Ecusson de la République et du canton de Genève


REPUBLIQUE
ET CANTON
DE GENEVE

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10. Arrivée des Suisses au Port-Noir le 1er juin 1814

Qu'allait donc devenir Genève, cette république qui avait lutté bec et ongles pendant des siècles pour conserver son indépendance? Il était impossible de l'imaginer absorbée par un autre État, qu'il soit français ou sarde. La «solution Suisse» semblait donc aller de soi. En s'alliant au Corps helvétique, Genève cessait d'être isolée et obtenait cette fois-ci le soutien de l'ensemble des cantons, tout en conservant une large souveraineté.

Alors que les puissances alliées étaient favorables à cette alliance, plusieurs cantons suisses considéraient avec méfiance cette cité dont on avait encore en mémoire les nombreux troubles politiques du siècle précédent. L'objectif principal du Gouvernement provisoire sera donc de mettre tout en oeuvre pour faire de Genève un nouveau canton suisse. Il obtient finalement de la Diète fédérale l'envoi d'un contingent de soldats suisses pour renforcer la garnison genevoise. C'est un premier pas.

C'est ainsi que le 1er juin 1814, deux compagnies fribourgeoises et une compagnie soleuroise arrivent à Genève. Ne pouvant passer par voie de terre, Versoix étant encore territoire français, les troupes arrivent à Genève par le lac, sur l’actuelle commune de Cologny, où une foule en liesse les attend. Voici la description qu’en fait Marc-Jules Suès dans son journal:

«Mercredi 1er juin. Arrivée des Suisses. À une heure trois-quarts ils ont débarqué au bas de la côte de Cologny [Port-Noir] devant chez Chapalay. Deux arcs de triomphe en verdure; devises et rafraîchissements, préparés par les habitants des Eaux-Vives. Au Bourg-de-Four, guirlandes et devises. À leur entrée dans la ville, les fortifications étaient couvertes de peuple à tel point qu’on ne voyait pas l’herbe. Le canon tirait et les cloches de toute la ville étaient en branle.»

Bien qu'il n'ait été qu'un acte symbolique, cet événement, que l'on appellera plus tard «l'arrivée des Suisses au Port-Noir», est resté dans le coeur de bon nombre de Genevois comme la véritable date de l'entrée de Genève dans la Confédération.

Genève, Musée d'art et d'histoire
Tableau de Frédéric Dufaux (1880) montrant l’arrivée des Suisses au Port-Noir (Genève, Musée d'art et d'histoire)

 

Numéro spécial de la Tribune de Genève, 1964
Numéro spécial de la Tribune de Genève à l'occasion du 150e anniversaire de «l'arrivée des Suisses au Port-Noir», 1964

 

Monument commémoratif de Cologny
Monument commémoratif de Cologny

 

Il n’y avait pas à proprement parler de port à l’endroit où ont débarqué les contingents suisses mais un simple ponton permettant aux petits bateaux d’accoster. Ce n’est que vers 1847 que le gouvernement y fit établir un véritable port de dimension suffisante pour pouvoir recevoir des barques. Le nom de Port-Noir proviendrait de la couleur sombre des pilotis recouverts de goudron qui le composaient. En 1896, on érigea à cet emplacement un monument commémoratif qui fut déplacé en 1939, quelque deux cents mètres plus au sud, sur le territoire de la commune de Genève. L'événement déclencha une vive émotion parmi les habitants de Cologny, qui en avaient fait l’emblème de leurs armoiries communales. Un compromis tout helvétique fut néanmoins trouvé: la Ville de Genève céda gratuitement à la commune de Cologny une parcelle de son territoire formant 15 mètres carrés autour du monument. Il s'agit certainement là de la plus petite enclave de Suisse.

Armoiries de Cologny
Armoiries de la commune de Cologny

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