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Culture

Nathalie Wetzel

Août 2017

Villégiature, 2015
260 monotypes, encre offset sur papier barrière, aimants cylindriques
3,80 x 14 m (38 x 53 cm chacun)
260 titres par Hervé Laurent, en caractère « Times » 16 points, reportés sur le mur en papier carbone
dimensions variables
n° inv. 3182/A-B/1-260
crédit photo : Thomas Maisonnasse

Nathalie Wetzel (1965, Genève)
Vit à Genève

Combinaisons de textures, de formes géométriques et de paysages, renversement des plans horizontaux et verticaux, jeux d’échelles, inversions, transferts, tramages, sont quelques opérations qui engendrent le corpus d’œuvres – actuellement photographique – de Nathalie Wetzel. L’artiste vient à ce médium – en noir et blanc principalement – par le développement de ses recherches sur le plein et le vide, le positif et le négatif, et l’empreinte, phénomènes qu’elle explore plus tôt dans la pratique du moulage en sculpture. Elle travaille de préférence sur les supports plus que sur la fixation d’un visuel, auquel elle rend sa temporalité ; elle expérimente le photogramme, le blanc comme lumière pure en perforant des « espaces vides » de l’image – un pointillé de trous qui crée un effet de profondeur. La représentation du paysage subit toujours une intervention, à l’instar de la série des Panoramas (1999-2000) dont l’assemblage – toutes les photographies ont la même hauteur d’horizon – restitue un paysage échantillonné, fictionné. Il est parfois littéralement redessiné. D’autres séries, les Emplacements (2001), ou Entreprises (2011), sont faites de juxtapositions de motifs naturels et urbains, bandes d’ombres et de lumières ; collages caléidoscopiques – toutes les cellules sont néanmoins distinctes – qui rétablissent une durée, celle des modifications perçues par l’observation.

Villégiature, intégrée bord à bord à la paroi de Halle Nord, lieu d’exposition pour lequel l’œuvre a été produite, donne l’illusion d’un spacieux tirage photographique. Le travail de reconstitution se perçoit ensuite ; il s’agit en fait d’une composition de 260 fragments dont chacun est un monotype, autonome. La technique du monotype permet la liberté de la peinture et les effets d’impression d’une estampe : le transfert sur papier reproduit certaines traces du processus, les imperfections, et les différences de noirs apparaissent aux endroits des raccords. Un travail titanesque que l’artiste a effectué à partir de l’image d’un chantier arrêté, un futur complexe balnéaire. Filets de protection, modules de béton et traces de passage du temps tels des signes graphiques floutés. La technique utilisée redonne un certain volume à l’image, y ajoute des valeurs chromatiques. L’artiste transmet ainsi une impression, qui évoque les conquêtes progressives des paysages de bords de mer par l’humain. Cette ruine contemporaine, une « utopie balnéaire », pourrait s’appréhender telle un « théâtre d’ombres », un « capitalisme de façade » ou un « paysage au mouillage », quatre des titres potentiels pour l’œuvre imaginés par Hervé Laurent, eux-mêmes écrits à la main sur un mur parallèle à celui qui accueille les monotypes. (MEK)

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