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Culture

Alexandre Joly

Décembre 2017

California Sunshine, 2014
Relief multi-media
117 x 220 x 10 cm
n° inv. 3153
crédit photo : Alexandre Joly

Alexandre Joly (1977, Saint-Julien-en-Genevois, France)
Vit à Genève

Le travail d’Alexandre Joly se caractérise par l’utilisation du son comme agent plastique, dans le sens où il modifie la perception des matériaux avec lesquels il est associé ainsi que celle de l’espace dans lequel les installations prennent place. Dès l’adolescence, l’artiste a manifesté un intérêt parallèle pour la mise en forme tactile de la matière, débutant par une formation de céramiste, et des bricolages sonores, faits de montages sur cassettes audio et de démontages de radios. Les bases de sa pratique sont déjà posées dans les occupations intuitives, ludiques et expérimentales de ses jeunes années. Par la suite, Alexandre Joly aura abondamment recours à des matières organiques, plantes, bois, paille, plumes, peaux ou carrément animaux naturalisés, les hybridant avec des éléments technologiques, câbles, moteurs, tourne-disques, vibreurs, haut-parleurs, qui leur apporteront animation, ainsi qu’avec des objets manufacturés, dont des instruments de musique. Ces associations hétéroclites créent un univers onirique exubérant, qui titille la raison et débride l’imaginaire. Au sein de cette grande diversité, les piézos reviennent avec constance. Ce sont de petits haut-parleurs low tech en forme de pastille, d’abord découverts par l'artiste dans des cartes musicales, puis utilisés en particulier pour réaliser de grandes compositions à même les murs des lieux d’exposition. Les piézos sont alors reliés entre eux par des câbles qui propagent le son en les faisant vibrer. Ces dessins sonores, d’une extrême fragilité, produisent tantôt des silhouettes identifiables, tantôt de grands patterns abstraits. Sollicitant conjointement l’œil et l’oreille, leur action est synesthésique.
California Sunshine, de 2014, s’inscrit de manière particulière dans cet ensemble. Il s’agit en effet cette fois d’une composition non seulement visuelle et sonore, mais aussi cinétique, qui se présente comme une peinture musicale en mouvement. Des centaines de piézos disposés en trame orthogonale serrée y sont reliés entre eux par des cordes à piano et des fils de cuivre. Derrière chacun d'eux se trouve une LED, animée par un logiciel spécialement développé pour la pièce, qui lit des vidéos. Les images en mouvement proviennent de séquences de paysages filmées à l'aide d'un kaléidoscope. Le nombre de pixels étant réduit, ces séquences vidéo produisent des mouvements abstraits de nébuleuses colorées, aux dominantes chromatiques changeantes. Les musiques quant à elles résultent d'improvisations électroacoustiques. L'immersion sonore et le magnétisme visuel produisent un effet totalement hypnotique. On en sentirait presque la chaleur et le vent des grands espaces californiens, vers lesquels le titre nous transporte. L'artiste du reste tient lui-même ces propos: "La notion de paysage est importante dans mon travail, le paysage apparaît comme une aura des pièces, dans ce sens que l'objet que je représente, quel qu'il soit, appartient à un paysage visible ou invisible." (DD)