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Dominique Catton honoré par le Conseil d'Etat genevois

Dominique Catton, qui a dirigé le théâtre Am Stram Gram pendant 38 ans, sera reçu à déjeuner par le Conseil d'Etat le 13 juin.

Dominique Catton, fondateur et directeur d'Am Stram Gram pendant 38 ans a pris sa retraite officielle au printemps 2012. Pour honorer celui qui a fait de ce théâtre pour jeune public une référence au niveau européen, le Conseil d'Etat a organisé un déjeuner le 13 juin 2012.

Voici ce qu'il a répondu aux questions posées par le Service cantonal de la culture.

Quel est votre regard sur l'évolution du théâtre qui s'adresse aux enfants/jeunes, à Genève et en Europe, durant ces dix dernières années?
Au cours des dix dernières années, on a assisté à un développement considérable de la création dite jeune public. Il y a une grande diversité dans les propositions. Beaucoup de projets sont réalisés avec des moyens dérisoires. Trop souvent encore, le niveau artistique est insuffisant. Cependant je me réjouis de constater que de nombreux auteurs, metteurs en scène et autres artistes reconnus et de grand talent, s'adressent plus particulièrement aux enfants et aux adolescents. Le jeune public est à la fois le présent et l'avenir des arts vivants. Il y a encore d'énormes progrès à accomplir chez tous les partenaires politiques et artistiques pour que de grands et beaux spectacles voient le jour régulièrement.

Quel souvenir marquant garderez-vous d'Am Stram Gram?
En l'espace de 38 ans j'ai accumulé tant de plaisirs, de colères et d'inquiétudes qu'il m'est difficile de me prononcer.......Après tout, je choisis le 30 avril 1992, jour de l'inauguration du théâtre André Chavanne. En 1974, date de la naissance d'Am Stram Gram il n'y avait absolument rien. Maintenant, il y a ce théâtre  magnifique, destiné aux créateurs et au jeune public accompagné de leurs aînés. Je peux aussi citer le jour de la première des Bijoux de la Castafiore en 2001, que nous attendions avec une inquiétude immense. Nous étions loin de nous imaginer le succès que remporterait cette nouvelle création. Nous avions pris des risques artistiques et financiers immenses.

Comment avez-vous "construit" le partenariat avec les écoles ? Quels points positifs?
En 1974, notre objectif était de présenter les spectacles sur le temps scolaire pour les écoles primaires. Nous n'avons pas été accueillis à bras ouverts. Nous étions tributaires des rapports d'une commission de visionnement composée d'enseignants, inspecteurs, parents, sans aucun professionnel du théâtre. Notre création de La Reine des neiges d'Andersen a été refusée. Nous avons réussi à joindre directement le Président du DIP, André Chavanne qui est venu voir personnellement notre spectacle et qui l'a apprécié. A partir de ce moment, nous n'avions plus besoin de passer par la commission. Les représentations "scolaires" étaient officialisées. Ensuite, nous avons pu développer nos relations avec les écoles et notamment créer les journées au théâtre, et d'autres animations en classe, en plus des spectacles. Maintenant, il semble que tout soit ouvert pour des propositions originales. Malgré les fragilités et incertitudes du moment, je reste optimiste. Notre théâtre est essentiel dans le puzzle des arts vivants. Tout en étant un théâtre d'Art, nous formons un public; c'est une action qui concerne aussi bien le présent que l'avenir.

6.6.2012