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9. Les fortifications et l'artillerie

Si toute muraille participe à la défense de la ville qu’elle entoure, elle possède aussi un important rôle symbolique, le tracé de l’enceinte marquant le statut juridique de la cité. L’illustration de la Jérusalem céleste en est la meilleure preuve, puisqu’elle est fréquemment représentée avec des fortifications, malgré l’inutilité patente d’une telle protection.

Genève n’échappe pas à la règle puisque la question de sa défense sous-tend, à travers les siècles, toute l’histoire de la cité, non seulement celle de ses finances, mais celle de son développement en général, des relations entre le gouvernement et les citoyens et, finalement, du rapport de la ville avec son territoire. Lorsque les Conseils décident, après le départ du prince-évêque en 1535, de renforcer l’enceinte du XIVe siècle héritée de l’évêque Guillaume de Marcossay, ils revendiquent implicitement l’indépendance de Genève face aux puissances voisines que sont la Savoie et Berne.

Les travaux sur les fortifications nous sont connus par certains registres conservés par les Archives d’Etat. L’exemplaire exposé est le livre de comptes de Pernet de Fosses, ancien syndic et maître d’œuvres dès 1537 (n° 1).
 

AEG, Militaire M 1

1. Comptes des travaux sur les fortifications 1537-1538: quittances du maître d’œuvres P. de Fosses pour diverses fournitures concernant l’artillerie (AEG, Militaire M 1, fol. 96r°)

Trancription

1538
Livré à Pierre Gatens, serruriez, sus les chevillies qui faiet pour l’artellierie, qui sera sus bon comte et s’e[s]t le 4 jour de janviez 1538 5 ff.
Livré mes, aut desus-di Gatens pour se qui forgie aut belluar sus bon comte de luy et ses serviteur et s’e[s]t le 13 de janvier 1538, non pas sus ses jorné mes sus les chevillies desus excrites 5 ff.
Livré le 4 de janviez à mestre Glaude de Cré, serruriez, sus les chevilles qui faiet pour l’artellierie et qui sera sus bon comte 5 ff.
J’ay livré aut desus-di serreuriez de la fasson de une bende pour l’artellierie le 15 de janviez 4 s.
Livré mes, aut-desus-di Glaude de Cré, sus l’ovre des grand clo des affus qui e[s]t 24 piese et s’e[s]t le 30 de janvyez 7 ff.

Toutefois, cette mesure est aussi induite par le rapide développement de l’artillerie. Celui-ci impose la modification en profondeur des structures médiévales des remparts pour résister aux tirs de boulets de fer et non plus de pierres catapultées. La poudre engendre en effet une vitesse supérieure, alors que les tirs deviennent plus précis. L’invention du canon est néanmoins un avantage pour la défense des villes puisque, contrairement aux bombardes et aux trébuchets médiévaux, il permet de pratiquer un tir de flanquement parallèle aux murailles et d’empêcher ainsi l’ennemi de s’approcher.

Parmi ses illustrations aquarellées, Elzingre n’a pas manqué de peindre les travaux. Selon les bâtiments représentés, il pourrait s’agir de l’élévation soit du bastion de l’Oie (achevé en 1542), soit de celui de Saint-Léger (1544). La nouvelle enceinte ne sera opérationnelle qu’au début des années 1560. Et encore, Rive reste faiblement défendu et le bastion lacustre qu’est l’île aux barques (ou île Rousseau de nos jours) n’est achevé qu’en 1585 (n° 2).


AEG, Archives privées 279.20

2. Travaux sur les fortifications au XVIe siècle, par Elzingre (AEG, Archives privées 279.20)

Quant aux illustrations contemporaines de ceux-là, il en existe peu. La «Vue générale depuis Saint-Jean» (n° 3) est l’une des rares représentations connues de la porte de la Corraterie, porte n’ayant subsisté qu’une vingtaine d’années.

En 1568, Barthélemy Passon offre à la Seigneurie un plan des murailles (n° 4), relevé fait de mémoire d’après celui que ce Piémontais d’origine avait réalisé en 1560 à l’intention du duc de Savoie.

Si le flanc sud de l’enceinte est bien documenté iconographiquement suite à l’Escalade de 1602, il n’en est pas de même du flanc est. Ce dernier a fait l’objet de nombreuses fouilles du Service cantonal d’archéologie. Quelques clichés de la campagne de 1995 (parking de Saint-Antoine) sont exposés (n° 5).

Le thème de l’artillerie est illustré par la reproduction d’un dessin de Diebold Schilling tiré de la Luzerner Bilderchronik (1513) (n° 6).
 

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3. Genève, vue générale depuis Saint-Jean, vers 1550 (C.I.G., VG 3900). [Non reproduit]

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4. Plan des murailles de Genève en 1560, levé de mémoire par Barthélemy Passon en 1568 (AEG, P.H. 1860bis). [Non reproduit]

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5a. Vue générale des fouilles de la promenade de Saint-Antoine. Fouilles réalisées lors de la construction du parking de Saint-Antoine (photographie Service cantonal d’archéologie, 1995). [Non reproduit]

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5b. Chambre de tir du bastion de Saint-Antoine (photographie Service cantonal d’archéologie, 1995).[Non reproduit]

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5c. Bastion de Saint-Antoine (photographie Service cantonal d’archéologie, G. Zoller, 1995). [Non reproduit]

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6. Exemples d’artillerie du XVIe siècle. (Diebold SCHILLING
Luzerner Bilderchronik , fac-similé. [Non reproduit]

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