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Culture

Louise Lawler

Septembre 2017

Salon Hodler (traced), 1992/1993/2013
impression laser sur vinyle autocollant
édition 1 / tirage illimité
crédit photo : Serge Frühauf
(avec au 1er plan des œuvres de Daniel Dewar & Grégory Gicquel et Pauline Beaudemont)

Louise Lawler (1947, Bronxville, New York, Etats-Unis)
Vit à Brooklyn, Etats-Unis

Louise Lawler appartient à une génération qui à la fin des années 70 développe une pratique artistique sous la forme d'une critique de la représentation, identifiée par la suite sous le nom de Pictures Generation, tout en restant un regroupement informel d'artistes unis par des problématiques qu'ils partagent. Héritiers de l'art conceptuel, contexte dans lequel ils se sont formés intellectuellement, leur époque est aussi celle d'une postmodernité désormais effective, stipulant à la suite de Roland Barthes l'impossibilité d'une création originale au profit d'une réinterprétation sans cesse renouvelée. Un postulat auquel font écho la photographie et le film, médiums privilégiés de la Pictures Generation, qui par leur nature technique intrinsèque basée sur la reproduction posent la question de l'original et de la copie, de la frontière entre le monde réel et celui des images. Et justement la Pictures Generation émerge dans un contexte sociétal qui est celui de la prolifération de la publicité, des magazines, de la télévision, et de la culture pop en général, en intrication étroite avec la société de consommation. Sous l'effet de ces différentes influences, Pictures Generation va adopter une stratégie d'appropriation, allant au-delà d'une démarche formelle pour en faire le contenu même de son travail. Ceci tout en adoptant, à partir d'une démarche conceptuelle puisant dans le réservoir des images qui modèlent la société moderne, un point de vue critique engagé vis-à-vis des aspects économiques, sociaux et politiques de la société américaine.

Au sein des pratiques très diversifiées de la Pictures Generation, Louise Lawler, une des représentantes majeure de la tendance,  choisit pour sa part, sur la base d'une pratique essentiellement photographique, de se tourner vers une analyse des processus de légitimation institutionnel, économique et social qui sous-tendent le milieu de l'art, conduisant ainsi son travail sur le terrain de la critique institutionnelle. Ainsi tout au long de sa carrière, Lawler va photographier les œuvres des autres artistes en situation d'exposition dans le musée ou dans la galerie, chez le collectionneur privé, en maison de vente, sur les stands de foire ou encore dans les coulisses de l'exposition, encore emballées. Par des cadrages précis, ses photographies déplacent l'attention de l'œuvre vers son contexte, placée ainsi dans un jeu de rapports avec son environnement, mais aussi d'autres œuvres.
Plus récemment, en collaboration avec l'illustrateur John Bulle, Lawler a entrepris de reproduire certaines de ses photographies iconiques au dessin, détourant les motifs de ses images au trait noir. Chaque dessin est ensuite numérisé pour pouvoir être imprimé sur un fond blanc de vinyle autocollant, destiné à être tiré aux dimensions désirées par l'acquéreur, et retiré autant de fois que nécessaire, chaque dessin faisant l'objet d'une édition illimitée. L'œuvre acquise par le FCAC en 2016, «Salon Hodler (traced)» fait partie de cette nouvelle série, reproduisant une photographie iconique de Lawler, documentant un salon de collectionneurs genevois orné de deux tableaux de la fin du XIXe au format paysage, non moins iconiques, du peintre suisse symboliste Ferdinand Hodler, sur le thème de l'amour. (MD)