République et canton de Genève

Grand Conseil

RD 870
Rapport du Conseil d'Etat au Grand Conseil sur la loi ouvrant un crédit d'étude de 3'500'000F pour la réalisation d'une traversée lacustre à Genève (Loi 10015)

Débat

Le président. L'ordre du jour appelle le traitement du point 53... (Remarque de M. René Desbaillets.) Monsieur Desbaillets, s'il vous plaît ! La parole n'étant pas demandée, il est pris acte de ce rapport... (Le président est interpellé.) Je sais bien que nous sommes vendredi soir, mais il serait bon de suivre !

Une voix. On en est où ?

Le président. Nous en sommes au point 53 de l'ordre du jour, comme je viens de l'indiquer ! Monsieur le député Deneys, vous avez la parole.

M. Roger Deneys (S). Merci, Monsieur le président. Nous traitons là d'un sujet fétiche de ce Grand Conseil: la traversée du lac - pour ceux qui n'auraient pas eu l'occasion de suivre l'ordre du jour... Il s'agit plus précisément du fameux rapport du Conseil d'Etat relatif au crédit d'étude, voté ici même, de 3,5 millions pour la réalisation d'une traversée lacustre à Genève.

Le Conseil d'Etat a effectué le travail qui lui a été demandé, encore que je me suis posé la question de savoir si d'autres documents devaient accompagner ce rapport. En effet, 3,5 millions pour un rapport de trente-trois pages, cela me paraît cher !

Quoi qu'il en soit, au-delà de cette considération d'ordre esthétique, je relèverai plusieurs choses. D'abord, c'est vrai, le Conseil d'Etat a effectué son travail, ce qui a permis de clarifier certains problèmes liés à la traversée du lac.

Ensuite, le coût: 3 à 4 milliards... Peut-être la traversée du lac les vaut-elle: pourquoi pas ? Maintenant, comme toujours en matière de circulation ou d'aménagement, il faut vérifier si les coûts sont proportionnellement adaptés au résultat escompté. Par ailleurs, ce rapport permet aussi de quantifier la baisse de trafic attendue, notamment au centre-ville, sur les quais et sur le pont du Mont-Blanc, et dans l'agglomération en général. Pour la variante la moins développée, la baisse de trafic au centre-ville se situerait entre 10 et 15% et, dans la variante plus contraignante - 3+ - elle atteindrait 20 à 30%.

Nous sommes donc en droit de nous demander s'il est bien raisonnable de dépenser 3 à 4 milliards pour baisser le trafic de 20 à 30% au centre-ville. Certains, qui empruntent régulièrement le pont du Mont-Blanc, peuvent être sensibles au fait de pouvoir gagner un peu de temps, étant donné que l'argent ne sortira pas de leur poche... (Remarque.) Monsieur Stauffer, vous ne payez jamais rien, et ce n'est pas ce soir que vous allez commencer: ce sont toujours les autres qui paient à votre place ! (Exclamations.)

Dans ce projet, nous voyons ce qui se passe: celui-ci peut être intéressant mais, en même temps, il est vraiment regrettable, tel que le projet est formulé, que d'autres solutions ne soient pas envisagées. Par exemple, ne serait-il pas possible de diminuer davantage la circulation au centre-ville, sur les axes, sur les quais, sur le pont du Mont-Blanc, dans l'agglomération en général, à un coût moindre, en prenant d'autres mesures ? Malheureusement, il n'est pas répondu du tout à cette question ! Certes, comme elle n'a pas été posée sous cette forme au Conseil d'Etat, il est un peu normal qu'il n'y réponde pas...

Maintenant, cela ne veut pas dire qu'il ne faut pas poser cette question, car 3 ou 4 milliards, ce n'est pas une somme négligeable ! Je vous rappelle à cet égard que M. Weiss a fait beaucoup de démagogie hier soir à propos d'un projet de loi portant sur quelques centaines de milliers de francs qu'il fallait refuser au prétexte que nous n'avions pas les moyens de le financer... Et, ce soir, il serait prêt à dépenser 4 milliards pour diminuer la circulation au centre-ville de 10 ou 15% ! Donc l'économie, ce n'est manifestement pas sa tasse de thé, sauf en théorie dans les revues très théoriques pour lesquelles il a l'occasion de rédiger des articles...

Le président. Monsieur le député, il vous faut conclure !

M. Roger Deneys. C'est déjà le moment de conclure ?! Les socialistes ne pensent pas que ce rapport doit être refusé automatiquement: pourquoi pas une traversée du lac ? Mais encore faudrait-il en mesurer correctement les conséquences !

Le président. Il vous faut conclure, il vous faut conclure !

M. Roger Deneys. Et je vais conclure, Monsieur le président ! On peut étudier cette possibilité, mais, pour cela, il faut renvoyer ce rapport dans une commission pour pouvoir examiner les différentes variantes, les coûts, les conséquences. Je propose donc...

Le président. Il vous faut conclure !

M. Roger Deneys. ...le renvoi de ce rapport à la commission des transports. Je vous remercie pour votre patience...

Le président. Tout ça pour ça ! Merci, Monsieur le député. Je donne la parole à Mme la députée Anne Mahrer.

Mme Anne Mahrer (Ve). Merci, Monsieur le président. Trois milliards pour un cauchemar ! (Exclamations.) Monsieur le président, je pense que cet objet pourrait être renvoyé dans une commission pour qu'il puisse y être étudié. Vous savez ce que les Verts pensent de la traversée du lac... En voyant tous les bémols inscrits dans cette étude de faisabilité, on est loin du compte, et je ne crois pas que la Confédération dépensera 3 à 4 milliards pour cette traversée. Les Verts proposent donc de renvoyer ce rapport à la commission des transports - pourquoi pas ? - ou des travaux.

Mme Anne-Marie von Arx-Vernon (PDC). Le parti démocrate-chrétien prend acte avec satisfaction du rapport du Conseil d'Etat et avec reconnaissance, le mot n'est pas trop fort, parce que depuis vingt ans, quarante ans, soixante ans, le canton de Genève est en retard par rapport à ce projet essentiel qu'est la traversée du lac. Essentiel, parce que nous sommes aujourd'hui tout à fait conscients, malgré toutes les arguties que l'on nous oppose, que Genève va continuer à se développer et qu'il faudra réduire la pollution au centre-ville et aménager la suite de l'autoroute de compor... de contournement... (Commentaires.) - et de comportement ! - pour répondre aux besoins du développement de notre canton.

Et la Confédération prête une oreille des plus attentives à ce sujet. Il ne faut pas faire croire que Genève va financer complètement ce projet. Il ne faut pas faire croire cela ! (Brouhaha. Le président agite la cloche.) La Confédération regarde ce projet de près, car c'est l'intérêt de toute la Suisse de favoriser le développement de Genève, parce que c'est un canton contributeur. Par conséquent, tout ce qui peut être fait dans ce sens pour améliorer la qualité de vie et stimuler l'économie à Genève permet de financer aussi des infrastructures dans le reste de la Suisse !

Nous ne sommes pas sur une île déserte ! Nous ne sommes pas un canton isolé ! Nous sommes au milieu de l'Europe, et Genève a la particularité d'être un noeud routier très important au coeur de l'Europe. Nous devons donc continuer, pour le développement même de la Suisse, pour nos intérêts à Genève et pour améliorer notre qualité de vie, à réaliser des infrastructures telles que la traversée du lac ! (Remarque.) Et des infrastructures ferroviaires, bien évidemment ! Mais l'un ne va pas sans l'autre, Monsieur ! Par conséquent, nous continuons à nous réjouir quand des projets deviennent un peu plus concrets et qu'un mythe se transforme enfin en réalité ! (Applaudissements.)

Le président. Merci, Madame la députée, pour cette envolée ! La parole est à M. le député Alain Meylan.

M. Alain Meylan (L). Monsieur le président, Mesdames et Messieurs les députés, ce débat, qui a déjà suscité passablement de polémiques, de discussions, d'études, que ce soit pour une traversée de la rade ou pour une traversée du lac, comme c'est le cas ici, est effectivement important. Et une résolution, qui a été votée aux deux tiers par notre parlement au début de l'année, vise précisément à soutenir la traversée du lac auprès des autorités fédérales et vaut initiative cantonale.

Une délégation de votre Grand Conseil est allée défendre ce point de vue, largement majoritaire dans ce parlement, auprès du Conseil des Etats au Parlement fédéral il y a quelques semaines. Malgré la difficulté de ce parlement à faire accepter des projets qui sont pourtant essentiels pour résoudre les problèmes des goulets d'étranglement - que ce soit ici au bout du lac pour les députés et au Parlement fédéral pour les conseillers nationaux et les conseillers aux Etats - nous avons réussi à faire entendre la voix lémanique. En effet, ce projet s'inscrit dans une optique visant à résoudre les problèmes de mobilité individuelle, certes, comme la troisième voie CFF ou le CEVA, mais aussi dans une certaine logique et une certaine cohérence par rapport aux possibilités de développement de la mobilité dans notre région lémanique, comme le contournement de Morges ou le désengorgement de l'autoroute.

Le problème des goulets d'étranglement est un problème qui est admis par la Confédération et reconnu par l'Office fédéral des routes. Maintenant il s'agit de savoir comment le résoudre. Et nous devons, ici à Genève, décider si nous voulons une troisième voie pour l'autoroute de contournement ou, éventuellement, un autre projet. Et, justement, l'intérêt de ce projet-là, c'est qu'il démontre avec force et conviction que nous avons intérêt, à beaucoup d'égards, à réaliser une traversée du lac qui constitue un véritable périphérique de la ville, qui permet son développement et présente bien des avantages par rapport à la réalisation d'une troisième voie de l'autoroute de contournement. Je le répète, nous sommes allés défendre cette position: elle a été reçue par le Conseil des Etats au Parlement fédéral...

Le président. Monsieur le député, il vous faut conclure !

M. Alain Meylan. ...et je pense que nous sommes sur la bonne voie. Par rapport à ce sujet qui a déjà été discuté par ce parlement, cet acte-là est très fort, et je vous demande, Mesdames et Messieurs, de marquer très fermement, comme vous l'avez fait pour la résolution 666...

Le président. Monsieur le député, il vous faut conclure !

M. Alain Meylan. ...votre appui pour ce projet complémentaire au développement du CEVA: 2 milliards pour le CEVA, 2 ou 3 milliards...

Le président. Monsieur le député, vous devez conclure !

M. Alain Meylan. Oui, Monsieur le président ! ...pour ce contournement, dont la moitié sera payée par la Confédération.

Le président. Monsieur le député, il vous faut conclure !

M. Alain Meylan. Je vous prie de prendre acte de ce rapport, afin de marquer... (Le micro de l'orateur est coupé. Ce dernier continue à s'exprimer hors micro.)

Le président. Il vous faut conclure, Monsieur le député ! (Rires. Applaudissements.) La parole est à M. le député Eric Stauffer.

M. Eric Stauffer (MCG). Merci, Monsieur le président. Mesdames et Messieurs les députés, 1987 est l'année où je me suis présenté sous la bannière libérale... (Exclamations.) ...dans la commune d'Onex, puis j'ai siégé comme premier des viennent-ensuite en 1991. Je vous donne ces dates parce que, à cette époque, le parti libéral... (Brouhaha. Le président agite la cloche.) ...organisait des réunions pour ses élus, et le sujet de ces réunions, c'était la traversée de la rade ! En 1987, déjà ! Je vais finir par l'appeler l'Arlésienne ! (Exclamations.) Mais oui ! Car on en parle depuis des décennies, mais on ne la voit toujours pas arriver !

Néanmoins, Mesdames et Messieurs, comme vous le savez, le MCG - ni de gauche ni de droite ou à gauche et à droite - a toujours été favorable au développement, pour les résidents suisses et genevois. Nous allons donc soutenir cette traversée lacustre. Certains diront: alors pourquoi pas le CEVA ? Le CEVA est un aspirateur à frontaliers, c'est différent ! (Exclamations.) En l'occurrence, il s'agit d'une traversée du lac, qui sert aux résidents... (Commentaires.) ...vaudois et genevois !

Mais nous prenons acte, Mesdames et Messieurs... (Commentaires. Le président agite la cloche.) ...les socialistes et, surtout, les Verts, que depuis ce soir vous êtes contre le sport. Vous ne voulez pas de patinoire, donc vous êtes contre les jeunes et le sport. Vous êtes contre la sécurité, parce que vous ne voulez pas déplacer les citernes de fuel à Vernier, et vous ne voulez pas y réaliser de logements, une fois encore. Et finalement vous êtes favorables à l'emploi des frontaliers en lieu et place des résidents genevois, puisque vous plébiscitez toujours et encore les accords bilatéraux sans aucun contrôle paritaire.

Voilà, Mesdames et Messieurs, nous allons soutenir ce projet, mais j'aimerais quand même vous rappeler que le plan directeur cantonal prévoit une traversée de la rade. Alors si on peut la réaliser, tant mieux !

Quant à M. Deneys, Monsieur le président, il m'a fait une remarque assez désobligeante selon laquelle je ne paierais rien... Laissez-moi vous dire que ces douze derniers mois j'ai payé pour plus d'un million de factures, et que j'emploie pas moins de trente employés dans quatre succursales en Suisse ! (Remarque.) Oui, Medinex, absolument ! Medinex, vous pouvez le dire ! (Brouhaha. Le président agite la cloche.) Il n'y a pas de problème, si vous voulez me faire de la pub, Monsieur le député, allez-y: medinex.ch ! Et nous engageons encore des résidents genevois et, surtout, des jeunes pour leur premier emploi... Voilà !

Le président. Monsieur le député, il vous faut conclure !

M. Eric Stauffer. Ça, c'est montrer l'exemple ! C'est mettre en application dans la vie professionnelle ce que l'on préconise en politique. Si vous pouviez prendre exemple sur cela, à gauche, mon Dieu ce que le canton s'en porterait mieux !

Le président. Monsieur le député, il vous faut conclure !

M. Eric Stauffer. Mesdames et Messieurs, nous soutenons ce projet.

M. Christo Ivanov (UDC). Le groupe UDC se félicite de ce rapport... La traversée de la rade est une priorité absolue pour Genève... (Commentaires.)

Des voix. Du lac !

M. Christo Ivanov. Du lac: admettons ! ...et l'UDC la soutient à cent pour cent. Ce sera un complément au réseau routier indispensable pour l'économie de toute notre région. Cette traversée sera inscrite comme route nationale et, par conséquent, son financement sera assuré au minimum à 50% par la Berne fédérale. Pour ces raisons, le groupe UDC soutiendra ce rapport et vous demande d'en prendre acte.

M. Guy Mettan (PDC). Je voudrais juste ajouter quelques éléments qui n'ont pas été évoqués ce soir... D'abord, ceux qui ont écouté la radio ou lu les journaux ces derniers jours auront peut-être constaté que le dernier rapport de l'OFROU - l'Office fédéral des routes - mentionne que l'autoroute de contournement de Genève est l'une des plus chargées du pays avec le contournement de Lausanne. A partir de là, on admet - en tout cas, ceux qui ont un peu de bon sens - qu'il est effectivement urgent de compléter la ceinture autoroutière de Genève en réalisant...

Le président. Il vous reste dix secondes, Monsieur le député !

M. Guy Mettan. ...une traversée du lac.

Autre élément que le parti démocrate-chrétien a souvent eu l'occasion de rappeler au cours de ces débats...

Le président. Il vous faut conclure, Monsieur le député !

M. Guy Mettan. ...si nous sommes favorables à la traversée du lac, c'est par souci de complémentarité des transports: il faut des trams, il faut la troisième voie CFF, il faut le CEVA...

Le président. Vous devez conclure, Monsieur le député !

M. Guy Mettan. ...et il faut aussi une traversée... (Le micro de l'orateur est coupé. Ce dernier continue à s'exprimer hors micro.)

M. Jacques Jeannerat (R). Qu'on le veuille ou non, les besoins en matière de mobilité ont augmenté ces dernières années, et ils vont continuer à croître. Les trains entre Genève et Lausanne sont pleins, et c'est la raison pour laquelle nous avons soutenu le Conseil d'Etat dans ses démarches pour un préfinancement du développement du rail entre Genève et Lausanne.

L'autoroute de contournement - qui est dite de contournement, mais qui ne constitue qu'un contournement partiel - est complètement surchargée aux heures de pointe, et je vous rappelle que c'est aussi un axe international. Cette autoroute ne sert pas qu'aux Genevois pour contourner en partie la ville, mais également à nos compatriotes pour se rendre en Espagne ou en France, ainsi qu'aux Allemands.

La traversée du lac doit être considérée dans un plan global de mobilité avec des mesures d'accompagnement. Nous sommes en train de construire des voies de tram sur des grandes pénétrantes, et nous devons faire en sorte, chaque fois qu'une voie de tram croisera l'anneau autoroutier, de réaliser un gigantesque P+R pour que les voitures ne passent plus au centre-ville.

Les Verts parlent de cauchemar en évoquant la traversée du lac... Mais, le cauchemar, c'est le pont du Mont-Blanc ! Moi je ne comprends pas: j'ai l'impression que les écolos ont le cerveau monté à l'envers ! (Exclamations. Applaudissements.) On leur propose de sortir du centre-ville des voitures qui n'ont rien à y faire pour améliorer la qualité de vie et diminuer les nuisances, et ils s'y opposent en disant que c'est un cauchemar ! Je n'y comprends plus rien !

En conclusion, nous refuserons le renvoi en commission de ce rapport, et nous proposons d'en prendre acte immédiatement.

Une voix. Bravo !

M. Patrick Lussi (UDC). Certains prédécesseurs ont parlé du devoir de mémoire... Alors je prendrai à témoin M. Gabriel Barrillier car, à l'époque, nous étions collégiens dans le même établissement. C'est en 1964, rue des Terreaux-du-Temple, qu'en tant que collégiens nous avions eu la présentation des trois premières maquettes qui devaient illustrer la traversée du lac.

L'Union démocratique du centre se félicite que quelques décennies plus tard - enfin ! - après des tergiversations sans fin, nous arrivions à avoir une ébauche de projet. Car, il faut quand même le rappeler, nous n'en sommes qu'à une ébauche de projet, puisque cette loi a ouvert un crédit d'étude. Alors ne passons pas à côté ! Ne renvoyons pas ce rapport en commission ! Votons-le immédiatement !

M. Mark Muller, président du Conseil d'Etat. C'est vrai, les propos liminaires de Mme Mahrer - 3 milliards pour un cauchemar ! - m'ont surpris...

On peut lire que la réalisation de cette traversée pourrait réduire le trafic au centre-ville de 30% si on prend les mesures d'accompagnement qui sont proposées, mesures que vous appelez de vos voeux: limitation du trafic automobile, priorisation des transports publics, et peut-être même l'attribution d'une voie réservée aux bus sur le pont du Mont-Blanc. Alors je ne comprends pas ! Je ne comprends pas votre position, et je la comprends d'autant moins bien que le nouveau secrétaire général de l'ATE - avec qui j'ai eu l'occasion de faire un débat devant une assemblée d'environ quatorze personnes... (Rires.) ...mais qui a été repris dans la «Tribune de Genève» et qui a donc eu une audience énorme - a indiqué qu'il était ouvert à la discussion car cela ouvrait des pistes et permettait d'envisager une amélioration de la qualité de vie au centre-ville.

Une voix. Un traître ! (Brouhaha. Le président agite la cloche.)

M. Mark Muller. Je trouve par conséquent dommage que chacun campe sur ses positions et n'essaie pas de voir ce qu'il pourrait y avoir de positif dans ce projet, notamment les mesures d'accompagnement proposées, qui sont vraiment non négligeables. Et ce sont des experts en mobilité qui nous le disent, qui ne sont ni pro-voitures ni pro-transports publics. Ils ont effectué un travail scientifique, qui montre que le trafic au centre-ville pourrait être réduit de 30%, pour le bien de la population de notre canton.

Je souhaiterais donc que ce rapport et ses annexes, qui sont disponibles sur le site de l'Etat de Genève, vous permettent de faire ce débat, d'avoir ces discussions. Alors vous pouvez nous renvoyer directement ce rapport: cela ne vous empêchera pas d'en discuter. Vous pouvez aussi le renvoyer à la commission des travaux pour que l'on puisse examiner ces questions.

Quoi qu'il en soit, je vous invite vraiment - je vous supplie presque - à faire preuve d'ouverture d'esprit et à accepter le débat sur cet objet. (Applaudissements.)

Le président. Merci, Monsieur le conseiller d'Etat. Mesdames et Messieurs les députés, nous sommes saisis d'une demande de renvoi de cet objet à la commission des transports.

Des voix. Non !

Le président. Celles et ceux d'entre vous qui y sont favorables votent oui, les autres non ou s'abstiennent.

Mis aux voix, le renvoi du rapport du Conseil d'Etat RD 870 à la commission des transports est rejeté par 75 non contre 12 oui.

Le président. Ce rapport ne sera pas renvoyé à la commission des transports. Il est donc pris acte de ce rapport. (Le président est interpellé.)

Une voix. Non, les travaux !

Le président. De manière générale, si la petite classe du fond voulait bien écouter ! (Rires.) Mme la députée Anne Mahrer a proposé très précisément de renvoyer cet objet ou à la commission des transports ou à la commission des travaux. (Le président est interpellé.) Manquaient encore la commission des affaires sociales, la commission des finances, etc. On est d'accord ! Mais dans la mesure où d'autres intervenants ont proposé de le renvoyer à la commission des transports, je suis parti de l'idée que l'alternative très élégamment proposée par Mme Mahrer était suivie s'agissant de la commission des transports, ce sur quoi vous avez voté. Il est donc pris acte de ce rapport.

Des voix. Non !

Le président. Non, je suis désolé: une proposition disant qu'un objet peut être renvoyé là ou ailleurs n'est pas recevable en tant que telle.

Le Grand Conseil prend acte du rapport du Conseil d'Etat RD 870. (Applaudissements.)