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7. Troubles politiques à Genève au XVIIIe siècle

Le XVIIIe siècle est marqué par de nombreux troubles politiques dont l'origine provient de l'inégalité des droits entre Genevois. Les bourgeois, qui ont obtenu ce statut en payant une taxe, et leurs descendants, les citoyens, tiennent le haut du pavé: ils bénéficient de tous les droits politiques et de nombreux privilèges économiques. Face à eux, les habitants et leurs descendants, les natifs, forment une population sans droits politiques et entravée dans ses activités économiques. Au fil du temps, l'accès à la bourgeoisie s'est fermé. La taxe augmente de telle manière qu'elle enlève à la masse des habitants et des natifs l'espoir de pouvoir un jour changer de condition. En 1781, habitants et natifs représentent 46% des Genevois, contre 27% pour les bourgeois et les citoyens. C'est pourtant à l'intérieur de ce groupe privilégié que la lutte va éclater. Il s'est en effet créé en son sein une «aristocratie» qui, profitant du système d'élection par cooptation dans les conseils, a petit à petit accaparé le pouvoir politique. En 1780, cette aristocratie gouvernementale est composée de quelque quatre cents chefs de famille qui se partagent 80% de la fortune genevoise.

En février 1781, une nouvelle révolte éclate. Bourgeois et natifs s'emparent du pouvoir et promulguent une loi octroyant l'égalité civile à tous les Genevois. Le roi Louis XVI, que l'aristocratie genevoise a appelé à son secours, s'inquiète de cette révolution qui pourrait donner de mauvaises idées à son propre peuple. À son instigation, une coalition de trois armées composée de troupes françaises, sardes et bernoises assiège Genève, qui capitule le 2 juillet 1782. Pour l'allié bernois, l'ennemi vient cette fois-ci de l'intérieur. L'aristocratie genevoise est ramenée au pouvoir et les meneurs de l'insurrection bannis de la cité. Un édit de pacification est imposé par les occupants. Les natifs conserveront l'égalité civile, mais les facilités pour accéder à la bourgeoisie sont supprimées. Les cercles politiques sont interdits, la presse muselée et la garnison de soldats étrangers, notamment français, est doublée.
 

AEG, Travaux B 2.171
Projet pour la construction du théâtre des Bastions en 1782 (AEG, Travaux B 2.171)

Lors de précédents troubles en 1766, des troupes françaises avaient déjà eu l'occasion de stationner à Genève. Les officiers, confinés dans l'austère cité de Calvin où le théâtre était interdit, insistèrent auprès des autorités genevoises pour que l'on en construise un. Bâti en bois, celui-ci brûla deux ans plus tard. Il faudra attendre l'intervention étrangère de 1782 pour qu'un nouveau théâtre, toujours à la demande des Français, voie le jour. Construit cette fois-ci en pierre, sur la Place Neuve, à gauche de l'entrée du jardin des Bastions, il ne sera détruit qu'en 1880.

 

AEG, Archives privées 247/I/14
Vue montrant l'entrée des troupes suisses et françaises dans Genève le 2 juillet 1782 par la porte de Cornavin (AEG, Archives privées 247/I/14)


Dès 1543, l'assemblée des citoyens et bourgeois de Genève, que l'on appelle le Conseil général, voit ses pouvoirs diminuer. Certes le Conseil général continue à se prononcer en dernière instance sur les décisions importantes, mais seulement sur proposition de deux conseils restreints: le Petit Conseil et le Conseil des Deux-Cents qui, petit à petit, finiront par former une oligarchie gouvernante. Ci-dessous, la première page du registre du Conseil de 1745 montrant la composition du Petit Conseil et du Conseil des Deux-Cents. La plupart de ses membres sont unis par un lien de famille.

AEG, R.C. cop. 245
AEG, R.C. cop. 245

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