur la gorge - mais n'a pas de point. De plus, sa queue est plus petite que celle de la cistude et elle peut atteindre une taille bien supérieure à cette dernière.


Que faire de ma tortue d'aquarium devenue indésirable ?

Quelque soit l'espèce si vous désirez vous séparer de votre tortue, contacter  le centre PRT de Chavornay qui assure une bonne prise en charge de vos animaux et un placement éventuel chez d'autres amateurs.

Pour plus d'informations :

 


Mise à jour : 05.05.2014