Epidémiologie et maladies transmissibles

Maladies transmissibles

Vaccination

Espace médias

Epidémiologie et maladies transmissibles

Journée mondiale de lutte contre le sida

Illustration

Données épidémiologiques VIH/sida 2010:
Fléchissement significatif des infections détectées à Genève et en Suisse

En Suisse, les données épidémiologiques concernant le VIH confirment cette année la baisse d'infections observée en 2009. A Genève, cette diminution s'observe également mais s'accompagne d'une importante augmentation de la gonorrhée, une autre infection sexuellement transmissible (IST).

A fin novembre, le canton de Genève enregistrait 57 déclarations d'infections diagnostiquées par les laboratoires, contre 83 à fin 2009 et 87 à fin 2008. La diminution des d'infections VIH en proportion du nombre d'habitants que connaît Genève place à présent notre canton à la 2e position, après Zurich.

Selon Pierre-François Unger, conseiller d'Etat chargé du département des affaires régionales, de l’économie et de la santé (DARES), ces résultats demandent à être confirmés mais ils sont réjouissants à plus d’un titre. "D’une part, ils traduisent une tendance à la baisse que nous avons signalée l’an passé. D’autre part, ils confortent une politique de lutte contre le sida cohérente et ambitieuse, que nous avons maintenue dans la durée. Celle-ci s'appuie sur des données objectives et des mesures qui ont fait la preuve de leur efficacité, à savoir: la réduction des risques auprès des usagers de drogue par injection; la promotion du test de dépistage accompagné d’un conseil et adapté à divers publics; le travail de prévention ciblé, notamment par des actions de proximité menées par des associations auprès des groupes les plus vulnérables; et bien entendu par l’accessibilité des traitements antirétroviraux de pointe, dont l’effet préventif a été annoncé fin 2007 par le Professeur Bernard Hirschel des Hôpitaux universitaires genevois (HUG)."

Les données épidémiologiques fournies par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) au 30 septembre 2010 (voir rapport annexé) indiquent par ailleurs que les infections détectées chez les hommes qui ont des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) sont en diminution à Genève. En proportion du total des infections détectées pour les 9 premiers mois de 2010, la part des infections d’origine homosexuelle représenterait seulement 15% des cas à Genève contre 33% et 71% dans les cantons de Vaud et Zurich respectivement.

La direction générale de la santé du canton de Genève (DGS) modère ces bonnes nouvelles dont l'interprétation doit rester prudente. Selon le Dr. Philippe Sudre, médecin cantonal délégué aux maladies transmissibles, beaucoup de déclarations VIH ne parviennent qu'en fin d'année à la DGS. Si la prévention du VIH semble porter ses fruits, il n'en va pas de même pour les autres infections sexuellement transmissibles (IST). Le nombre de cas de gonorrhée a en effet presque doublé cette année, passant de 65 en 2009 à 112 fin novembre 2010.

Pour tout complément d'information

  • M. Philippe Sudre , médecin cantonal délégué aux maladies transmissibles, direction générale de la santé, DARES, 022 546 50 52.
  • Mme Deborah Glejser, porte-parole, Groupe sida Genève, 078 605 13 39.
  • Programme des manifestations de la Journée mondiale de lutte contre le sida du 1er décembre 2010 : www.1erdecembre.ch

Messages des associations de lutte contre le sida

Au centre de dépistage VIH et IST pour les HSH Dialogai-Checkpoint une baisse de 50% des nouvelles infections au VIH chez les HSH par rapport à 2009 a été constatée. L’association Dialogai se réjouit de ces bons chiffres mais craint qu’ils ne reflètent pas la situation réelle. Les prises de risque restent encore très fréquentes comme en témoigne l'augmentation des IST. 

Le ralentissement de la propagation du VIH dans notre canton réjouit le Groupe sida Genève, qui remplit l’essentiel de sa mission de prévention sur le terrain auprès des populations migrantes et des HSH. Cependant, l’association cantonale rappelle que ces résultats encourageants ne doivent pas occulter l’autre réalité genevoise: 1 personne sur 100 vit avec le VIH dans notre canton.

Comme le souligne David Perrot, directeur du Groupe sida Genève, "Un nombre toujours croissant de personnes séropositives rencontre des difficultés à financer la prise en charge de leurs traitements antirétroviraux (environ 2'000 francs par mois) et de leurs examens médicaux par leur caisse maladie, les primes mensuelles prenant l’ascenseur et certaines caisses exigent à présent que les malades paient eux-mêmes leurs médicaments avant de les rembourser. De plus l’assurance maladie complémentaire leur est toujours refusée."

Pour l'association PVA Genève (Personnes Vivant Avec le VIH/sida et leurs proches), la fréquentation, toujours importante, des membres et nouveaux membres (10 en 2010) est révélatrice du besoin, malgré l'évolution des traitements, d'un lieu d'échange, de confidentialité et de sociabilisation où chacun peut se sentir à l'aise de s'exprimer sans jugement.

"Riche de l’expérience de ses membres, notre association entend lutter avec ses moyens afin que personne ne baisse sa garde, parmi la jeunesse et les groupes à risque en particulier. À ce premier objectif s’ajoute celui de désarmer les réactions négatives et discriminatoires que notre état inspire encore à certains", expliquent les responsables de PVA Genève.

A cette fin, en 2010, une des activités particulièrement importante au sein de l'association est la création et la publication du livre "Histoire de VIH (vies)", recueil de 24 témoignages et peintures de personnes séropositives, avec l'organisation d'une soirée spéciale au Théâtre de Poche le 30 novembre, en présence de Madame Ruth Dreifuss, ancienne présidente de la Confédération.

Liens utiles :

DARES
 Dialogai et Dialogai-Checkpoint
 Groupe sida Genève
 Première ligne
 PVA Genève
 Unité VIH/sida des HUG