Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

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6. Le traité de 1584 avec Berne et Zurich

Le passage à la Réforme ne fait qu'attiser la haine que le duc de Savoie voue depuis toujours à Genève et à ses habitants: non seulement il n'a pas pu en faire sa capitale du nord des Alpes, mais la cité est devenue un repaire d'hérétiques, un abcès au coeur de ses propres États. Ce ne sont plus dès lors que guerres incessantes contre la cité protestante. Genève appelle Berne à son secours, laquelle, le 16 janvier 1536, déclare la guerre à Charles II de Savoie. Après une rapide campagne, Berne occupe le Pays de Vaud, le Pays de Gex, le Chablais et un morceau du Genevois. À son tour, la France entre en guerre et s'empare du reste de la Savoie. Le glorieux État savoyard a cessé d'exister. Il n'en reste plus qu'un lambeau dans le Piémont. Après leur victoire, les Bernois réclament la souveraineté sur Genève. Grâce à la fermeté de ses autorités, la nouvelle république échappe au sort de Lausanne et du Pays de Vaud, assujettis à la domination de Berne.

Suite aux traités de Cambrésy (1559) et de Lausanne (1564), le duc de Savoie recouvre ses anciens États occupés par la France et Berne. Les Bernois parviennent à conserver le Pays de Vaud, mais Genève est à nouveau sous la menace directe de son ennemi de toujours. Dès son avènement en 1580, le duc de Savoie, Charles-Emmanuel 1er, celui-là même qui, en 1602, tentera vainement d'envahir la cité pendant la nuit de l'«Escalade», recommence ses agressions contre Genève. Pour des questions géopolitiques, Berne et la France n'ont pas intérêt à ce que Genève tombe entre les mains de la Savoie. C'est ainsi que le 8 mai 1579, Berne, de concert avec Soleure, signe un traité perpétuel avec la France pour la protection de Genève. Le 30 août 1584, Zurich, canton protestant, conjointement à Berne, consent également à s'allier à Genève dans un pacte d'assistance.

Au lendemain de la tentative manquée de l’Escalade des 11 et 12 décembre 1602, les intentions du duc Charles-Emmanuel 1er restent incertaines; de nombreuses troupes savoyardes stationnent encore dans la région. C’est en application du traité de 1584 que Berne et Zurich envoient à Genève un contingent de 1000 hommes pour sécuriser la ville.

L'année suivante, le 11 juillet 1603, le duc de Savoie signe à contre-coeur le Traité de paix de Saint-Julien, dans lequel il reconnaît l'indépendance de Genève. Pour parvenir à cet accord difficile, le roi de France Henri IV avait auparavant imposé aux deux parties la médiation de Glaris, Bâle, Soleure, Schaffhouse et Appenzell.

AEG, Archives privées 247/1/17
Détail de la gravure par Escuyer (1823) représentant la fameuse nuit de l'Escalade de 1602 durant laquelle un « commando » de soldats savoyards, franchissant à l'aide d'échelles les murailles de Genève, tenta vainement de s'emparer de la cité (AEG, Archives privées 247/1/17)

 

Genève, Musée d'art et d'histoire
Portrait de Charles-Emmanuel 1er, duc de Savoie (1562-1630), grand ennemi de Genève et instigateur de l’Escalade (Genève, Musée d'art et d'histoire)

 


Genève, Maison Tavel, Fontaine de l'alliance de 1584. Pendant les fêtes célébrant l'alliance avec Berne et Zurich en octobre 1584, ce curieux appareil, actionné automatiquement par un système de siphons, fut placé sur la fontaine qui était située devant l'hôtel de ville. On peut encore l'admirer aujourd'hui dans l'une des salles de la Maison Tavel.

 

AEG, P.H. 2094
Traité du 30 août 1584 entre Berne, Zurich et Genève (AEG, P.H. 2094)

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