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Culture

Quentin Lannes

Juin 2017

Biolympics, 2016
Installation, trois diptypes de bâches rétro-illuminables imprimées jet d’encre
123,5 x 185 cm chacune
n° inv. 3209/1-3
crédit photo : Quentin Lannes

Quentin Lannes (1989, Evreux, France)

Une constante dans la jeune carrière de Quentin Lannes est son intérêt pour l’accès à la connaissance et à l’information, la recherche, l’indexation et la circulation des données. Ses premières pièces prenaient la forme de conférences-performances. Il y mettait l’accent sur le travail d’investigation et ses impasses, s’intéressant à un phénomène de base et à ses réactivations, comme par exemple dans Extension à Seven Nation Army (2012), où il est parti d’une mélodie issue d’un morceau de rock devenu un hymne populaire, s’interrogeant sur le fait, dit-il que « Ce phénomène de réappropriation avait produit un sentiment d’identité commune sans patrimoine partagé ». Il utilise désormais surtout les formes de l’installation et de la vidéo, dans une démarche qu’il qualifie d’expérimentale. Pour ses sujets, il ne se concentre pas sur une thématique précise, mais il se laisse guider par sa curiosité et par le hasard de ses découvertes. Ses productions présentent un aspect narratif, produit par une réappropriation du matériel collecté pour dit-il « organiser des récits parallèles ». Dans ses vidéos, il s’intéresse à des situations où les activités humaines mutent en lien avec le développement et l'usage des dispositifs technologiques. La plus ancienne d’entre elles s’intitule #IamRebekah (2015). Il y a conçu une fiction inspirée par un candidat transhumaniste à la présidence des Etats-Unis en 2016 et une mannequin en situation de handicap, ambassadrice d’une compagnie de prothèse bionique, imaginant de potentiels hacks d’appareils technologiques connectés. Au cours de ses recherches pour cette vidéo, il a découvert le sujet de ses pièces suivantes. Il collectionne des documents sur l’actualité des nouvelles technologies, expliquant que pour lui, ce n’est pas un thème en soi, mais un phénomène qui touche toutes les strates de la société, donc un sujet fertile, ancré dans le réel et le présent et tourné vers des questionnements prospectifs.

C’est dans le cadre d’une invitation faite par l’espace d’art Hard Hat à Genève, que Quentin Lannes a imaginé Biolympics. La configuration du lieu, ouvert sur la rue, lui a inspiré la forme de cette installation, composée à la manière d’un diaporama, faisant se succéder les trois diptyques, pour produire une narration. Il a utilisé un système d’impression en grand format, rétro-éclairable, issu de la publicité, produisant ainsi des images très esthétiques qui rejouent des codes commerciaux. Pour les futures présentations de la pièce, liberté sera laissée de présenter un diptyque après l’autre ou les trois en même temps, pour autant que l’ordre de lecture soit respecté. Le sujet provient des recherches sur le contrôle par la pensée, illustrées ici par l’animation d’un drône. L’artiste situe le rapport cerveau-machine dans le domaine sportif, en utilisant les systèmes codifiés des épreuves d’obstacles, figurés par des tubes fluorescents rouges et verts organisés selon un véritable travail de composition. Ici, la fiction a précédé la réalité, la première compétition d’athlètes assistés par des prothèses bioniques et des interfaces s’étant tenue quelques mois plus tard. (DD)