Ouverture du 3e colloque du réseau mère-enfant de la Francophonie, Auditoire Marcel-Jenny, le jeudi 9 juin 2005, 8h30.
Mesdames, Messieurs,
« Donnons sa chance à chaque mère et à chaque enfant ! »
Il y a quelques semaines, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a adressé ce message sur la santé des mères et des enfants, à l’ensemble de la communauté internationale. C’était à l’occasion de la Journée mondiale de la santé.
Aujourd’hui, j’aimerais reprendre ce message en ouverture de ce 3e colloque du réseau mère-enfant de la francophonie, organisé à Genève. En effet, nous le savons tous, le bien-être des sociétés dépend directement de la survie et de la santé des mères et des enfants.
Quand leurs mères restent en vie et s’épanouissent, les enfants eux aussi vivent et s’épanouissent, et les sociétés prospèrent.
Assurer une bonne santé aux mères et à leurs enfants constitue évidemment un devoir moral humaniste et une obligation éthique pour renforcer la cellule familiale à la base de toute société humaine. Mais c’est aussi un investissement indispensable pour tout développement économique durable.
La Banque mondiale avait estimé par exemple que, pour chaque dollar investi dans la santé d’un enfant, le gain était de sept dollars grâce aux économies réalisées sur les prestations sociales et à la plus grande productivité des jeunes et des adultes.
A Genève, les conditions minimales pour que cette chance soit donnée à la mère et à l’enfant sont, en principe, réunies depuis longtemps.
Ainsi, nous ne connaissons plus certains problèmes que rencontrent d’autres régions de notre planète en matière d’alimentation, d’eau potable, d’assainissement, de conditions de sécurité et d’hygiène pour l’accouchement, etc.
Concernant ce dernier point, les prestations offertes à Genève en matière d’accouchement, aussi bien par le secteur public que par le secteur privé, sont d’une grande notoriété. C’est ainsi que notre pays connaît, avec 4.9 décès pour 1'000 naissances vivantes, une valeur de mortalité infantile très remarquable en comparaison internationale : il n’existe que peu de pays au monde qui font mieux…
Toutefois, nos efforts ne peuvent s’arrêter à ce constat d’autosatisfaction et nous essayons d’améliorer ce bilan globalement positif, notamment en combattant de façon encore plus déterminée les inégalités qui peuvent subsister dans ce domaine, lequel se prête si bien à des résultats très différenciés selon les classes sociales.
Ainsi, dans les actions ayant trait au curatif, je tiens à souligner en particulier les projets menés au sein des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) :
- le projet "ensemble – sécurité en salle d’accouchement", qui vise à accroître la sécurité des futures mamans et de leurs bébés
- le programme de soins psychiatriques et difficultés périnatales qui permet l'hospitalisation conjointe de la mère et de son bébé, de la naissance jusqu'à l'âge de la marche de l'enfant
- le suivi psychologique des femmes à risque d’accouchement prématuré qui fait l’objet d’une recherche clinique
- l’accessibilité aux soins des femmes enceintes et clandestines grâce à la mise sur pied d’un programme de soins dispensés en réseau par les départements de gynécologie/obstétrique et de médecine communautaire
- sans oublier le réseau mère-enfant que vous représentez ici et qui va échanger des expériences et des savoirs, durant deux jours, autour d’un thème clé , à savoir les soins de qualité
De manière complémentaire à ces projets menés dans le domaine curatif, nous avons aussi mis sur pied plusieurs actions ou activités dans le domaine de la prévention. Ainsi, je citerais de manière non exhaustive :
- l’encouragement des efforts en matière de vaccination, dans le respect de la responsabilisation des familles et des opinions divergentes de certains parents
- des conseils en matière de sexualité auprès des adolescentes prodigués par le Centre d’information familiale et de régularisation des naissances (CIFERN)
- une sensibilisation accrue concernant les risques liés à la consommation d’alcool ou de tabac pendant la grossesse, mais aussi ceux liés au tabagisme passif auquel le jeune enfant peut être soumis
- un projet pilote « enfants - parents - addiction », qui vise, à travers une prise en charge individualisée des familles, à apporter un soutien aux parents toxico-dépendants afin qu’ils puissent s’occuper décemment de leurs enfants.
- le projet intercantonal de prévention des accidents d’enfants de 0 à 5 ans, « Pipad’es », qui se focalise surtout sur les accidents survenant à domicile et qui a développé, en 2004, un module d’animation dans les crèches
- des efforts genevois ont débouché sur l’obligation de dispositifs de retenue d’enfants (DRE), communément appelés sièges-auto, dans la législation fédérale en matière de circulation routière
- une campagne de prévention du mélanome malin et de sensibilisation des parents et des enfants aux risques de l’exposition excessive au soleil, conduite chaque année depuis 10 ans.
A côté des mesures spécifiquement sanitaires, des mesures relevant davantage du domaine social ont été prises et auront probablement un impact favorable considérable sur la santé des mères et des nourrissons. La plus importante de ces mesures est bien sûr l’introduction de l’assurance maternité dans le canton de Genève, en avance de quelques années à son introduction au niveau fédéral.
Dans le même ordre de préoccupations, une action a été introduite dans l’Agenda 21 cantonal, dans son volet « lutte contre l’exclusion », pour favoriser l’intégration des mères cheffes de famille dans le marché du travail. Il s’agit d’offrir des solutions à ces mères en phase d’insertion professionnelle et qui doivent trouver rapidement un lieu pour la garde de leurs enfants.
Enfin, Genève participe à l’effort commun encourageant la responsabilité et l’action collective que l’OMS souhaite voir émerger, à travers l’aide à la coopération fournie aux pays en voie de développement. Plusieurs projets sont soutenus financièrement à travers ce canal, projets qui ont un impact direct ou indirect sur l’amélioration de la santé des mères et de leurs enfants dans les pays bénéficiaires.
La route est longue pour que chaque mère et chaque enfant ait réellement sa chance. Mais notre devoir à tous, quelle que soit notre origine, notre culture, nos fondements religieux, est d’en prendre conscience et de tout mettre en œuvre pour que les mesures nécessaires pour faire vivre cette conviction puissent être mises en place.
Je forme tous mes vœux pour que, durant ces deux journées, vos travaux soient fructueux et débouchent sur des améliorations apportées dans les soins aux mères et aux enfants, qu’ils soient d’ici ou d’ailleurs.
Tous mes vœux pour ce colloque, tous mes vœux également pour votre réseau. Que votre séjour à Genève vous soit agréable.
Merci de votre attention.


