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Mensuration officielle

Le Relief Magnin

Les nouvelles technologies révèlent un chef-d'œuvre d'une précision remarquable

La Ville et l’Etat de Genève ont présenté à la Maison Tavel le 29 mars 2011 l’ambitieux projet de numérisation tridimensionnelle du plan relief Magnin. Ce projet va assurer à la Ville de Genève de disposer d’une sauvegarde numérique de haute définition de cet unique plan relief, et de sa documentation.  Pour sa part, le service de la mensuration officielle de l’Etat de Genève pourra bénéficier de données historiques pour le cadastre du Canton.

Grâce à la numérisation tridimensionnelle, le plan relief Magnin de la ville de Genève commence une nouvelle vie. Cette technologie ouvre de nouvelles voies pour la médiation culturelle, les visites immersives et la réalité augmentée. En outre, elle apporte des connaissances sur le bâti de la ville au temps des fortifications, un atout en matière de gestion du territoire, en particulier le sous-sol. Ces nouvelles formes de documentation du territoire répondent aussi au besoin des collectivités publiques, dans le domaine de l’aide à la décision et de la démocratie participative.

 

 

Installé à la maison Tavel, le plan relief Magnin est un véritable témoignage architectural, historique et technique de l’époque des fortifications.

C’est en 1878 qu’Auguste Magnin et son équipe d’orfèvres débutent le minutieux travail. Dix huit années ont été nécessaires pour assembler toutes les pièces d’un puzzle de plus 30 m2, réalisées en zinc et en cuivre, avec un niveau de détails remarquable et une précision inouïe.

 

 

Autre époque, autres moyens. L’opération de numérisation du relief Magnin, entamée en 2010, est destinée à reproduire le relief en 3D numérique afin de pouvoir l’interpréter et l’utiliser à des fins muséographiques et de mensuration officielle. Cette opération a fait l’objet d’une première étape, réalisée sur le quartier de la Madeleine tel que l’a représenté Auguste Magnin à son époque. Cette étape a permis de tester les équipements et les logiciels. Les éléments du plan relief ont été saisis avec un scanner industriel, ce qui a permis de repérer et d’enregistrer des millions de points avec une extrême précision. Plus d’un millier de photographies ont été prises pour permettre une reconnaissance fine des détails du Relief. Enfin, de nombreux documents de travail, conservés au Centre d’iconographie Genevoise, ont été numérisés pour compléter la récolte de données.

 

Un modèle en 3D a pu être réalisé à partir de ces différents éléments. L’étape suivante a consisté à ajouter des textures, réalisées d’après photos, sur les éléments modélisés en 3D pour créer une vision réaliste des bâtiments.

Pour réaliser la première phase de ce projet, pas moins de 50 intervenants ont uni leurs efforts pour résoudre les nombreux défis technologiques. Neuf corps de métiers différents ont ainsi permis la création de ce premier échantillon numérique, localisé dans le quartier de la Madeleine.

 

La seconde étape devrait permettre d’étendre l’expérience à l’ensemble du plan en relief. L’aboutissement de ce projet rendrait possible une visite au musée entre réel et virtuel, en faisant cohabiter la « vraie » maquette d’origine et l’immersion dans l’environnement virtuel de la Genève du XIXème siècle, au temps des fortifications.

Il serait également possible de se promener dans les rues de la vielle Ville et de plonger simultanément dans une « promenade virtuelle », au moyen par exemple d’écrans fixes positionnés dans la ville, ou à partir d’un smartphone ou d’une tablette numérique, pour évoluer dans ce que les spécialistes appellent la réalité augmentée.

Outre la culture et la mensuration, cette aventure numérique concerne aussi les domaines de la formation et de l’aide à la décision. Durant le projet, des étudiants de l’HEPIA et leurs professeurs ont eu l’occasion d’expérimenter de plus près la numérisation et le traitement des données d’un projet complexe. C’est un terrain d’apprentissage, pour apprendre à se former à partir d’un cas concret. Cela permet aussi de susciter des vocations pour les nouveaux métiers de l’information du territoire.

Pour les collectivités publiques, la numérisation possède encore d’autres avantages : en intégrant Genève telle qu’elle existait en 1850 dans le système de mensuration officielle et le cadastre actuel, il est possible de détailler les différents éléments architecturaux qui ont perduré et ceux qui ont été partiellement ou totalement détruits au moment du démantèlement des remparts. Cela permet de déduire où sont les vestiges enfouis et d’anticiper les obstacles potentiels, pour les projets d’aménagement dans le périmètre de la Vieille-Ville.

La numérisation de Genève en 3D s’inscrit dans une politique active qui vise à valoriser les nouvelles technologies de l’information. Voir en 3D, c’est aussi mieux comprendre les enjeux des projets d’aménagement urbain. Cela permet donc de décider en meilleure connaissance de cause. Cela permet aussi d’ouvrir plus largement les consultations auprès de la population, en présentant les différentes options des projets.


Mise à jour : 01.08.2013