Bilan de législature

Bilan en un clin d'oeil

Principales réalisations

Evénements

Quelques discours

Photos

2001-2005

Bilan de législature

Rentrée des entreprises

Monsieur le Président,
Monsieur le Directeur Général,
Mesdames, Messieurs, Chers Amis,

On a tout entendu sur la crise et ses origines. A l'occasion de cette rentrée des entreprises, permettez à un ancien médecin de revenir quelques minutes sur les causes du "Mal" afin de mieux déterminer les remèdes à proposer... déformation professionnelle oblige!

A l'origine, il y aurait eu une crise d'abord financière (c'est faux!) qui aurait rejailli sur l'économie réelle (c'est hélas vrai), par la faute de quelques apprentis sorciers, obsédés par les profits à court terme et prêts à disséminer des crédits pourris sur l'ensemble de la planète. Le traitement serait simple: moralisons la finance, et tout ira mieux!

Ca n'est malheureusement qu'un petit bout de l'histoire...

Cette crise a, en réalité, des causes bien plus complexes!  Elle trouve probablement son origine, non pas dans "la seule économie de la finance casino", mais au cœur même de la crise de l'économie réelle des années 90. Lors de cette crise, pendant 10 ans au moins, la croissance américaine a été construite, -je ne doute pas que cela ait été fait de bonne foi-, sur  la consommation des ménages par l'endettement. Alors qu'au début des années 90, cet endettement équivalait à environ 70% du revenu, ce taux s'envolait pour atteindre, en 2007, le chiffre hallucinant de 140% ! Devant le tassement des classes moyennes, on s'était en effet résigné à alimenter la croissance en endettant les classes défavorisées, les fameux "subprimes"... En anglais, "subprimes" signifie, faut-il le rappeler, "second choix"! Dix ans plus tard, le résultat est sans appel: l'endettement est arrivé à saturation, les banques s'étant débarrassées de ces crédits à risque en les titrisant, la crise financière était inéluctable. La suite, vous la connaissez: la confiance dans le système financier est détruite, l'argent ne circule plus, l'économie réelle se trouve paralysée, particulièrement dans les pays où règne une spéculation immobilière et/ou une non modernisation de l'industrie (USA, Espagne, parmi d'autres). Les autres pays sont durement touchés, même s'ils résistent mieux comme c'est le cas de la Suisse.  Mais hélas, la boucle est bouclée!
Si je vous dis cela, Mesdames et Messieurs, c'est parce que je suis persuadé que la seule moralisation ou la seule régulation de la finance ne suffira pas à relancer la machine durablement. Cette régulation est nécessaire, mais pas suffisante. Pour relancer véritablement la croissance, il faut trouver de nouveaux secteurs capables de générer des richesses, ceci afin de ne plus construire la croissance sur l'endettement économique comme nous l'avons fait depuis 10 ans.

Le remède: c'est l'innovation... et si possible une innovation très particulière… Laissez-moi faire ici un parallèle avec l'histoire en trois temps de la crise actuelle dont je viens de vous parler: crise classique, relance par l'endettement avec crise financière qui déclenche à son tour une nouvelle crise économique. Cela fait des dizaines d'années que nous alimentons notre croissance en acceptant un endettement énergétique et environnemental. Cette situation, on le sait, ne pourra pas durer indéfiniment. Tout comme l'endettement des ménages, l'endettement énergétique de notre planète va, lui aussi, tôt ou tard, paralyser la machine!

Nous avons besoin de vous, les entrepreneurs, pour mettre un accent particulier sur l'innovation, sur la créativité, sur les technologies propres, sur une utilisation plus intelligente des ressources énergétiques pour réussir l'économie du rebond! Il s'agit là d'une priorité pour l'économie que vous faites vivre.

Modestement, c'est aussi la préoccupation du Conseil d'Etat et de son dispositif pour l'économie et l'emploi. Dans notre univers mondialisé, les leviers des politiques cantonales sont limités, mais pas insignifiants. Ces derniers mois, le Conseil d'Etat s'est ainsi employé à développer les cleantech dans notre canton, en favorisant les échanges avec les acteurs de ce secteur et en offrant de nouvelles opportunités d'affaires (vous avez sûrement entendu parler du projet Masdar qui a réuni plus de 250 participants la semaine dernière à Genève). Au niveau intercantonal aussi, le processus pour le développement d'une plateforme sectorielle "cleantech" est enclenché au sein de la CDEP-SO que je préside depuis 2008.

Bien entendu, il est idéaliste de croire que nous allons peindre, ces prochaines années, une croissance entièrement en vert: une politique qui n'engloberait pas l'environnement serait incomplète; une politique qui se réduirait à l'environnement serait illusoire. Le dispositif pour l'économie et l'emploi contient toute une série d'autres mesures allant du soutien aux secteurs à haute valeur ajoutée, à l'assainissement énergétique du parc immobilier, au renforcement d'organismes permettant aux PME de bénéficier d'un accès facilité aux liquidités et au crédit; il prévoit aussi d'accélérer des grands chantiers afin de développer nos infrastructures essentielles (transports publics, CEVA et trams, et privés, comme la tranchée couverte de Vésenaz ou la route des Nations, le CMU, les bâtiments hospitaliers, etc.); il s'agit aussi de préserver la classe moyenne par une fiscalité plus "friendly" et de maintenir l'attractivité fiscale de Genève pour les plus fortunés. Notre dispositif prévoit enfin de raccourcir les délais de paiement de l'Etat, un sujet dont je sais qu'il est, à raison, particulièrement sensible dans les entreprises de notre canton.
Le Conseil d'Etat entend clairement privilégier la rapidité et l'efficacité des mesures proposées pour qu'elles puissent porter leurs fruits au plus vite. Pas de "mesures gadgets", mais accélérer, intensifier les projets existants pour des réalisations indispensables.

Voilà, Mesdames et Messieurs, dans les grandes lignes, la vision que je tenais à partager avec vous à l'occasion de cette rentrée des entreprises. Et pour conclure, vous dire que rien ne sera possible sans vous, qui, comme entrepreneurs mais évidemment aussi comme patrons responsables,  jouez un rôle primordial dans le soutien et le développement du tissu économique et social de notre canton.

Excellente soirée à tous!